30 mois de prison pour avoir agressé un compatriote Guatemaltèque avec un couteau

Trois-Rivières — Un Guatemaltèque de 22 ans vient d’être condamné à 30 mois de prison pour avoir poignardé un compatriote avec qui il travaillait sur une ferme à Champlain.

Les événements sont survenus le 3 octobre 2019. Melvin-Waldemar Gallardo-Ramos faisait partie d’une équipe de travailleurs étrangers temporaires. Ils oeuvraient tous ensemble sur une ferme et, le soir venu, résidaient dans un appartement fourni par le propriétaire. Or, le travailleur entretenait un conflit personnel avec un autre Guatemaltèque. Sur l’heure du midi, il aurait donc décidé de régler ses comptes pendant que son collègue était attablé devant un repas. Il a surgi dans son dos pour le piquer dans la nuque avec un couteau sans toutefois le blesser. La victime s’est alors empressée de quitter les lieux.

Le soir venu, toujours pendant que ce même Guatemaltèque était attablé devant son repas, Melvin-Waldemar Gallardo-Ramos est revenu à la charge. Il l’a poignardé dans le haut du dos, lui infligeant du même coup une coupure. Et quand la victime s’est retournée vers lui, il lui a donné un second coup de couteau, dans l’oeil cette fois-ci, lui causant des lacérations suffisamment importantes pour entraîner une perte de vision.

Le suspect a été arrêté et emprisonné. Au terme d’un procès qui a duré 12 jours, il a été reconnu coupable de voies de fait graves et agression armée. Quant à la victime, âgée de 21 ans, elle est retournée dans son pays où elle a dû subir des interventions chirurgicales.

Dans le cadre du procès de Gallardo-Ramos, cet homme n’était pas revenu au pays pour témoigner. La procureure de la Couronne, Me Catherine Lemay, avait plutôt obtenu du tribunal que son témoignage effectué à l’enquête préliminaire soit déposé en preuve.

Selon des informations que Me Lemay avait également obtenues, la victime craint non seulement l’accusé (même si ce dernier est en prison au Québec) mais aussi les représailles de la famille de celui-ci au Guatemala.

Dans le cadre des plaidoiries sur sentence, qui ont eu lieu mercredi au palais de justice et qui ont nécessité la présence d’une interprète français-espagnol, Me Lemay a demandé l’imposition d’une peine de trois ans de prison. L’avocate de la défense, Me Corinne Tremblay, a plutôt suggéré 12 mois de prison.

En prononçant la sentence, le juge Jacques Lacoursière a pour sa part indiqué que les facteurs de dénonciation et dissuasion devaient primer dans cette affaire. Il a certes tenu compte de la gravité du crime qu’il a qualifié «d’attaque sournoise», de la préméditation et de la vulnérabilité de la victime qui a été attaquée dans le dos. Il a aussi rappelé à l’accusé tout le tort qu’il a causé à la réputation de tous ses compatriotes qui viennent travailler au Québec.

Selon la jurisprudence, les peines pour des crimes de cette nature varient entre trois et cinq ans mais, en tenant compte des facteurs atténuants, le juge lui a imposé 24 mois pour les voies de fait grave et six mois consécutifs pour l’agression armée. De ces 30 mois, il lui reste cependant 18 mois à purger compte tenu de sa détention préventive.

Évidemment, tout semble indiquer qu’il sera déporté au Guatemala une fois sa peine terminée, d’autant plus qu’il savait que toute incartade lui coûterait son emploi et son statut de travailleur temporaire. Une probation de deux ans lui a quand même été imposée à sa sortie de prison. Parmi les conditions qui lui sont imposées, il lui est interdit de communiquer et d’approcher la victime et sa famille et d’avoir des armes en sa possession.