Abus sexuels: le beau-père nie tout

TROIS-RIVIÈRES — L’individu de 40 ans, accusé d’avoir abusé sexuellement de sa belle-fille entre 2012 et 2016 à Aston-Jonction, a nié en bloc les allégations formulées par la plaignante.

Dans le cadre de son procès au palais de justice de Trois-Rivières, il a invoqué le fait que c’était impossible, laissant plutôt sous-entendre que la victime avait inventé cette histoire parce qu’elle désirait retourner vivre chez son père, entre autres.

Cet homme, dont on doit taire l’identité pour protéger la victime, fait face à des chefs d’agression sexuelle, d’attouchements sexuels et d’incitation à des contacts sexuels. Au cours de la période visée par les accusations, la présumée victime était âgée entre 9 et 13 ans environ.

Cette dernière aurait dénoncé les agissements de son beau-père à sa mère une première fois en 2012. Elle lui aurait dit qu’il l’avait touché au vagin mais selon sa version, sa mère a confronté son beau-père lors d’un souper à la maison le soir même devant elle. Sans être certaine de se rappeler s’il a nié les faits, il aurait fini par dire qu’il ne recommencerait plus.

Or, elle prétend qu’il aurait récidivé à deux reprises les années suivantes dont une dernière fois en juin 2016 dans une tente montée près de la maison.

Entre-temps, l’adolescente, qui reproche à sa mère de ne pas l’avoir cru, a décidé de se confier sur les attouchements à une psychoéducatrice de son école, ce qui a donné lieu à un signalement à la DPJ et à une plainte à la police. Aujourd’hui, la plaignante vit dans une famille d’accueil.

Sa mère, qui est toujours en couple avec le suspect, a d’ailleurs témoigné mardi. Elle a raconté que sa relation avec sa fille était très difficile. Par contre, celle-ci avait une bonne entente à l’époque avec son conjoint et qu’elle n’hésitait pas à se coller et à s’asseoir sur ses genoux.

En 2012, elle a confirmé que sa fille lui a dit être victime d’attouchements. Sur le coup, elle a dit ne pas avoir su quoi faire. Elle en a donc discuté au souper avec sa fille et son conjoint. Selon elle, ce dernier a semblé très surpris au point que, pour reprendre son expression, les deux bras lui sont tombés. «Il avait les yeux pleins d’eau et il était même prêt à partir. Il a dit n’avoir jamais rien fait mais que si quelque chose comme ça avait pu arriver, c’était inconscient, pas voulu et qu’il s’en excusait», a-t-elle déclaré.

En fait, elle soutient n’avoir jamais remarqué un quelconque geste intentionnel ou accidentel de sa part. «Pour moi ça ne se pouvait pas», a-t-elle ajouté.

Lorsque contre-interrogée par la procureure de la Couronne, Me Catherine Roberge, sur la raison qui l’avait poussée à aborder le sujet avec son conjoint devant sa fille, elle a répondu que son objectif était de voir la réaction des deux personnes. Elle a cependant fini par admettre que cette rencontre entre les trois n’était peut-être pas adéquate aux yeux de tout le monde mais que pour elle, c’était la chose à faire.

La réaction de surprise de son conjoint lui a fait penser qu’il disait vrai parce que dans le cas contraire, il aurait dû avoir une réaction accusatrice envers sa fille. De même, lorsqu’elle a demandé plus tard à sa fille si elle avait menti, celle-ci aurait répondu par l’affirmative.

Néanmoins, elle a mis en place des mesures pour interdire à sa fille de venir dans la chambre du couple le matin et pour éviter qu’elle ne se retrouve seule avec son conjoint. L’objectif était selon elle de protéger son conjoint contre d’autres accusations. Dans les mois qui ont suivi, elle aurait aussi fait des vérifications auprès de sa fille.

Tout comme son conjoint, elle soutient que les abus présumés sont impossibles, notamment ceux survenus dans la tente car elle aurait assurément entendu quelque chose. Elle a aussi précisé qu’il s’agissait d’une période où sa fille désirait vivre avec son père mais qu’elle avait refusé. Elle a cependant reconnu que lors du dépôt de la plainte aux policiers en juin 2016 par sa fille, il avait été convenu que celle-ci allait passer l’été chez son père.

Le procès va se poursuivre cette semaine avec les plaidoiries des avocats.