Le procès d'Yves Julien a débuté lundi. On le voit ici lors de sa comparution en 2014.

Accident d'avion au lac Geoffrion: début du procès d'Yves Julien

Le procès d'Yves Julien s'est ouvert, lundi, au palais de justice de La Tuque. L'individu de 55 ans, qui pilotait l'hydravion qui s'est écrasé au lac Geoffrion en 2011, fait face à plusieurs chefs d'accusation.
Il est accusé de négligence criminelle ayant causé la mort, de conduite dangereuse d'un aéronef ayant causé la mort et de fabrication de documents pour des événements survenus il y a plus de cinq ans.
Le drame est survenu le 16 septembre 2011 vers 19 h 45. Le passager, Claude Bélanger, 54 ans, était mort dans l'accident. L'avion de l'accusé effectuait une envolée entre l'aéroport de Saint-Hyacinthe et le lac Geoffrion en Haute-Mauricie.
Lors de la phase d'amerrissage et à sa quatrième tentative afin de se poser, l'appareil s'est écrasé dans le lac, selon les informations du dossier du Bureau de la sécurité dans les transports (BST). 
La Couronne a commencé sa preuve en faisant entendre des témoins policiers impliqués dans le dossier. Un premier policier de la Sûreté du Québec a raconté que les citoyens avaient pris en charge les deux passagers.
«On s'est dirigé vers le ponton. On a constaté la présence de M. Bélanger. [...] Il y avait du sang sur le plancher. La victime était inerte. J'ai rapidement vu une lacération importante sur la tête, assez profonde qu'on voyait le crâne. Il y avait beaucoup de sang sur le plancher», a-t-il raconté.
Il a aussi affirmé avoir discuté avec M. Julien qui fournissait, selon ses dires, des réponses claires et précises. Il a également décrit de quelle façon ils avaient surveillé la scène et la rencontre avec les témoins de l'événement.
La Couronne a ensuite appelé à la barre un autre policier de la Sûreté du Québec. Celui-ci était responsable de la patrouille nautique, il a fait un rapport pour la localisation exacte de l'appareil dans le lac avec des coordonnées GPS. C'est aussi lui qui a sorti, avec l'aide de collègues, l'hydravion de sa fâcheuse position.
Il a expliqué qu'il avait fallu aux alentours d'une heure pour sortir la carcasse du plan d'eau. En contre-interrogatoire, il a expliqué les raisons pour lesquelles l'opération a été aussi longue, il a entre autres parlé de la force du moteur de son embarcation, du poids de l'hydravion et de la résistance de l'appareil submergé.
L'avocat de l'accusé l'a également questionné à savoir si l'appareil touchait au fond de l'eau.
«Je suis incapable de le dire, ce n'est pas de l'eau claire et je ne voyais pas [...] Elle ne flottait pas, elle était prise là. Logiquement oui, elle était au fond de l'eau», a-t-il répondu.
Deux autres policiers ont été entendus avant la fin de la journée, dont l'enquêteur au dossier qui a souligné qu'il s'agissait d'une enquête de longue haleine. Il a, entre autres, révélé que ce sont des informations supplémentaires qui ont mis la puce à l'oreille aux enquêteurs concernant certains facteurs de négligence.
«Ce qu'on apprend de ces gens-là, c'est qu'il n'avait pas le droit d'avoir un passager selon la réglementation. Il ne pouvait pas non plus effectuer ce vol-là parce que c'était considéré comme un vol de nuit», a-t-il expliqué.
C'est quelques jours après l'accident, le 21 septembre, que l'avion a été saisi. L'enquêteur a également souligné que des expertises avaient été faites sur l'appareil et que des démarches avaient été faites pour récupérer les documents d'entraînement du pilote et son journal de bord. 
Les documents détrempés avaient été congelés par le BST du Canada pour les conserver.
Un voir-dire a également été ouvert sur l'admissibilité d'une déclaration écrite faite en novembre 2011 par un individu qui connaissait Yves Julien. L'homme, qui est décédé aujourd'hui, était consulté au départ comme expert. 
Les procédures judiciaires reprendront mardi.