Le palais de justice de Trois-Rivières.

Accusations à caractère sexuel: Ghislain Boisvert acquitté

Ghislain Boisvert est acquitté des différentes accusations à caractère sexuel auxquelles il faisait face. Et ce sont les contradictions relevées par le juge Guy Lambert dans les versions faites par la présumée victime qui ont incité le président du tribunal à livrer ce verdict jeudi matin au palais de justice de Trois-Rivières.
Boisvert, 48 ans, était accusé d'agression sexuelle, d'attouchements sexuels, d'incitation à des contacts sexuels et de relation anale. Durant le procès de ce résident de Saint-Étienne-des-Grès qui a eu lieu en décembre, on avait appris que la présumée victime affirmait avoir été agressée une vingtaine de fois entre mai 1992 et septembre 1993 à Trois-Rivières, alors qu'elle était âgée d'environ 12 ans.
Cette dernière a donné des détails concernant trois agressions présumées: une fois lors d'un fête de famille pour célébrer l'anniversaire des jumelles de Ghislain Boisvert, une deuxième au sous-sol de la résidence de l'accusé et une troisième dans son véhicule. Elle affirmait notamment que Ghislain Boisvert lui avait fait un cunnilingus, l'avait pénétrée, avait tenté de la sodomiser et l'avait forcée à lui faire une fellation.
Dans son verdict, le juge Lambert a admis qu'un témoin peut de bonne foi faire des erreurs de date, surtout quand les faits remontent à une vingtaine d'années. Sauf que la date avancée par la présumée victime pour situer l'arrivée de l'accusé dans son voisinage ne concorde pas avec les informations fournies par ce dernier.
Pour l'agression présumée au sous-sol, le témoignage de la plaignante durant l'enquête préliminaire et celui livré au procès présentent des contradictions quant à la description des lieux. Les événements présumément survenus dans le véhicule de l'accusé ont aussi été illustrés par des versions contraires et le juge Lambert en a conclu qu'il ne peut condamner Ghislain Boisvert hors de tout doute raisonnable.
Le juge a toutefois cerné certaines contradictions dans la version de l'accusé (il affirmait notamment avoir acheté des jouets pour l'anniversaire de ses enfants dans un magasin spécialisé, alors que ledit magasin a ouvert ses portes quelques mois plus tard). Le président du tribunal a néanmoins acquitté Boisvert sur tous les chefs.
Me Simon Ricard affirmait lors de sa plaidoirie que les différents témoignages de la plaignante présentaient des invraisemblances et des contradictions. Selon l'avocat de Boisvert, ces invraisemblances devaient amener le juge à prononcer un verdict de non-culpabilité envers son client. La décision est donc bien accueillie.
«Les témoignages de la plaignante dans les déclarations à la police, lors de l'enquête préliminaire et durant le procès avaient des contradictions et le juge en a relevé quelques-unes. Mon client avait toujours été catégorique en niant les faits et sa version a été acceptée par le tribunal qui la juge crédible. Il avait hâte que justice soit rendue», raconte Me Ricard.
Me Catherine Roberge, avocate de la Couronne, a préféré ne pas commenter la décision du juge Lambert.