Photo: Stéphane Lessard palais de justice de Trois-Rivière en hiver.
Photo: Stéphane Lessard palais de justice de Trois-Rivière en hiver.

Abus sexuels sur une mineure: un homme de 74 ans prend le chemin de la prison pour six mois

TROIS-RIVIÈRES — Un homme de 74 ans de Trois-Rivières, Claude Parent, devra purger six mois moins un jour de prison pour avoir abusé sexuellement d’une mineure à deux reprises entre 1996 et 2002.

Il s’agit là d’une suggestion commune de sentence des avocats qui a été entérinée par le juge Simon Ricard jeudi après-midi. Elle tient compte des quelques antécédents judiciaires de Claude Parent (qui, précisons-le, ne sont pas en semblable matière), de ses gros problèmes de santé et de son âge. Le tribunal a conclu que la sentence proposée n’était pas contraire à l’intérêt public et qu’elle était raisonnable dans les circonstances. «De toute façon, une peine plus sévère ne ramènera pas l’enfance que vous avez fait perdre à la victime mais compte tenu de votre condition physique, elle sera quand même très difficile pour vous», a précisé le juge Ricard.

Rappelons que Claude Parent a plaidé coupable à deux chefs d’incitation à des contacts sexuels. Il a profité de moments où il était seul avec la jeune fille pour lui demander de le masturber. Lors du premier événement survenu dans un bois, la victime avait 12 ans. Tel que l’a précisé la procureure de la Couronne, Me Marie-Ève Paquet, la petite s’est sentie obligée de le faire.

Le second épisode est survenu dans une résidence privée. La victime avait alors 15 ans. Encore une fois, elle s’est rendue à sa demande. Cependant, ils ont tous les deux été surpris en flagrant délit par une tierce personne, ce qui aurait ensuite mis fin aux abus de la part de Claude Parent.

Ces agressions ont visiblement traumatisé la victime. Dans le cadre des plaidoiries sur sentence, la jeune femme a été invitée à témoigner sur les conséquences. Au départ, elle a refusé, étant incapable de retenir ses larmes dans la salle d’audience pour finalement trouver le courage nécessaire. Elle a alors raconté, les sanglots dans la voix, que les abus l’avaient poussée à s’automutiler et avaient causé chez elle beaucoup d’anxiété et de méfiance envers les hommes, incluant son conjoint. Elle surprotège ses enfants tant elle a peur qu’ils puissent subir la même chose. «Je vais toujours m’en rappeler», a-t-elle conclu.

Dans cette affaire, il y a eu beaucoup de discussions entre Me Paquet et l’avocat de la défense, Me Pierre Spain pour tenter de trouver une issue satisfaisante en tenant compte de la preuve, des conséquences sur la victime mais aussi de l’état de santé et de l’âge de Claude Parent. Ce dernier souffre en effet d’une cirrhose du foie, ce qui l’oblige à recevoir des traitements à l’hôpital sur une base régulière. C’est pourquoi ils ont proposé au juge Ricard (déjà bien au fait du dossier ) l’imposition de six mois de prison moins un jour, et ce, afin de faciliter éventuellement l’accès à une libération conditionnelle. Une probation de trois ans faisait aussi partie de la suggestion.

Avant de rendre la sentence, le juge Ricard a pris soin de demander à Claude Parent s’il avait quelque chose à dire. Ce dernier a fini par déclarer: «Je regrette. Je peux pas faire plus.» Des paroles qui n’ont pas entièrement convaincu le juge. À ce sujet, il s’est dit prêt à le croire tout en rappelant qu’il pouvait être facile aussi de parler de regrets et ensuite passer à autre chose, contrairement à la victime pour qui les conséquences sont toujours présentes.

À sa sortie de prison, Claude Parent sera soumis à une probation pendant trois ans avec des interdictions, dont celles de ne pas communiquer et de se trouver en présence de la victime et de sa famille immédiate. Il lui sera aussi interdit d’avoir des armes en sa possession. Enfin, il sera inscrit au Registre des délinquants sexuels à vie.