Audrey Simard et son conjoint déplorent que les trains traversant leur secteur ne s’annoncent pas. Au lendemain du tragique décès de leur voisin, ils pointent du doigt la vitesse des trains.

Accident mortel à Larouche: le train n'aurait pas sifflé

« On s’est dit ‘regarde-le encore passer en fou’. Il n’a même pas sifflé. On a fait le saut, on n’a pas entendu que le train arrivait. On n’a jamais entendu un arrêt aussi intense du train. »

Mercredi après-midi, les voisins du Larouchois décédé tragiquement à la suite d’une collision entre le tracteur de déneigement qu’il conduisait et un train prétendaient ne pas avoir entendu le sifflet du train avant la collision.

Encore sous le choc, la voisine de la victime, Audrey Simard, se questionne. Est-ce qu’un signal sonore provenant du train aurait pu éviter le drame ? Voilà la question qui l’habite au lendemain de cette tragédie qui secoue l’ensemble de la municipalité. Selon elle, le passage des trains, dans le secteur, est accompagné d’un signal sonore « seulement une fois sur deux ».

« Nous souhaitons que les enquêteurs responsables de ce dossier nous interrogent. Nous étions à la maison et nous sommes témoins que le train, même plus loin, n’a jamais crié », exprime-t-elle.

Les deux voisins de Larouche ont effectué, presque au même moment, des manoeuvres afin de nettoyer les ourlets de neige laissés à la suite du déblaiement de la voie ferrée sur leur chemins menant à la résidence.

Le couple était à la maison, mercredi après-midi, avant que leur pire cauchemar se produise. René Guay venait tout juste d’entrer. Il avait nettoyé les ourlets de neige laissés sur le chemin menant à sa résidence à la suite du nettoyage de la voie ferrée. Quelques minutes plus tard, le drame s’est produit.

M. Guay est d’avis que, comme lui, son voisin devait probablement nettoyer les ourlets de neige causés par le déblaiement de la voie ferrée. Habitant le secteur depuis quelques années, il se doutait bien qu’un drame surviendrait un jour. « Je savais que ça allait arriver », a-t-il confié lors d’un entretien avec Le Quotidien.

Mme Simard se désole qu’une telle tragédie soit nécessaire afin que les choses bougent. « La famille de notre voisin décédé n’a pas l’énergie de faire cela. Je le fais pour eux et pour notre famille. Nous sommes peut-être seulement trois maisons dont le train traverse la route d’accès, mais c’est trois familles », explique la conjointe de René Guay.

Le couple déplore qu’une telle tragédie soit survenue alors qu’une manœuvre de signalement ne coûte rien.

Le garage de la municipalité de Larouche se retrouve devant la résidence de l’homme décédé, qui était un employé municipal. Pour ajouter au drame, certains de ses collègues ont assisté impuissants à la tragique scène.

Les trains traversent une partie de la municipalité au moins cinq fois par jour en plus des passages la nuit. Trois familles de Larouche doivent traverser le passage à niveau privé pour accéder à leur résidence. Pour pouvoir traverser le passage à niveau privé, un droit de passage annuel de 75 $ est payé au Canadien National (CN). Il n’y a pas si longtemps, Audrey Simard est restée coincée sur la voie ferrée avec son véhicule et sa fille à bord. Le couple déplore de devoir payer chaque année sans obtenir de services en retour.

Plaintes à la municipalité

Mme Simard, qui habite dans le secteur depuis trois ans, affirme être inquiète, depuis son arrivée, par la vitesse de passage des trains et l’absence de signalement. Elle pense toujours aux trois enfants de la famille qui s’amusent à l’extérieur. Ainsi, elle n’a pas hésité, par le passé, à en faire mention à la municipalité.

« Réponse difficile, le CN est une boîte énorme. La meilleure façon est de se rendre sur le site du CN. Il n’y a malheureusement pas de département pour les plaintes, mais en l’envoyant au plus grand nombre d’endroits possibles, vous réussirez probablement à vous faire diriger vers le bon département. Cependant, la municipalité a déjà essayé il y a une dizaine d’années de les faire ralentir et elle n’est arrivée à rien, le CN nous répondant qu’il respecte les normes édictées à travers le Canada », a-t-elle reçu comme réponse de la part de la direction générale de la municipalité de Larouche.

Pas de commentaires

Puisqu’une enquête est en cours, le CN ne fera pas de commentaires supplémentaires.

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UNE ENQUÊTE DE LA CNESST EST EN COURS

(Anne-Marie Gravel) - Une enquête de la CNESST est en cours afin d’établir les circonstances entourant la collision fatale entre un train et un tracteur survenue mercredi à Larouche. L’homme mort tragiquement, un employé de la municipalité, était à bord d’un tracteur appartenant aux travaux publics au moment du drame. 

« Je suis sous le choc. Ce n’est pas facile à prendre », affirme le maire de Larouche, Réjean Bédard, qui connaissait bien la victime. 

Gilles Lessard, qui était contremaître aux travaux publics de la municipalité depuis environ sept ans, était au travail au moment des événements. Il se trouvait près de sa résidence, sur un terrain privé où est installé un passage à niveau. Le tracteur de déneigement qu’il conduisait et un train du Canadien National (CN) sont entrés en collision à proximité de la rue Gauthier à 15 h 27. On ignore pour quelle raison l’homme de 58 ans était à cet endroit au moment du drame. 

« Habituellement, c’est un tracteur qu’on utilise pour déneiger les trottoirs et les stationnements de la municipalité. Est-ce qu’il était allé manger ? C’est possible. Lors d’une journée occupée comme mercredi, les heures de repas ne sont pas fixes. C’était un très bon contremaître. Il était le seul à conduire ce tracteur depuis qu’on l’a acheté il y a cinq ou six ans. L’enquête va démontrer ce qui s’est passé », explique le maire Réjean Bédard qui souligne que la municipalité compte deux passages à niveau publics et cinq passages à niveau privés, dont celui où s’est produit l’accident. 

Les policiers du Service de police de Saguenay (SPS) poursuivent leur enquête dans le dossier. Des enquêteurs de la CNESST ont aussi été dépêchés sur place. « Des inspecteurs sont sur le dossier. On est en début de processus, on collecte les informations », s’est contenté de confirmer David Blouin, porte-parole de la CNESST.