24 mois de pénitencier pour Éric Lafontaine

La Tuque — Éric Lafontaine, qui a été reconnu coupable de contacts sexuels sur une enfant de 11 ans, a pris le chemin du pénitencier pour les 24 prochains mois. Il devra également se soumettre à une probation de trois ans, dont un an avec suivi. Le juge Jacques Trudel a rendu sa décision vendredi.

Ce dernier a justifié sa décision, entre autres, par les facteurs aggravants dans le dossier. Il a souligné notamment le nombre de gestes et le fait qu’il ne s’agissait pas de gestes isolés, ainsi que l’âge et la vulnérabilité de la plaignante. Il a aussi fait état de la perception déviante de l’accusé vis-à-vis la relation entre enfants et adultes puis de l’absence de remords et de regrets. Le juge Trudel a également tenu compte des conséquences sur la victime.

Le juge a imposé 22 mois pour le chef d’accusation de contacts sexuels.

Quant aux autres chefs, le juge a condamné l’individu à 2 mois d’emprisonnement pour des voies de fait, 2 mois pour prise de véhicule sans consentement et deux mois pour le vol de cellulaire. Ces peines sont concurrentes entre elles et s’ajoutent aux 22 mois pour un total de 24 mois d’emprisonnement. La décision satisfait le procureur de la Couronne.

Rappelons que l’avocat de l’accusé avait, à la dernière audience, demandé entre 3 et 12 mois de prison tandis que le procureur de la Couronne demande une peine de pénitencier de 36 mois.

«On a plaidé trois ans parce qu’on pensait que ça méritait trois ans. Par contre, une peine de deux ans assortie d’une probation de trois ans nous satisfait entièrement. C’est une peine considérable et il va y avoir un suivi en plus des trois ans de probation», a affirmé Me Éric Thériault.

Éric Lafontaine devra fournir un échantillon d’ADN et il sera inscrit au registre des délinquants sexuels pendant 20 ans. Pendant une période de quatre ans, il lui sera interdit de se trouver dans un parc ou une zone publique où l’on peut se baigner s’il y a des personnes âgées de moins de 14 ans ou s’il est raisonnable de s’attendre à ce qu’il y en ait, une garderie, un terrain d’école, un terrain de jeu ou un centre communautaire…

Il ne pourra pas non plus chercher, accepter ou garder un emploi ou un travail bénévole qui le placerait en relation de confiance ou d’autorité vis-à-vis de personnes âgées de moins de 14 ans.


« On a plaidé trois ans parce qu’on pensait que ça méritait trois ans. Par contre, une peine de deux ans assortie d’une probation de trois ans nous satisfait entièrement. C’est une peine considérable.  »
Me Éric Thériault

Rappelons qu’Éric Lafontaine a été déclaré coupable récemment. Le juge n’avait pas cru la version de l’accusé qui avait tout nié en bloc lors de son témoignage, même sa version incriminante donnée aux policiers.

Le juge avait qualifié la version de l’accusé, surtout concernant les faits en litige, d’éclatée, éparpillée parfois déconcertante, incohérente, invraisemblable, étonnante, loufoque, «voire même incriminante, sur certains aspects».

Rappelons que l’accusé avait, dans son témoignage, mentionné qu’il avait un amour pour «sa personne» en parlant de la victime et qu’il voulait la protéger de sa mère.

Il avait assuré que sa victime était «plus mature que certaines personnes en général». Éric Lafontaine avait également mentionné qu’il était possible d’aimer quelqu’un «pas dans un but sexuel nécessairement».

«Ce qu’il déclare, ce n’est pas une simple relation amicale, c’est clairement des sentiments d’un homme envers une femme», a souligné le juge Trudel.

Le juge avait également fait remarquer qu’à plusieurs reprises, l’accusé avait confirmé la version de la victime sur tout sauf les contacts sexuels.

«Les contradictions, les invraisemblances, les inconsistances... rendent non crédible sa négation des contacts sexuels [...] Plusieurs affirmations révèlent même la survenance de ceux-ci et confirment la victime», avait noté le juge.

Le juge Trudel s’en était plutôt remis à la version de la jeune victime et de la mère de la victime. Il a indiqué que la version de la victime est précise et comporte des précisions telles qu’elle «ne peut pas être inventée ni suggérée par d’autres personnes».