Francis Sauvageau

19 mois de prison... mais déjà libre

TROIS-RIVIÈRES — Condamné à 19 mois et 15 jours de prison pour avoir poignardé son père, Francis Sauvageau a pu reprendre sa liberté immédiatement, jeudi après-midi, mais avec une série de conditions dans le cadre d’une probation de trois ans.

C’est que l’individu de 26 ans a déjà purgé sa peine puisqu’il est détenu depuis son arrestation le 21 février 2017. La détention préventive étant calculée à temps et demi dans cette affaire, Sauvageau a donc pu quitter la prison peu de temps après que la sentence eut été prononcée. 

Compte tenu de ses problématiques de santé mentale, plusieurs mesures ont toutefois été mises de l’avant pour l’encadrer. Lorsqu’il avait plaidé coupable, la procureure de la Couronne, Me Pascale Tremblay, avait d’ailleurs insisté sur l’importance de lui trouver un lieu d’hébergement approprié en prévision d’une libération à venir. 

Des démarches ont donc été faites conjointement avec l’avocat de la défense Me Pierre Spain pour s’assurer également qu’il puisse faire sa demande d’aide sociale à partir de la prison et qu’il ait un endroit transitoire pour demeurer advenant une libération immédiate.

Rappelons que les événements étaient survenus le 21 février à la résidence familiale. Selon ce qu’avait raconté le père lors d’une enquête préliminaire, Francis Sauvageau s’était mis en colère contre lui parce qu’il avait refusé d’aller lui acheter du fromage en grains à l’épicerie vers 22 h 30. Il avait d’ailleurs avoué que leurs relations étaient très tendues. Il voulait aider son fils mais son comportement agressif l’inquiétait de plus en plus, au point de le forcer à verrouiller la porte de sa chambre la nuit après qu’il eut tenté de l’agresser pendant son sommeil.

Ce refus d’acheter du fromage avait déclenché chez Francis Sauvageau une vive réaction. Il avait commencé à piquer son père à la tête avec un petit couteau. D’autres coups avaient été assénés au cou, au thorax, au dos, à la cuisse gauche, à une jambe et aux mains. La victime, âgée de 60 ans, avait trouvé refuge dans sa chambre pour y appeler les secours. Son fils avait été arrêté sur place. 

Il avait été accusé de tentative de meurtre, de voies de fait armées et de voies de fait causant des lésions corporelles. Sauvageau avait finalement accepté de plaider coupable au chef de voie de fait causant des lésions corporelles. Il y avait eu un arrêt conditionnel des procédures sur les autres chefs mais un procès était évité. 

Lors du retour de cette affaire à l’étape de la sentence jeudi, le juge Bruno Langelier a finalement décidé de lui imposer la peine déjà purgée comme le demandait la défense, bien que la Couronne souhaitait un à deux mois de plus. Il a mentionné que le crime était grave mais qu’«il fallait prendre une décision». Il a tenu compte de l’importance de protéger l’entourage du jeune homme mais également de son rapport présentenciel et de la «cohérence» de ses propos lorsqu’il l’a interrogé sur ses intentions. 

Afin, selon lui, de faciliter sa prise en charge, il l’a donc libéré et envoyé au Centre le Havre où il devra demeurer pour les prochains jours. Il devra ensuite habiter dans un appartement supervisé du Réseau d’habitations communautaires de la Mauricie à partir du 3 avril. Il devra aussi respecter un couvre-feu pour les deux prochains mois.  

De même, au cours des trois prochaines années, il sera sous probation avec suivi. Il devra collaborer avec les responsables du Réseau d’habitations communautaires de la Mauricie et les intervenants du CIUSSS. Il lui sera par ailleurs interdit de communiquer avec ses parents et sa sœur et de se rendre à leur résidence et lieu de travail. Évidemment, il ne pourra pas posséder d’armes.