Jonathan Bettez est le principal suspect dans la disparition de Cédrika Provencher.

Affaire Jonathan Bettez: rien sur Cédrika Provencher

La levée de l'interdiction de non-publication sur une partie des éléments de preuve dont disposent les autorités contre Jonathan Bettez n'aura pas permis d'en apprendre plus sur l'enquête reliée à l'assassinat de Cédrika Provencher.
Par contre, même si le nom de la jeune fille disparue en 2007 n'apparaît pas dans ces documents, dont une partie vient d'être rendue public, il n'en demeure pas moins que la surveillance policière dont Bettez faisait l'objet s'est intensifiée à la suite de la découverte des ossements de la jeune fille le 11 décembre 2015.
Quelques jours plus tard, les policiers ont notamment installé une balise GPS sur son véhicule, une Infiniti G35, afin de suivre ses déplacements et ce, pendant sept mois. Entre le 20 décembre 2015 et le 22 août 2016, il a aussi fait l'objet d'une surveillance physique de façon sporadique bien que depuis juin 2015, il était déjà surveillé : les enquêteurs voulaient mettre à jour les renseignements amassés sur lui. On parle ici de son lieu de résidence, de sa voiture, de ses allée et venues chez Emballages Bettez, chez ses parents, des lieux qu'il fréquente et de ses passe-temps comme le poker.  
Rappelons que Jonathan Bettez est considéré comme le principal suspect dans cette sordide histoire mais n'a jamais fait l'objet d'une accusation. Les détails reliés à cette enquête policière demeurent toujours caviardés et ce, afin de ne pas nuire au travail des enquêteurs.
Par contre, on y apprend les grandes lignes de l'enquête ayant conduit à l'arrestation de Jonathan Bettez le 29 août pour pornographie juvénile et sur le contenu du matériel saisi par les policiers. En fait, ce sont des traces d'une centaine de fichiers de pornographie juvénile qui ont été retrouvées par les policiers dans un ordinateur portable et une clé USB. Les fichiers suspects ont en effet été effacés grâce à un logiciel d'effacement, également retrouvé par les forces de l'ordre. Ces fichiers sont présentement en cours de reconstitution par les experts de la police.
Même s'il a avoué aux policiers ne pas être un consommateur de pornographie juvénile lors de l'interrogatoire, Bettez aurait pourtant visionné et rendu accessibles quelques centaines de fichiers de pornographie juvénile entre novembre 2009 et septembre 2013 où l'on peut voir entre autres des jeunes enfants âgés entre 3 mois et 12 ans. Le plus troublant est que plusieurs de ces enfants sont victimes d'agressions sexuelles.
Toujours selon les affidavits, les enquêteurs ont aussi relevé qu'à partir d'une adresse IP, il aurait rendu disponible 580 fichiers portant la mention «Child Notable» et 771 fichiers identifiés «PTHC» pour Pre-Teen Hardcore. Aucun des fichiers ainsi téléchargés ne l'a cependant été de l'ordinateur utilisé par Jonathan Bettez. D'ailleurs, lors de la perquisition chez Emballages Bettez le 29 août, l'ordinateur dans le bureau de Jonathan Bettez était neuf et l'installation datait du mois d'avril 2016.
Par ailleurs, le suspect fréquentait, semble-t-il, des forums de discussions utilisés par les cyberpédophiles. Il invitait les gens à échanger avec lui des dossiers remplis de fichiers de pornographie juvénile. Il utilisait alors différents pseudonymes tels que Small-Tits, Lovethem, LureThem; PantyGuy, LuvDaddy; Butterfly, IWantPIX, Sexytara et TrueLove. Notons que c'est d'ailleurs à partir du 11 décembre 2015 que les policiers ont entrepris des démarches pour obtenir la liste des adresses IP et les données de son compte Facebook, créé le 13 août 2007.
Or, la SQ a utilisé bien d'autres moyens pour le coincer. Au printemps 2016, les policiers sont notamment entrés de façon clandestine au commerce Emballages Bettez, de nuit, pour y faire des copies miroir de son ordinateur. À l'été 2016, des dispositifs ont également été installés pour intercepter ses communications vidéo et audio et ce, afin de voir les activités de Jonathan Bettez dans son bureau.
En  juillet 2016, les policiers sont également entrés au domicile de Jonathan Bettez à son insu. Ils y ont trouvé des tours d'ordinateurs  mais pas de disques durs.
Rappelons en terminant que ces éléments de preuve de la Sûreté du Québec proviennent des dénonciations de policiers et de mandats  de perquisition qui ont été rendus publics vendredi après-midi à la suite d'une requête des médias. Au départ, la Couronne, représentée par Me Louis-Charles Bal et l'avocate de Jonathan Bettez, Me Magali Lepage s'opposaient à leur publication. Les documents étaient presque entièrement caviardés de leur contenu. Les audiences qui ont été tenues à huis clos devant le juge Guy Lambert auront permis d'en venir à une entente sur une version finale moins caviardée et d'en permettre la publication.