Selon le juge Simon Ricard, Richard Guay a profité de la vulnérabilité de deux frères âgés de cinq et sept ans.

20 mois de prison pour des abus sexuels commis sur deux garçons, dont un atteint du trouble du spectre de l’autisme

TROIS-RIVIÈRES — Richard Guay, un homme de 42 ans de la Mauricie, a pris le chemin de la prison pour les 20 prochains mois en lien avec des abus sexuels commis sur deux garçons, dont un atteint du trouble du spectre de l’autisme.

Même s’il a clamé haut et fort devant le juge Simon Ricard qu’il n’était pas un pédophile, Richard Guay a néanmoins profité de la vulnérabilité de deux frères âgés de cinq et sept ans pour se livrer à des délits sexuels sur eux.

Les événements sont survenus au début de l’année 2018 dans la MRC de Maskinongé. Guay était un ami de la mère des enfants. Il a développé un lien plus serré avec le garçon de sept ans, souffrant d’autisme. À quelques reprises sur une période de trois mois, il s’est livré à des attouchements sexuels sur lui, plus précisément des masturbations. Il y a eu également un épisode où il a mis le pénis de l’enfant dans sa bouche.

En ce qui concerne le petit garçon de cinq ans, un seul événement est survenu alors qu’il était témoin de délits sexuels dont était victime son grand frère. Richard Guay lui a demandé de toucher à son pénis, ce qu’il aurait refusé.

Une plainte a été portée aux policiers lorsque la mère a constaté des comportements inhabituels et des verbalisations de nature sexuelle chez ses enfants. Lorsqu’elle les a interrogés à ce sujet, ils ont répondu qu’ils «jouaient comme avec Richard». La mère a immédiatement confronté l’accusé lors d’une conversation téléphonique qu’elle a pris soin d’enregistrer et celui-ci a fait certains aveux.

Lorsqu’il a été arrêté, il a d’ailleurs fait une déclaration incriminante, tout en précisant que c’est l’enfant qui venait vers lui. Il a ensuite plaidé coupable à des accusations de contacts sexuels et d’incitation à des contacts sexuels.

Dans le cadre de la confection de rapports sexologique et présentenciel en vue de la sentence, Richard Guay a admis s’être servi de l’amour du petit garçon de sept ans pour satisfaire ses besoins. Il a dit que c’était facile, qu’il n’avait pas eu besoin de forcer l’enfant, que ce dernier l’aimait et lui donnait de l’attention et surtout qu’il se foutait de son âge. Il a toutefois reconnu que ce n’était pas correct et il a manifesté des remords.

La procureure de la Couronne, Me Catherine Lacoursière, a demandé au juge l’imposition d’une peine de deux ans moins un jour en insistant sur l’importance des critères de dénonciation et de dissuasion. Elle a rappelé que le risque de récidive était présent et même que le pronostic de réhabilitation était sombre s’il ne complétait aucune thérapie.

L’avocate de la défense, Me Mélanie Bédard, a plutôt suggéré 12 à 15 mois d’emprisonnement. Elle a pour sa part prôné l’importance d’individualiser la peine en tenant compte du profil personnel de son client et de plusieurs facteurs atténuants.

En optant pour une peine de 20 mois, le juge Ricard a certes tenu compte des facteurs atténuants, tels son plaidoyer de culpabilité, son enfance difficile, ses remords et son ouverture à suivre une thérapie. À la lumière du rapport sexologique, il a mentionné que l’individu n’était pas considéré comme un pédophile; les abus avaient plutôt été commis dans le cadre d’une relation affective avec la victime. Il a aussi fait mention de son niveau de conscientisation et d’une thérapie lui ayant au moins permis de réduire sa consommation d’alcool et de drogue.

D’un autre coté, le nombre de victimes, leur vulnérabilité, la nature des gestes, l’abus de confiance et le fait qu’il n’a pas amorcé une réhabilitation convaincante à ce jour constituent des facteurs aggravants.

Le juge s’est d’ailleurs dit inquiet des propos tenus par Richard Guay avant le prononcé de la sentence. Celui-ci a certes reconnu ses torts et parlé des démarches qu’il avait pour obtenir de l’aide mais il a aussi tenté de minimiser les abus sexuels en parlant de la complicité entre lui et l’enfant. Il s’est également victimisé à quelques reprises. À ce sujet, le juge lui a cependant rappelé qu’il n’était pas la victime mais plutôt celui qui avait fait deux victimes.

Une fois sa peine de prison terminée, Richard Guay sera soumis à une probation pendant trois ans avec un suivi de deux ans. Pendant dix ans, il devra également respecter une série d’ordonnances lui interdisant de se trouver en présence de mineurs. Il sera inscrit au Registre des délinquants sexuels à vie. Enfin, le juge a émis une recommandation afin qu’il puisse bénéficier du programme thérapeutique offert au Centre de détention de Percé.