Accusé de voies de fait sur ses trois enfants

TROIS-RIVIÈRES — Un père de famille de 57 ans fait face à la justice pour des gestes de violence qui auraient été posés sur ses trois enfants entre 2003 et 2016.

Cet individu de Trois-Rivières, dont on doit taire l’identité pour protéger celle des présumées victimes, est notamment accusé de voies de fait sur sa fille et ses deux garçons. À plusieurs reprises, il leur aurait infligé des claques, des coups de poing et des coups de pied. Parmi les autres gestes qui lui sont reprochés, il aurait notamment tenté d’étrangler l’un de ses enfants et aurait essayé de faire basculer sa fille dans l’escalier en lui donnant un coup de pied dans le dos. Il est également accusé de voies de fait armées pour avoir fait éclater un silex sur la tête de sa fille. Enfin, il doit répondre à un chef de trafic de stupéfiants pour avoir consommé du cannabis avec celle-ci.

Les présumés délits auraient commencé en 2003 avec sa fille aînée et se seraient poursuivis jusqu’en 2016. Elle était alors âgée entre 3 et 15 ans. En ce qui concerne le second enfant, il aurait subi la violence de son père entre 5 et 13 ans. Quant au troisième, les gestes se seraient déroulés pendant les six premières années de sa vie. Les délits auraient été commis alors qu’ils demeuraient au Nouveau-Brusnwick, à Montréal et à Trois-Rivières. La Direction de la protection de la jeunesse a d’ailleurs dû intervenir auprès de cette famille.

Au stade de son procès mercredi matin, cet homme avait décidé enregistrer un plaidoyer de culpabilité sur tous les chefs de voies de fait portées contre lui mais à la lecture des accusations devant le tribunal et des événements qui s’y rapportent, il a soudainement changé son fusil d’épaule, et ce, en dépit d’une déclaration incriminante faite antérieurement. La procureure de la Couronne, Me Catherine Roberge, et Me Yvan Braun à la défense avaient même préparé un exposé conjoint des faits à l’intention du juge David Bouchard mais sa négation des faits a clairement modifié le programme de la journée.

Le procès a donc commencé avec la déclaration vidéo faite par l’une des présumées victimes aux policiers. Cette dernière a indiqué avoir été victime à plusieurs reprises de la violence de son père sans raison majeure. Il la frappait par exemple si elle échappait du sucre ou si elle arrivait en retard. Par contre, les deux épisodes majeurs demeurent le silex qu’elle aurait reçu sur la tête et un coup de poing au ventre que son père lui aurait asséné au point qu’elle a manqué de souffle. «Ça m’a marquée à vie», a-t-elle déclaré. Elle a ensuite témoigné par visioconférence, ce qui a permis à Me Braun de la contre-interroger longuement afin de vérifier sa crédibilité.

Dans le cadre des audiences qui vont se poursuivre jeudi et peut-être vendredi, la défense entend invoquer le droit aux corrections parentales.