Absolution conditionnelle pour une éducatrice pour des voies de fait

TROIS-RIVIÈRES — Des voies de fait infligées à une fillette de cinq ans ont valu une absolution conditionnelle à une ancienne éducatrice du CPE Le Petit navire, Sylvie Gagnon.

Elle avait d’ailleurs admis avoir perdu patience le 12 avril 2018 dans le cadre de son travail et d’avoir serré le bras de l’enfant, lui causant deux hématomes sur le bras. Pour cette femme de 61 ans qui comptait alors plus de 35 ans d’expérience dans le domaine et qui avait un dossier sans tache, il s’agissait d’un geste isolé.

Lorsque les parents étaient allés chercher l’enfant, Mme Gagnon avait tout au plus déclaré que cela n’avait pas été facile. La petite n’avait rien dit pour sa part. Le soir venu, les parents avaient découvert avec stupéfaction les bleus sur son bras lorsqu’elle s’était dévêtue, ce qui avait donné lieu au déclenchement d’une enquête.

Comme l’a expliqué par la procureure de la Couronne, Me Catherine Roberge, le délit a cependant eu un impact énorme sur cette famille déjà échaudée par des événements semblables survenus auparavant dans un autre CPE. La petite avait en effet subi une fracture mais l’étude du dossier n’avait pas permis le dépôt d’accusations.

Dans le cadre du prononcé de la sentence jeudi, les parents ont d’ailleurs livré des témoignages très émotifs, disant à quel point ils n’avaient plus confiance en personne et que les blessures de leur enfant allaient bien au-delà de l’aspect physique.

Quant à Mme Gagnon, ce geste lui a évidemment coûté son emploi. Comme son avocate Me Pénélope Provencher l’a rappelé, elle éprouve beaucoup de remords. La judiciarisation du dossier a d’ailleurs eu l’effet dissuasif escompté, surtout qu’elle n’avait aucun antécédent judiciaire.

Le juge Jacques Lacoursière a donc entériné la suggestion commune de sentence soumise par les deux avocates. Il a aussi noté que le rapport présentenciel de Mme Gagnon, confectionné par la probation, était l’un des plus favorables qu’il avait lu.

Dans le cadre de cette absolution conditionnelle, Mme Gagnon devra payer 1000 $ aux parents en guise de dédommagement et faire un don de 1000 $ au Centre de pédiatrie sociale de Trois-Rivières. Elle sera également sous probation pendant trois ans et ne pourra plus occuper un emploi dans une garderie ou exploiter un service de garde.