Sébastien Gosselin Pronovost a agressé sexuellement à deux reprises une jeune fille de 12 ans.

42 mois de prison pour Sébastien Gosselin Pronovost

TROIS-RIVIÈRES — Sébastien Gosselin Pronovost a été condamné à purger trois ans et demi de prison pour des leurres informatiques et des agressions sexuelles. L’une de ses victimes avait 12 ans.

Le juge Bruno Langelier a ainsi entériné, vendredi, la suggestion commune de sentence présentée par les parties, soit Me Catherine Roberge à la Couronne et Me Louis R. Lupien à la défense. Celle-ci tient compte de son plaidoyer de culpabilité rapide et de son absence d’antécédents judiciaires mais aussi des nombreux facteurs aggravants dont la gravité des gestes, un risque de récidive toujours élevé et les conséquences majeures subies par la plus jeune victime.

Sébastien Gosselin Pronovost

Rappelons que l’individu, qui était alors âgé de 27 ans, a rencontré celle-ci sur les réseaux sociaux à l’été 2017, via son compte Facebook «CBass Bolts». Il a tout d’abord eu des conversations avec elle dont l’envoi d’un message à teneur érotique visant à l’attirer dans ses filets. Comme l’a expliqué Me Roberge, il savait très bien que la jeune fille n’avait que 12 ans et qu’il pouvait être arrêté pour ce qu’il faisait.

Il lui a fixé un premier rendez-vous le 30 juin. C’est au cours de cette première rencontre qu’il l’a agressée sexuellement. Il a eu une relation complète avec elle sans mettre de préservatif. La victime est retournée chez elle, complètement bouleversée. Il s’agissait non seulement d’une première relation pour elle mais en plus, elle craignait d’être enceinte ou d’avoir une MTS.

Incapable d’en parler à ses parents, elle a de nouveau contacté Sébastien Gosselin Pronovost. Afin d’éviter qu’elle ne succombe à la tentation d’en parler à ses parents, il lui a fixé un second rendez-vous pour soi-disant lui fournir un test de grossesse. Or, il a aussi apporté une couverture et une peluche. Il en a donc profité pour l’agresser une seconde fois mais cette fois-ci en utilisant un préservatif. Dès lors, elle a mis fin à tout contact avec lui et l’a bloqué sur les réseaux sociaux.

Ce n’est qu’en novembre suivant que le contact a été rétabli entre eux. Il lui a alors dit qu’il était conscient qu’elle aurait pu porter plainte contre lui. Effectivement, la petite n’a jamais osé le dénoncer. Il a fallu un signalement fait à la police par une personne dans l’entourage de Gosselin Pronovost pour que la police rencontre la jeune fille et qu’elle finisse par tout avouer.

Or, les conséquences des agressions ont été désastreuses. Elle est notamment devenue plus agressive, anxieuse et méfiante à l’extrême. Elle s’est rasée les cheveux et s’est posée de sérieuses questions sur son orientation sexuelle. Elle souffre également d’insomnie, s’isole, s’auto-mutile et se prive de nourriture.

Dans une lettre que la jeune fille a écrite mais qui a été lue à la cour par Me Roberge, elle y précise qu’elle avait un problème d’estime de soi à cette époque. C’est ce qui explique qu’elle a accepté de se confier à cet inconnu, ce qui a été, selon elle, sa pire erreur. Elle dira non seulement qu’elle se sent désormais perdue mais qu’elle n’aime plus la vie. Elle a aussi peur que pareille agression se reproduise tant avec un inconnu qu’avec des proches. «Je suis fâchée, triste et honteuse. J’aimerais tellement que tout revienne à la normale», a-t-elle écrit.

Sa mère a pour sa part indiqué que les symptômes avaient empiré depuis la dénonciation au point qu’elle a des crises de panique et souffre d’agoraphobie. Elle angoisse à chaque fois qu’elle croise un homme sur la rue. Elle a même été retirée de son milieu scolaire. Elle doit d’ailleurs consulter un psychologue. «On dirait qu’une partie d’elle s’est éteinte. Elle n’a même plus le goût d’être heureuse», a-t-elle déploré. Les parents gardent malgré tout espoir qu’avec beaucoup d’amour, leur fille finira par renaître.

Dans cette affaire, Sébastien Gosselin Pronovost a plaidé coupable aux chefs de leurre et d’attouchements sexuels. Il a aussi reconnu sa culpabilité à d’autres accusations de leurres informatiques envers deux autres mineures, âgées celles-ci de 14 ans. En septembre 2017, il avait en effet communiqué via les réseaux sociaux avec les adolescentes toujours dans l’optique d’avoir des relations sexuelles. Il leur avait envoyé des messages érotiques et même une photo de son pénis en érection. Par contre, il n’y avait pas eu de rencontres avec elles.

En plus de la peine de 42 mois de pénitencier, Gosselin Pronovost sera inscrit au Registre des délinquants sexuels à vie. Et pendant dix ans, il sera soumis à plusieurs interdictions visant les jeunes de moins de 16 ans, les victimes et Internet.•