Absolution conditionnelle pour un policier retraité

TROIS-RIVIÈRES — Guy Dessureault, ce policier retraité de la ville de Trois-Rivières qui avait frappé son voisin en juillet 2018, a finalement bénéficié d’une absolution conditionnelle.

Le juge David Bouchard a en effet conclu qu’un casier judiciaire aurait constitué dans son cas un préjudice démesuré, jetant une ombre sur une carrière qu’il a qualifiée d’exemplaire. En ce sens, il a rappelé que Guy Dessureault a maintenant 80 ans et qu’il est à sa retraite après avoir été un actif pendant 38 ans au sein de la police. Toujours selon le juge, les voyages représentent aujourd’hui des activités importantes, tant pour lui que pour sa conjointe.

Il croit d’ailleurs qu’une absolution risque de favoriser encore plus sa réhabilitation en diminuant l’animosité envers son ancien voisin et en rehaussant les chances de retrouver la sérénité.

Dans cette cause, la procureure de la Couronne, Me Marie-Ève Paquet, avait réclamé une sentence suspendue. D’une part, elle invoquait les conséquences subies par la victime, Claude Tremblay. Et surtout, elle affirmait qu’il n’en allait pas de l’intérêt véritable de l’accusé d’obtenir une absolution puisque ses objectifs étaient uniquement liés aux voyages d’agrément. En d’autres mots, elle estimait que l’accusé devait subir des inconvénients pour son crime, surtout que sa prise de conscience était, selon elle, déficiente en dépit de son plaidoyer de culpabilité pour des voies de fait causant des lésions.

De son côté, l’avocat de la défense, Me Michel Lebrun, avait réclamé une absolution inconditionnelle en se basant sur la carrière de son client, son âge, son statut de retraité et la vente de sa maison après les événements.

D’emblée, le juge a exclu l’absolution inconditionnelle. Pour avoir assisté aux témoignages de M. Dessureault et de la victime, il croit qu’il existe toujours entre eux une certaine animosité, d’où l’importance d’imposer des conditions pour éviter que les parties ne communiquent entre elles et pour favoriser une prise de conscience chez M. Dessureault.

C’est ainsi que Guy Dessureault devra respecter une probation de 12 mois au cours de laquelle il lui sera interdit de communiquer avec Claude Tremblay et sa conjointe, et de se rendre sur la rue où ils demeurent. S’il devait retourner à son ancienne maison, il devra le faire en compagnie d’une personne autre que sa femme. Il devra aussi verser des dons de 250$ au CAVAC et de 250$ au Centre de pédiatrie sociale de Trois-Rivières. Si toutes les conditions sont respectées au terme de la prochaine année, il n’aura aucun casier judiciaire.

Rappelons que le soir du 10 juillet 2018, Guy Dessureault avait perdu les pédales au terme d’un conflit qui s’étirait depuis une quarantaine d’années avec son voisin. Lors d’une dispute concernant l’arrosage de fleurs, le policier retraité s’était rendu dans la cour de son voisin pour lui asséner des coups de poing. Il avait alors 79 ans et son voisin, 81 ans. Le rapport médical révèle que la victime avait entre autres subi une entorse cervicale et un traumatisme crânien léger.