Claude Vincent a reçu sa sentence mardi au palais de justice de Shawinigan

Abus sexuels: 32 mois de prison pour Claude Vincent

SHAWINIGAN — Reconnu coupable d’abus sexuels sur deux enfants dans les années 1990 à Shawinigan, Claude Vincent écope d’une sentence d’emprisonnement de 32 mois, une décision qui satisfait une des deux victimes qui a déjà craint de «devenir comme lui».

Le tribunal a déclaré cet homme de 71 ans coupable d’avoir agressé deux enfants qu’il gardait à l’occasion. Les événements se sont passés en 1995 au logement de Vincent, secteur de Grand-Mère. Le plus jeune garçon avait sept ans au moment des faits. Comme l’a rappelé le juge Jacques Trudel lors de son verdict, mardi au palais de justice de Shawinigan, Vincent est allé rejoindre l’enfant dans la douche et a tenté de le sodomiser en le retenant contre le mur. Il lui a aussi montré comment se masturber tout en s’exécutant lui-même. Vincent a aussi appris à un garçon de neuf ans comment se masturber en lui touchant le pénis.

Une des deux victimes était au palais de justice de Shawinigan pour le prononcé de la sentence. Selon cet homme aujourd’hui dans la trentaine, la décision du juge Trudel va lui permettre de tourner la page sur cette triste histoire.

«Ça enlève un gros poids. Je vais me sentir moins inférieur dans la vie. Je me suis souvent posé des questions à savoir si j’étais une bonne personne à cause de ça. J’avais peur de devenir comme lui.»

La victime sait très bien qu’il a grandi dans un milieu familial pas très solide. Les agressions l’ont amené à se méfier des gens. Il est aujourd’hui heureux que le système de justice ait cru sa version des faits, lui qui a porté plainte en 2016 avec l’autre victime.

«Je suis estomaqué de ce que je suis devenu. J’ai un emploi stable, une conjointe, une maison. J’ai une petite vie tranquille.»

Des victimes vulnérables

Selon le juge Trudel, ces garçons étaient vulnérables.

«Votre responsabilité pénale est élevée. Les gestes posés sont sans équivoque», a mentionné le président du tribunal au criminel, non sans souligner le traumatisme causé aux victimes.

Pour déterminer la peine à imposer à Claude Vincent, le juge Trudel a aussi pris en considération le fait que l’individu a été déclaré coupable de crimes de même nature en 1996, en 2004 et en 2007. Même si dans chaque cas, Vincent a reçu une sentence suspendue et une probation, la récidive n’est pas moins importante et préoccupante.

«Ces condamnations ultérieures sont un facteur aggravant puisqu’elles constituent des récidives», a ajouté le président du tribunal.

Vincent a été rencontré par des experts. Selon l’avis d’un sexologue, le risque de récidive est élevé. Lors de ces rencontres, Vincent a fait preuve de déni et de distorsion cognitive, ce qui est attribuable au profil d’agresseur sexuel. Il a tenu des propos méprisants envers les victimes et n’a exprimé aucun regret.

En imposant une peine de 32 mois d’emprisonnement à Claude Vincent, le juge Trudel rend une décision qui se rapproche de la suggestion de la poursuite. Celle-ci variait de 36 à 40 mois. La défense plaidait en faveur d’une peine d’emprisonnement à purger dans la collectivité assortie d’un cheminement thérapeutique.

Le tribunal impose une série de conditions à Claude Vincent. Il lui est interdit de communiquer avec les victimes. À sa sortie de prison, il ne pourra être à moins de deux kilomètres de leurs lieux de résidence. Il ne pourra se trouver dans des parcs-écoles ou des garderies et ne pourra occuper un emploi ou un poste bénévole qui le placerait en autorité avec des personnes de moins de 16 ans. Il ne peut utiliser l’internet.

Claude Vincent devra fournir un échantillon d’ADN. Son nom sera inscrit à vie au registre des délinquants sexuels.