Réal Rousseau a été condamné à quatre ans et demi de prison pour avoir abusé de quatre enfants. On le voit ici lors de sa comparution en 2016.

54 mois de prison pour Réal Rousseau

TROIS-RIVIÈRES — Alors que son procès devait s’amorcer lundi au palais de justice de Trois-Rivières, Réal Rousseau a finalement décidé de régler ses dossiers en lien avec des abus sexuels commis sur quatre mineures dans les années 70 et 80.

Et cette fois-ci, il n’a pas changé d’idée comme cela avait été le cas en juin dernier. L’homme de 78 ans a bel et bien plaidé coupable à cinq des huit accusations portées contre lui, ce qui lui a valu de prendre le chemin du pénitencier pour les 54 prochains mois.

À leur sortie de la salle d’audience, les victimes se sont dites satisfaites que cette affaire soit enfin réglée et qu’elles puissent tourner la page. «Pour moi, la durée de la sentence était peu importante mais j’aurais aimé qu’il s’excuse. Il n’a exprimé aucun regret, ni remord même si l’occasion lui a été offerte», a mentionné l’une d’elles.

Plus tôt, elle s’était adressée directement à son agresseur devant le tribunal pour lui dire à quel point elle était fâchée qu’il ne manifeste aucun regret pour les gestes qu’il avait posés à son endroit. «Pour toi, c’est du passé mais pour moi, je vis encore des flash-backs des agressions», avait-elle déclaré.

Pour une autre victime, l’important est également de savoir qu’il ne risque plus de s’en prendre à d’autres personnes. «Je ne voulais surtout pas qu’il tisse des liens de confiance avec des enfants. Mon silence aurait été trop lourd à supporter. C’est pourquoi je m’étais décidée à porter plainte contre lui en 2014», a-t-elle raconté.

En fait, les délits sexuels pour lesquels il a plaidé coupable ont été commis entre 1974 et 1981. L’une des victimes avait 8-9 ans au début. Il a fait des gestes de va-et-vient avec son pénis entre ses jambes jusqu’à éjaculation. Il lui a aussi demandé de le masturber. La fréquence de ces gestes pouvait être de deux à trois fois par semaine de 1974 à 1979.

À quelques reprises également, il a commis des gestes de même nature sur une seconde victime âgée pour sa part de 7-8 ans entre 1976 et 1981.

On lui attribue aussi un épisode d’abus sexuel sur une fillette de cinq ans entre 1978 et 1979. Il a assis l’enfant sur lui et s’est masturbé entre ses jambes.

Finalement, il s’est livré à des attouchements sur une jeune fille de 7-8 ans à une seule occasion dans la période comprise entre 1975 et 1977.

Tous ces événements ont été mis à jour à la suite de la plainte portée par la première victime en 2014. Une enquête a donné lieu à l’arrestation de Réal Rousseau en 2016 pour des crimes de nature sexuelle commis sur les quatre enfants.

Il avait plaidé coupable en janvier 2017 pour finalement faire volte-face au moment même où il devait recevoir sa sentence en juin 2017. Il avait nié soudainement avoir eu une relation sexuelle complète avec l’une d’elles. Il y avait donc eu un retrait du plaidoyer. Une enquête préliminaire avait suivi et il avait été cité à subir son procès sur huit chefs d’accusations.

Son procès devait commencer lundi et durer cinq jours mais les discussions entre son nouvel avocat, Me David Guévin, de l’aide juridique et la procureure de la Couronne, Me Catherine Roberge, ont finalement porté fruit. Rousseau a plaidé coupable à quatre chefs d’attentat à la pudeur et un autre pour grossière indécence. Il y a par ailleurs eu un arrêt des procédures sur trois autres chefs notamment sur le chef portant sur la relation sexuelle complète.

Les parties ont suggéré l’imposition d’une peine de quatre ans et demi de prison, ce qui a été entérinée par le juge Jacques Lacoursière.

Ce dernier a tenu compte de l’absence d’antécédent judiciaire du septuagénaire et de son plaidoyer de culpabilité. À titre de facteurs aggravants, il a par contre retenu l’abus de confiance et d’autorité et les mauvais traitements infligés à des enfants, ce qui a milité pour une peine dissuasive et dénonciatrice. «Vous leur avez fait subir un véritable cauchemar qu’elles vivent encore», a indiqué le juge Lacoursière.

Les conséquences de ces abus sont notamment la honte, la culpabilité, le dégoût, l’anxiété, des problèmes physiques et psychologiques, la méfiance, la perte de confiance, etc.

Outre la sentence de quatre ans et demi de prison, Réal Rousseau sera inscrit au Registre des délinquants sexuels à vie.