Richard St-Pierre a pris le chemin du pénitencier pour des gestes à caractère sexuel sur sa fille.

32 mois pour agression sexuelle sur sa fille

La Tuque — Richard St-Pierre a pris le chemin du pénitencier, mardi, pour des infractions de nature sexuelle sur sa propre fille. Le juge Jacques Trudel a condamné celui «qui voulait montrer à sa fille comment faire» à 32 mois d’emprisonnement au palais de justice de La Tuque.

«Il n’y a pas de sentence qui pourrait véritablement réparer le tort causé […] Une enfance a été bouleversée et une bonne partie de sa vie, selon la preuve, en raison de votre comportement», a lancé le juge.

Rappelons que l’homme de 71 ans a été reconnu coupable d’agression sexuelle, d’atteintes à la pudeur et d’avoir, à des fins sexuelles, touché une partie du corps de sa victime, sa propre fille. Les événements sont survenus entre 1980 et 1989. Le premier événement se serait produit alors la victime avait environ 4 ans.

Pour expliquer sa décision, le juge a notamment insisté sur le langage primaire teinté de justification et de victimisation de l’accusé, l’absence de remords et de regrets, mais également sur l’absence de facteurs atténuants.

«Le seul facteur atténuant qui m’est venu à l’esprit, c’est la méconnaissance évidente de notion de sexualité, je dirais même en matière de relation interpersonnelle. Il n’y a rien qui permet de diminuer votre responsabilité non plus [...] Vous avez un manque d’empathie envers la victime et même un manque de respect à l’endroit de celle-ci. Vous avez également une absence de conscience du tort causé», a noté le juge Trudel.

Ce dernier a par ailleurs fait ressortir plusieurs autres facteurs aggravants, entre autres, l’abus d’autorité, l’abus de confiance, la manipulation, la tentative d’étouffer le dévoilement, le déni manifesté par l’accusé…

Le juge a également fait remarquer que M. St-Pierre n’avait fait aucune tentative réelle de comprendre ce qui s’était passé et «encore moins des tentatives d’introspection».

Il a relevé de la hargne et de l’impatience vis-à-vis la victime dans le témoignage de l’accusé. Le juge Trudel a également noté le comportement répréhensif de l’accusé après les infractions reprochées dans le dossier, dont du harcèlement, des menaces, de la manipulation pour faire taire la victime... «Vous vous êtes retrouvés à quelques reprises devant les tribunaux aussi», a mentionné le juge.

Ce dernier a aussi insisté sur les objectifs de dénonciation et de dissuasion qui doivent être remplis dans la peine.

La victime, âgée aujourd’hui d’une quarantaine d’années, avait fait le récit de plusieurs événements à caractère sexuel, mais également des épisodes de violence et de harcèlement durant le procès. Elle avait, entre autres, raconté de nombreux épisodes où elle se faisait réveiller par Richard St-Pierre alors qu’il la masturbait. «Une bonne quinzaine de fois», avait-elle affirmé.

Richard St-Pierre, pour sa part, avait prétendu pour sa défense qu’il montrait à sa fille à se masturber pour calmer son énergie sexuelle. «J’ai pris sa main et je lui ai montré où mettre son doigt. La seule chose que j’ai à me reprocher c’est d’y avoir montré comment faire [...] Tous les gestes que j’ai faits, c’était pour elle, pas pour moi», avait-il lancé.

Une thèse que le juge n’avait pas retenue. Il s’était d’ailleurs longuement attardé à la version des faits de l’accusé lorsqu’il avait rendu son jugement. Le juge Trudel avait noté, notamment, que l’accusé avait admis une partie des gestes reprochés en les justifiant. «Par votre version, vous cherchez bien maladroitement, mais intentionnellement à nier l’ensemble des faits reprochés. [...] Votre version révèle que vous cherchez délibérément à nier votre responsabilité et même à cacher la vérité», avait lancé le juge en direction de l’accusé.

Richard St-Pierre devra également fournir un échantillon d’ADN aux autorités policières et s’inscrire au Registre des délinquants sexuels à perpétuité.

Aux termes de l’audience, le procureur de la couronne s’est dit satisfait de la peine rendue et soulagé au nom de la plaignante que le processus judiciaire, et le stress y étant associé, soient terminés.