Abus sexuels: Denis Cloutier veut retirer son plaidoyer de culpabilité

Trois-Rivières — Denis Cloutier, cet homme qui a reconnu avoir abusé sexuellement d’une jeune femme pendant trois ans en profitant de ses croyances ésotériques, a encore une fois changé son fusil d’épaule.

Il veut maintenant se rétracter. On se rappellera qu’il avait tout d’abord enregistré un plaidoyer de non-culpabilité sur les chefs d’agression sexuelle, d’attouchements sexuels et d’incitation à des contacts sexuels portés contre lui. Un procès avait donc commencé en mai, obligeant la victime à témoigner. Au deuxième jour du procès, après réflexion, il avait décidé de plaider coupable. Le juge Jacques Trudel avait alors pris soin de s’assurer que son plaidoyer était libre et volontaire et qu’il admettait bel et bien les faits qui lui étaient reprochés. En vue de la sentence, un rapport présentenciel et un rapport sexologique avaient ensuite été confectionnés.

Or, lors du retour de l’individu devant le tribunal jeudi au stade des plaidoiries sur sentence, il a annoncé avoir l’intention de faire une demande pour retirer son plaidoyer de culpabilité. Bien au fait de la situation, son avocat, Me Jean-François Lauzon, s’est retiré du dossier en invoquant le bris du lien de confiance. On a pu apprendre à cette occasion que Denis Cloutier avait offert au sexologue une version différente de celle tenue à l’agent de probation.

Denis Cloutier avait d’ailleurs contacté Me Pénélope Provencher pour s’enquérir des possibilités qui s’offraient à lui. Cette dernière était présente en cour, jeudi, pour l’assister mais elle a pris soin de mentionner qu’elle n’était pas en mesure de savoir si elle allait le représenter ou non. Elle doit prendre connaissance du dossier avant tout. Elle a donc demandé au juge Jacques Trudel un délai pour pouvoir prendre position sur la suite des procédures.

Le juge a accepté tout en précisant que la cause serait reportée au même stade, soit celui des plaidoiries sur sentence. Le 12 novembre, une décision devra alors être prise. En effet, si une requête de retrait de plaidoyer de culpabilité est bel et bien déposée, la procureure de la Couronne, Me Martine Tessier, entend s’y opposer vigoureusement. Ce sera au juge de trancher.

Rappelons que Denis Cloutier, un quadragénaire de Trois-Rivières, a en quelque sorte profité de la naïveté d’une jeune femme et des croyances ésotériques inculquées par sa mère pour la forcer à le masturber à plusieurs reprises entre 2010 et 2013. Selon ce que la plaignante avait raconté au procès, il avait prétendu avoir emprisonné une démone dans une dague et que pour libérer celle-ci, elle devait le masturber.

Lors du premier événement, l’adolescente avait 16 ans. Or, les abus se sont poursuivis pendant trois ans. Dès qu’il la rencontrait, il utilisait ses croyances à mauvais escient allant jusqu’à s’inventer d’autres personnages et à changer sa voix pour l’abuser. «Si je parlais, ça serait pire. La démone dans le corps de M. Cloutier disait qu’elle allait s’en prendre à ma famille», a-t-elle ajouté.

En novembre 2013, elle s’était finalement décidée à porter plainte aux policiers après avoir discuté des présumés abus avec une intervenante.