30 mois de prison pour Mélanie Gougeon

Une peine de pénitencier de 30 mois a été imposée à Mélanie Gougeon, cette femme de 35 ans qui avait enlevé son enfant à Shawinigan avec l’aide d’un complice le 19 mai 2017.
Mélanie Gougeon

Lors de son retour devant le tribunal, elle a en effet enregistré des plaidoyers de culpabilité sur la plupart des chefs d’accusations portés contre elle en lien avec cet enlèvement. Elle a en effet admis s’être introduite par effraction au beau milieu de la nuit dans le logement de son ex-conjoint à Shawinigan et d’y avoir commis des méfaits en brisant la porte. Elle a aussi plaidé coupable à l’accusation d’avoir eu un couteau en sa possession dans un dessein dangereux et enfin, d’avoir enlevé la fillette de sept ans. 

Rappelons que son ex-conjoint a la garde exclusive de son enfant. Sous prétexte que sa petite l’avait appelée en pleurant, Mélanie Gougeon s’était présentée chez ce dernier sans préavis vers 4 h du matin. Ce dernier avait refusé qu’elle entre, lui demandant plutôt de revenir à une heure raisonnable. 

Or, Mélanie Gougeon était revenue quelques minutes plus tard avec un ami, Yohan Thibault-Crichlow afin de s’introduire de force dans le logement. Thibault-Crichlow s’était ensuite placé devant la porte de sa chambre pour menacer le père avec un couteau pendant qu’elle en avait profité pour enlever la fillette qui se débattait. Ils avaient ensuite pris la fuite en voiture. Heureusement, ils avaient été rapidement retracés et arrêtés par les policiers de la Sûreté du Québec. La fillette avait donc été retournée chez son père. 

La suspecte avait alors comparu au palais de justice mais remise en liberté avec des conditions, dont celles d’entreprendre et de compléter une thérapie à la maison Carignan et de ne pas approcher de moins de 100 mètres son ex-conjoint et sa petite fille.

Par contre, elle avait été incapable de les respecter. D’une part, elle avait quitté la maison Carignan sans compléter sa thérapie. Celle-ci avait finalement été terminée dans un autre centre. Elle s’était aussi rendue chez les voisins de son ex-conjoint, qui demeurent au-dessus de lui en mars dernier, ce qui avait eu pour effet de la ramener en prison. 

Le père de l’enfant a d’ailleurs été invité à témoigner, mardi, sur les conséquences de cet enlèvement et de la visite de Mélanie Gougeon chez ses voisins. Il a notamment déploré le fait qu’il ne dormait plus paisiblement depuis cette invasion de domicile. «Je dois maintenant verrouiller mes portes et j’ai demandé à CAVAC la possibilité de me faire installer un système d’alarme», a-t-il raconté. 

 Sa petite fille a pour sa part vécu un choc post-traumatique selon lui, surtout depuis qu’elle a revu sa mère chez les voisins. Elle a eu peur que sa mère revienne de nouveau la chercher. Elle a d’ailleurs de la difficulté à dormir et devra recevoir de l’aide psychologique. 

La sentence qui a été imposée par la juge Guylaine Tremblay est issue d’une suggestion commune des avocats, soit Me Audrey-Anne Boily à la Couronne et Me Alain Blanchard à la défense. Ce dernier a rappelé que sa cliente consommait beaucoup de stupéfiants à cette époque et qu’elle avait réagi impulsivement à l’appel de sa fille .

À ce sujet, la juge Tremblay a elle aussi indiqué  qu’elle pouvait comprendre sa situation de détresse personnelle causée par sa toxicomanie mais que ses gestes avaient causé un traumatisme chez son enfant.  Dans le box des accusés, Mélanie Gougeon a d’ailleurs éclaté en sanglots en mentionnant qu’elle n’avait jamais voulu faire de mal à sa fille. 

Elle a donc été condamnée à 30 mois de prison, ce qui tient compte des 74 jours de temps préventif qu’elle a passé derrière les barreaux. Elle devra aussi purger une peine concurrente pour les bris d’engagements, sans compter une probation de deux ans. Au cours de cette période, il lui sera interdit de communiquer avec sa fille, le père de celle-ci et sa conjointe et de les approcher dans un rayon de 100 mètres sauf dans le cadre d’un jugement portant sur la garde de l’enfant. Elle ne pourra pas non plus avoir des armes pendant dix ans.

Quant à Yohan Thibault-Crichlow, son complice dans cette affaire, il avait lui aussi écopé d’une peine de 30 mois de prison en juillet dernier.