Michel Caron, que l’on voit ici lors de son arrivée au palais de justice, a été envoyé en prison pour des abus sexuels commis sur un jeune de 13 ans en 2018. Sa sentence sera officiellement prononcée ce mardi.

Abus sexuels: Michel Caron risque une peine de prison de deux ans moins un jour

TROIS-RIVIÈRES — Un homme de 67 ans, Michel Caron, a pris le chemin de la prison, lundi après-midi, pour avoir abusé sexuellement d’un enfant de 13 ans souffrant d’une déficience intellectuelle.

Lors de son retour devant le tribunal, il a en effet plaidé coupable à des chefs d’attouchements sexuels et de pornographie juvénile. Des arrêts de procédures ont été prononcés sur les autres chefs. Entre le 7 avril 2018 et le 29 avril 2018, il a profité de la vulnérabilité de l’enfant pour se livrer à des attouchements sexuels. Comme l’a expliqué la procureure de la Couronne, Me Catherine Roberge, il lui a notamment léché les pieds, les parties intimes et les fesses. Il l’a également pris en photo alors qu’il était nu et dans des positions sexuellement explicites.

De son côté, Michel Caron, qui est défendu par Me Matthieu Poliquin, a reconnu avoir léché les pieds de l’enfant dans un but sexuel mais non de lui avoir touché ses parties génitales. Il a aussi admis avoir pris des photos de lui. Cependant, il a effacé les six clichés qu’il a fait.


« Pour moi, l’important est qu’il plaide coupable »
– La mère de la victime

Les discussions entre les avocats ont donné lieu à une suggestion commune de sentence qui a été présentée à la juge Guylaine Tremblay. Elle inclut une peine de deux ans moins un jour de prison (qui tient compte de la détention préventive de quelques jours), une probation de trois ans avec suivi pendant 18 mois, l’interdiction de communiquer avec la victime et sa famille immédiate, l’obligation de suivre une thérapie si son agent de probation le juge nécessaire, l’inscription à vie au Registre des délinquants sexuels et plusieurs ordonnances lui interdisant de se trouver en présence de jeunes de moins de 16 ans.

La juge a immédiatement ordonné l’incarcération de Michel Caron mais elle a toutefois reporté à ce mardi, 16 juillet, le prononcé de la sentence. Elle a précisé qu’elle n’avait pas l’intention de s’éloigner de la suggestion des avocats mais qu’elle voulait prendre le temps de bien rédiger sa décision.

Les parents de la victime étaient présents dans la salle d’audiences. La mère a d’ailleurs été incapable de retenir ses larmes en assistant au plaidoyer de culpabilité de Michel Caron. «La peine de prison ne sera jamais suffisante mais pour moi l’important est qu’il plaide coupable. C’est ce que je voulais. J’ai toujours dit à mon fils qu’il devait dire la vérité et aujourd’hui, il est récompensé pour ça», a-t-elle plus tard expliqué à sa sortie de la salle d’audiences. Ce plaidoyer évite en effet à la victime et sa famille tous les impacts reliés à la tenue d’un procès.

Michel Caron était un proche à l’époque des délits. Le choc a d’autant été plus brutal. La mère se rappelle avoir eu les premiers doutes lors d’un party, où l’alcool aidant, Michel Caron lui aurait fait certaines confidences. «Il s’est tiré dans le pied en quelque sorte. Il m’a dit des choses qui m’ont fait allumer et dès le lendemain, je suis allée au devant et c’est là que je suis tombée en bas de ma chaise: mon fils m’a tout avoué», a-t-elle indiqué.

Elle croit également que l’agresseur a tenu compte de sa déficience. «Il posait beaucoup de questions sur la déficience de mon fils pour savoir s’il y avait un danger. Ça vient démontrer que même si les enfants sont différents, ils sont quand même intelligents! Ils ont une force pour surmonter toutes ces choses-là, plus que moi d’ailleurs», a-t-elle ajouté.

Il n’en demeure pas moins que les abus n’ont pas été exempts de séquelles tant chez l’enfant que sa famille. Ils sont devenus très méfiants notamment.

Dans sa plaidoirie, Me Poliquin a pour sa part rappelé que Michel Caron n’avait pas d’antécédent en semblable matière, qu’il avait toujours été un actif pour la société mais qu’il avait perdu son emploi lors de la médiatisation de cette affaire. Il aurait aussi été la cible de messages haineux. Selon lui, son client éprouve des regrets sincères et souhaite même purger sa peine à l’établissement de Percé, qui se spécialise dans les problématiques sexuelles.