L'accident s'est déroulé sur la route 155 à la sortie sud de la ville de La Tuque.

Accident à La Tuque: deux décès qui auraient pu être évités?

L'accident de voiture qui a coûté la vie, mercredi, à Stéphanie Deschamps, 38 ans, et à sa fille Lexann, 10 ans, sur la route 155 à La Tuque aurait pu être évité si le déneigement de la route avait été mieux effectué. C'est du moins l'avis du père de Stéphanie et grand-père de Lexann, Daniel Deschamps, qui en avait gros sur le coeur au lendemain de la tragédie.
La petite Lexann, 10 ans, a perdu la vie avec sa mère.
Stéphanie Deschamps, 38 ans, revenait d'un séjour à Lac-Bouchette pour le temps des Fêtes lorsque l'accident est survenu.
En entrevue à LCN, M. Deschamps a dit être convaincu que le déneigement est en cause dans cet accident. «Je suis déçu du ministère des Transports, de la manière qu'ils déneigent les routes. Hier (mercredi), quand je suis descendu, ce n'était pas déneigé comme une zone 1. C'est le déneigement qui a fait l'accident», a soutenu l'homme.
Stéphanie Deschamps et la petite Lexann avaient pris la route vers 10 h mercredi matin. La mère et la fille revenaient de passer la période des Fêtes dans la famille, à Lac-Bouchette, et devaient rentrer vers leur domicile de Lachine. La maman avait choisi de partir cette journée-là afin de prendre son temps sur la route, sa fille ayant un rendez-vous médical le lendemain. «Elle était habituée, elle venait à chaque année et elle a travaillé 5 ans à la Baie-James, elle était habituée à faire beaucoup de route», a indiqué M. Deschamps, convaincu que sa fille n'a pas fait preuve d'imprudence.
Or, quelques heures plus tard, c'est le gendre de M. Deschamps, qui est également pompier, qui l'a contacté pour lui demander de venir, et qui lui a appris la tragique nouvelle. Les parents de Stéphanie ont pris la route à partir de Lac-Bouchette en direction de La Tuque aussitôt. C'est à ce moment que M. Deschamps dit avoir constaté à quel point la route était mal entretenue. 
«Ça nous a pris 1 h 45 pour faire 100 km. Il n'y avait aucun camion de déneigement sur la route», a-t-il raconté à LCN.
Il faut dire que la courbe où est survenu l'accident, soit au kilomètre 107, à la sortie sud de la ville de La Tuque, a fréquemment été le théâtre de nombreux accidents. À peine 24 heures avant l'accident qui a coûté la vie à Stéphanie Deschamps et Lexann, une autre collision entre deux véhicules survenait au même endroit, avec des conséquences heureusement moins funestes. Par ailleurs, en juin 2012, un motocycliste de 54 ans avait aussi perdu la vie au même endroit lorsque sa motocyclette était entrée en collision avec une camionnette.
L'accident de mercredi est survenu sur la portion sud de la route 155, à la sortie de la ville de La Tuque. Or, la portion de route ayant récemment fait l'objet d'un débat entourant la classification de la route en lien avec le déneigement se situe du côté nord de la ville, entre La Tuque et le Lac-Saint-Jean. Toutefois, le maire de La Tuque, Normand Beaudoin, entend suivre la situation de très près en ce qui concerne cette courbe du kilomètre 107. «Il existe deux ou trois places qui sont réellement problématiques sur la 155, et cet endroit en est un. Il faut faire attention par contre, car dans ce cas-ci, les conditions météorologiques ont joué un grand rôle dans l'accident. Mais j'entend bien envoyer une lettre au ministère des Transports pour voir s'il n'y aurait pas quelque chose à faire pour cet endroit spécifiquement», mentionne le maire Beaudoin.
Ce dernier souhaite notamment faire sortir des statistiques concernant les accidents sur la route 155, de même que les circonstances entourant ces accidents. «Si on constate que des facteurs autres que les facteurs humains sont en cause, évidemment qu'on va toujours chercher à agir et à faire pression pour que les choses s'améliorent. Cet endroit-là, moi-même je le trouve particulier», commente le maire Beaudoin.
Rappelons que l'accident est survenu dans le haut d'une côte, où la pente descendante se fait en courbe. Par ailleurs, au bas de la pente se trouve un pont dont la jonction avec la chaussée crée une cassure avec la route. C'est du moins ce que constate le chef des services incendies de La Tuque, Serge Buisson, qui confirme que son service est appelé à intervenir quelques fois par année à cet endroit précis.
«La gravité des interventions n'est pas toujours la même, les pinces de désincarcération ne sont pas toujours nécessaires. Mais 
nous devons nous y rendre quelques fois par année, en effet», confirme-t-il.
Le ministère des Transports, de son côté, a dit déplorer l'accident survenu mercredi. «Tel que le prévoient les procédures, des représentants du ministère se sont rendus sur les lieux afin d'analyser si l'environnement routier a joué un rôle dans cette tragédie. Dans certains cas, ces analyses permettent au ministère d'identifier des actions à prendre pour améliorer l'environnement routier et éviter la répétition d'une telle tragédie. Le cas échéant, le ministère s'engage à agir avec diligence, dans une optique de sécurité routière», a fait savoir Jean Lamarche, porte-parole du ministère.
Toutefois, pour ne pas nuire aux enquêtes en cours, le ministère ne rendra pas publiques les conclusions de son analyse quant au rôle de l'environnement routier. «Le cas échéant, le ministère prendra connaissance des recommandations du coroner, les analysera et posera des gestes additionnels si nécessaire», ajoute Jean Lamarche.