Alexandre Cossette a bénéficié d’une absolution conditionnelle pour s’en être pris à un automobiliste âgé de 73 ans.

Absolution conditionnelle pour rage au volant

TROIS-RIVIÈRES — Alexandre Cossette, un résident de Trois-Rivières âgé de 27 ans, a bénéficié d’une absolution conditionnelle pour s’en être pris à un automobiliste âgé de 73 ans dans un épisode de rage au volant.

Il sera donc sous probation pendant 12 mois et devra verser 500 $ à la victime et 500 $ à l’organisme CAVAC.

Dans sa décision, le juge Simon Ricard n’a pas caché qu’il s’agissait d’un cas limite d’absolution conditionnelle. En ce sens, il s’est demandé si en imposant cette sentence, il n’y avait pas un danger de banaliser les cas de rage au volant. Tous les conducteurs sont en effet susceptibles d’être confrontés à des gens qui conduisent mal et d’être choqués par leur comportement. D’un autre côté, il a précisé qu’il ne pouvait pas faire abstraction du contexte, ce qui ne justifie pas pour autant la réaction d’Alexandre Cossette. En tenant pour acquis que l’objectif de dissuasion a été atteint en raison de la judiciarisation de son geste et de la fausse couche subie par sa conjointe, il lui a donc fait bénéficier de l’absolution conditionnelle réclamée par son avocat, Me Alexandre Biron.

Le 13 mai 2018, Alexandre Cossette circulait sur le boulevard des Chenaux à Trois-Rivières. À la hauteur de l’Institut Keranna, un automobiliste a soudainement effectué une manœuvre de dépassement par la droite, empiétant alors sur l’accotement et la piste cyclable. Au passage, il lui a même fait un doigt d’honneur. Cette manœuvre a mis en colère Alexandre Cossette, d’autant plus qu’il a eu peur pour sa conjointe qui était enceinte et assise du côté passager.

Une fois immobilisé au feu de circulation à l’angle du boulevard des Forges, il est débarqué de sa voiture avec l’intention d’aller informer l’autre conducteur qu’il avait commis une manœuvre dangereuse et qu’il aurait pu heurter quelqu’un.

Cependant, le septuagénaire au volant n’a pas apprécié de se faire apostropher de la sorte et lui a répliqué sur un ton arrogant. Ce faisant, Alexandre Cossette a asséné un coup dans la vitre côté conducteur qui a éclaté en mille morceaux. Il est ensuite retourné à sa voiture. Mécontent, le plaignant est débarqué de son véhicule pour aller s’en prendre au conducteur d’une autre voiture immobilisée tout juste derrière lui, allant même jusqu’à ouvrir sa portière, pour finalement réaliser qu’il avait affaire à la mauvaise personne. Alexandre Cossette en a profité pour quitter immédiatement les lieux.

Or, les policiers se trouvaient derrière lui. Ils l’ont donc suivi et l’ont intercepté un peu plus loin pour le méfait. Il a plus tard plaidé coupable à cette accusation portée par voie sommaire.

Les conséquences de cet épisode de rage au volant ont été importantes, d’un côté comme de l’autre. La victime a entre autres subi des blessures aux yeux et aux oreilles à cause des particules de verre. Au niveau psychologique, l’homme a souffert d’anxiété, de fatigue, d’insomnie et de confusion. Il vit dans la crainte que d’autres personnes s’en prennent à lui au volant. Dans sa déclaration de victime, il a dit avoir l’impression d’être maintenant devenu une personne âgée et vulnérable.

La conjointe d’Alexandre Cossette a pour sa part fait une fausse couche à la suite de cet événement. Dans le cadre des plaidoiries sur sentence, il a dit regretter son excès de colère. Il a avoué au juge ne pas avoir réfléchi sur le moment à la portée de son geste, même si sa conjointe l’enjoignait de ne pas débarquer du véhicule.

Me Biron a ensuite rappelé que son client n’avait aucun antécédent judiciaire, qu’il était un actif pour la société, qu’il avait des projets de carrière et que le rapport présentenciel était très favorable.

La procureure de la Couronne, Me Catherine Lemay était d’un autre avis. Si, au départ, elle a admis avoir pu suggérer une absolution, elle s’est posé des questions sur la sincérité de ses regrets après l’avoir entendu témoigner. Selon elle, il avait davantage tendance à se victimiser et démontrait peu d’empathie envers la victime. Elle a donc suggéré une sentence suspendue et 1000 $ d’indemnisations à verser à la victime.