60 jours de prison pour avoir filmé à son insu une patiente lors d’une séance de massothérapie 

Trois-Rivières — Camille Comtois a été condamné à 60 jours de prison ferme et à une probation de 18 mois pour s’être livré à des gestes de voyeurisme en filmant à son insu une patiente lors d’une séance de massothérapie.

Cet homme de 51 ans, qui est technicien en informatique dans une commission scolaire depuis 15 ans, pratique aussi à l’occasion la massothérapie. C’est sa conjointe qui lui a référé la plaignante pour des douleurs à la hanche.

Le 1er novembre 2016, lors d’une deuxième séance à domicile, il l’amène dans une pièce de son sous-sol et lui demande de ne garder sur elle que sa petite culotte. Il lui remet une serviette pour se couvrir et quitte la pièce. Lorsqu’il revient, il la fait changer de position de telle sorte que ses pieds se retrouvent en direction d’une commode placée le long d’un mur en face d’elle. L’accusé procède ensuite à un massage et baisse sa petite culotte. Il la fait retourner sur le dos, la masse au niveau de l’aine tout en glissant sa main en partie sous sa petite culotte.

Une fois la séance terminée, alors que la victime dont les culottes sont baissées à mi-fesses et qui n’a pas de soutien-gorge se rhabille, elle aperçoit un téléphone cellulaire appuyé contre un trophée. C’est un témoin lumineux scintillant sur l’appareil qui attire son attention. En prenant le téléphone dans ses mains, elle voit une minuterie en fonction sur l’écran. Dès lors, elle tombe en état de panique. Lorsque l’accusé revient dans la pièce, elle le confronte mais il nie l’avoir filmée.

Au procès, il finira par admettre qu’il a filmé la victime mais à la suite d’une «manipulation accidentelle» de son cellulaire. Notons que l’appareil sera saisi et que les policiers seront en mesure de constater que des images de nudité ont bel et bien été captées.

Au terme d’un procès, l’accusé a été déclaré coupable de voyeurisme. Dans le cadre des plaidoiries sur sentence, la procureure de la Couronne, Me Pascale Tremblay, avait réclamé une peine de trois à six mois de prison ferme alors que l’avocat de la défense, Me David Grégoire, avait prôné l’absolution conditionnelle assortie d’un don de 500 $.

Pour rendre la sentence, le juge Jacques Lacoursière a tenu compte de certains facteurs aggravants notamment le fait qu’il a abusé de la confiance de la victime et porté atteinte à sa dignité. Elle a souffert de beaucoup d’inquiétude sur ce qui arriverait avec les images captées à son insu et elle a dû témoigner à deux reprises.

À titre de facteurs atténuants, Camille Comtois a toujours été un actif pour la société, il n’a pas partagé les images et il a une relation affective stable. Sa conjointe n’a jamais été témoin de comportements déplacés de sa part et croit que cet incident résulte d’une manipulation accidentelle. Il éprouve des problèmes de santé et il s’est dit désolé de cet événement regrettable.

Le juge n’a pas retenu la suggestion de l’absolution qui, selon lui, aurait eu pour conséquence de banaliser ce genre de geste et de lancer le message que filmer une patiente sans son consentement n’est pas si grave.

Il a insisté sur le fait que dans cette affaire, l’accusé a commis un geste planifié et prémédité et qu’en outre, il s’est posé en victime de ses propres agissements et s’est davantage préoccupé des conséquences sur sa vie. C’est pourquoi il croit que la peine doit impérativement susciter chez lui la conscience de ses responsabilités et la reconnaissance du tort causé à la victime.

Enfin, il a rappelé que la personne qui reçoit un traitement est dans un état de vulnérabilité. Elle est en droit d’exiger le respect de son intimité et de sa vie privée. Le lien de confiance entre un professionnel de la santé et un patient est très élevé. «Il faut par conséquent lancer le message que ce genre de comportement ne peut être toléré», a-t-il précisé.

Camille Comtois a donc pris le chemin de la prison ce jeudi pour y purger une peine ferme de 60 jours.