21 mois de prison pour avoir infligé une solide raclée à une ex-conjointe

TROIS-RIVIÈRES — Mike Héroux, 39 ans, vient d’être condamné à une peine de 21 mois de prison au palais de justice de Trois-Rivières pour avoir infligé une solide raclée à une ex-conjointe, pour entrave à la justice et pour bris de conditions.

En tenant compte de sa détention préventive, il devra purger 12 mois. Il sera ensuite soumis à une probation de trois ans dans laquelle il lui sera interdit de communiquer et d’approcher la victime et ses enfants. Et pendant un an, il sera sous suivi probatoire avec l’obligation de respecter toute recommandation en lien avec ses problèmes de toxicomanie et de violence.

Au cours d’une soirée bien arrosée de juillet 2019, Mike Héroux et sa conjointe de l’époque ont eu des relations sexuelles consensuelles dans un bain. Pendant leurs ébats, il aurait utilisé un cellulaire pour prendre une photo de sa partenaire, ce qui a alors déclenché une violente dispute à ce sujet parce qu’elle ne voulait pas. Selon la version de la plaignante, elle a tenté de supprimer la soi-disant photo. C’est alors qu’elle a été frappée et battue par son conjoint pendant plusieurs minutes avec les mains, les poings et les pieds.

Dans le cadre de son procès, Mike Héroux avait avoué au départ l’avoir uniquement tirée par les cheveux. Selon lui, ses blessures résultaient plutôt d’une chute dans le bain parce qu’elle était en état d’ébriété.

Lors du contre-interrogatoire de la procureure de la Couronne, Me Émilie Goulet, il avait cependant admis avoir frappé la dame mais uniquement avec des jouets sexuels tels qu’un vibrateur, un dildo et un fouet, et ce, dans le contexte d’une relation de type sadomasochiste. Il avait indiqué qu’«elle avait l’air magané mais qu’elle était consentante.» Il avait aussi déclaré: «Je vois qu’elle n’aimait pas trop ça mais elle ne le disait pas.» Quant aux nombreuses marques sur le corps et le visage, il avait répliqué: «On n’arrête pas de vivre pour ça.»

Le juge Jacques Trudel a pour sa part conclu dans son jugement qu’une victime ne peut pas consentir à se faire battre et infliger des blessures de la sorte. Même s’il a relevé certaines contradictions, ou du moins, questionnements dans le témoignage de la plaignante, et qu’il s’est étonné du fait que les enfants n’aient rien entendu à l’étage de la maison, il a par contre noté que le prévenu avait confirmé plusieurs éléments du témoignage de la femme. Mike Héroux a entre autres admis sa jalousie et même donné des exemples de celle-ci.

D’ailleurs, son arrogance et son agressivité, sans compter le mépris et le dénigrement dont il a fait preuve envers la plaignante lors du procès, ne l’ont pas aidé. Toujours aux dires du juge, il s’est même victimisé, ce qui a grandement entaché sa crédibilité.

À cela, il faut ajouter le lourd passé judiciaire de Mike Héroux. Bien que la plupart de ses antécédents soient des crimes contre la propriété, il compte aussi dans sa feuille de route des voies de fait contre une autre ex-conjointe et du harcèlement.

Pour toutes ces raisons, le juge ne l’a pas cru sur le «supposé» consentement de la plaignante. Il l’a donc déclaré coupable de voies de fait causant des lésions corporelles, de menaces, d’entrave à la justice et de bris de conditions. Mike Héroux a en effet appelé à plusieurs reprises la victime de la prison pour lui demander de retirer sa plainte, et ce, malgré la condition lui interdisant de communiquer avec elle. Le prévenu a cependant été acquitté des chefs de communications harcelantes et extorsion.

Au stade de la peine, son avocat, Me Yvan Braun, a suggéré une peine de 15 mois. Me Goulet a plutôt réclamé deux ans de prison avec une probation de trois ans de façon à protéger la victime le plus longtemps possible.

Dans la sentence, le juge n’a pas écarté la possibilité que la dame ait pu tomber dans le bain. Cependant, il est clair dans son esprit qu’elle a bel et bien été frappée par Mike Héroux, que ce soit avec des objets sexuels, avec ses mains, ses poings ou ses pieds comme le prouvent des photos prises après les événements sur lesquelles on voit de multiples ecchymoses et bleus sur les jambes, hanches et le visage de la victime, notamment un œil au beurre noir.

En tenant compte de l’absence d’empathie de Mike Héroux, de son risque de récidive et de ses antécédents judiciaires, le tribunal lui a donc imposé 21 mois de prison.