La Cour d’appel vient de donner raison à Marc Isabelle en l’acquittant des infractions de nature sexuelle pour lesquelles il avait été condamné.

Abus sexuels: Marc Isabelle acquitté

Trois-Rivières — La Cour d’appel vient de donner raison à Marc Isabelle en l’acquittant des infractions de nature sexuelle pour lesquelles il avait été condamné.

Après plusieurs mois de démarches auprès du plus haut tribunal de la province, la décision a été rendue par les juges, jeudi après-midi, à Québec, en présence des deux avocats de Marc Isabelle, Me Michel Lebrun et Me Janie Thibault.

Le musicien et producteur bien connu dans la région était pour sa part absent. Très émotif dans cette affaire, il a d’ailleurs refusé de commenter la nouvelle. Par le biais de ses avocats, il s’est cependant dit «grandement soulagé». Il a aussi tenu à «remercier tous les gens qui ont cru en lui».

Rappelons qu’en février 2017, Marc Isabelle avait été déclaré coupable au terme d’un long procès de s’être livré à des attouchements sexuels sur une fillette et de l’avoir incitée à avoir des contacts sexuels avec lui mais uniquement sur la période comprise entre 1990 et 1994. La victime était alors âgée entre 3 et 7 ans environ. En ce qui a trait aux allégations d’abus sexuels et de voies de fait commis sur la même victime entre 1994 et janvier 2011, le tribunal avait plutôt décidé de l’acquitter à la lumière de la preuve présentée devant lui et des témoignages entendus.

Ces délits lui avaient valu une peine de 15 mois de prison. Marc Isabelle avait alors été emprisonné pendant quelques jours mais libéré lorsque l’avis d’appel avait été déposé. Dans celui-ci, ses avocats soutenaient que le juge de première instance, David Bouchard, avait erré en droit dans son évaluation de la crédibilité des témoins versus celle de l’accusé en concluant à la culpabilité de Marc Isabelle pour la période de 1990 à 1994.

En effet, le juge n’avait pas cru les explications de Marc Isabelle en ce qui a trait aux abus sexuels commis entre 1990 et 1994 sur l’une des deux victimes. Il avait seulement retenu le témoignage de la victime.

Sur la période comprise après 1994, l’analyse de la preuve était différente puisque des témoins de la défense étaient venus corroborer les propos de Marc Isabelle et contredire les affirmations de la plaignante, ce qui avait suffi à soulever un doute raisonnable dans l’esprit du juge et donc à acquitter Marc Isabelle sur les chefs de voie de fait et d’abus sexuels commis après 1994. Il avait par contre été déclaré coupable d’un chef de menace sur celle-ci en 2011.

On se rappellera que l’une des particularités de cette affaire était le phénomène de la mémoire retrouvée. Les deux victimes prétendaient avoir oublié les abus sexuels infligés par Marc Isabelle. L’une d’elles avait finalement retrouvé la mémoire en 2011. Elle en avait ensuite parlé à l’autre jeune femme qui, peu de temps après, avait elle aussi «retrouvé» la mémoire.

La Cour d’appel a justement acquitté Marc Isabelle en tenant compte du fait que le tribunal de première instance avait en quelque sorte confiné son raisonnement sur la crédibilité de l’accusé et de la présumée victime en deux périodes distinctes dans le temps.

Lors du procès, Marc Isabelle avait déjà bénéficié d’un acquittement sur les accusations de nature sexuelle liées à une deuxième présumée victime dans cette affaire.

En d’autres mots, le musicien a été acquitté de toutes les accusations de nature sexuelle liées aux deux présumées victimes. Il a par contre été déclaré coupable de voie de fait contre l’une d’elles entre 1996 et 2011 pour un coup porté au visage avec sa main et de menace contre l’autre jeune fille. Des délits qui lui auront valu un sursis de sentence.