Des recherches avaient été menées pendant deux jours avant que ne soit retrouvé le corps de Richard St-Germain qui est mort dans un accident de bateau, sur la rivière Saint-François.

Accident de bateau mortel: un gilet de sauvetage aurait pu sauver Richard St-Germain

Trois-Rivières — Une manœuvre maladroite est à l’origine d’une collision entre deux bateaux qui a coûté la vie à Richard St-Germain, le 19 août 2018, sur la rivière Saint-François, à la hauteur de la marina de Saint-François-du-Lac, selon le rapport du coroner Pierre Bélisle. Toutefois, il estime que l’homme de 66 ans aurait probablement survécu s’il avait porté un gilet de sauvetage. Il s’agit d’une noyade d’origine accidentelle, conclut-il.

L’accident s’est produit vers 17 h 45 alors que l’homme d’affaires sorelois circulait à bord de son bateau à moteur de marque Baya en direction nord sur la rivière lorsqu’il a percuté l’arrière d’un bateau de marque Chaparral qui naviguait en direction inverse.

«Des témoins qui circulaient dans d’autres embarcations dans le secteur de l’accident déclarent que le Chaparral aurait entrepris brusquement une manœuvre de virage à gauche au moment où les deux embarcations étaient à proximité l’une de l’autre. M. St-Germain n’aurait pu réagir à temps pour éviter la collision. Les dommages aux deux bateaux confirment les témoignages», peut-on lire dans le rapport de Me Bélisle.

Sous la force de l’impact, M. St-Germain et deux de ses passagers ont été éjectés de l’embarcation. Les deux passagers, qui portaient un gilet de sauvetage contrairement à M. St-Germain, ont été repêchés. L’homme de 66 ans n’est pas réapparu à la surface. Son corps a été retrouvé deux jours plus tard par les plongeurs de la Sûreté du Québec, à Notre-Dame-de-Pierreville.

Il arborait des lacérations à la tête. Selon le pathologiste, les blessures observées ont pu étourdir et même faire perdre conscience à M. St-Germain. Il conclut toutefois que la cause du décès semble être la noyade.

La circulation était dense sur la rivière au moment de l’accident. M. St-Germain était un conducteur expérimenté, selon ses proches. Le conducteur du bateau Chaparral au moment de l’accident n’en était pas le propriétaire. Ce dernier lui a passé les commandes au cours de cette balade tout en continuant à le guider sur le parcours. À un certain moment, le conducteur a vu venir en ligne droite dans sa direction le bateau de M. St-Germain «à une vitesse qu’il a jugée élevée», note le rapport. Il a manœuvré vers la gauche pour l’éviter, mais le Baya a viré également dans cette direction. Le propriétaire du bateau lui aurait dit de braquer vers la gauche, ce qu’il a fait. Au même moment, l’embarcation de M. St-Germain a obliqué vers la droite et a heurté l’arrière du Chaparral.

«La collision est vraisemblablement due à une manœuvre maladroite du pilote du bateau Chaparral qui aurait dû virer plutôt vers la droite, comme M. Saint-Germain l’a fait et comme l’indiquent les règles de circulation maritime en pareilles situations», écrit le coroner. Il croit que le port du gilet de sauvetage aurait pu faire toute la différence pour M. St-Germain. «Malheureusement, il est aussi évident que si M. St-Germain avait porté sa ceinture de sauvetage, bien qu’ébranlé ou inconscient à la suite de la collision et de ses blessures à la tête, il serait demeuré à la surface de l’eau et aurait pu rapidement être sauvé, comme ce fut le cas pour les autres passagers éjectés.»