Au stade de son procès, Denis Zewski a finalement décidé de disposer de ses dossiers en plaidant coupable à des chefs de menaces et harcèlement.

15 mois de prison pour Denis Zewski

TROIS-RIVIÈRES — Denis Zewski devra purger une peine de 15 mois de prison pour avoir menacé et harcelé son neveu, le boxeur Mikaël Zewski.

Il devra ensuite se soumettre à une probation de trois ans assortie de plusieurs interdictions.

Au stade du procès, les discussions entre la procureure de la Couronne. Me Martine Tessier, et l’avocat de Zewski, Me Jean-Sébastien Gladu, ont en effet donné lieu à un plaidoyer de culpabilité et une suggestion commune de sentence. Zewski, 49 ans, a donc reconnu avoir proféré des menaces de mort et avoir harcelé son neveu.

Rappelons d’emblée que les délits étaient survenus au cours de l’année 2015. Selon ce qu’avait raconté à la cour Mikaël Zewski, son oncle l’avait aidé grandement dans la construction de sa maison mais la situation avait dégénéré à la fin des travaux en raison de sa consommation de drogue. C’est alors que Denis Zewski l’avait appelé pour lui dire que «ça prendrait trois quarts de livre de pression pour qu’il rende son dernier souffle» en faisant référence au geste d’appuyer sur la détente d’une arme à feu. Le boxeur avait avoué que ces propos l’avaient inquiété d’autant plus que sa femme était alors enceinte. Il déplorait aussi que son oncle lui ait envoyé plusieurs messages textes dont le contenu était agressif et menaçant.

Même dans le cadre de son incarcération pour une affaire de violence conjugale, Denis Zewski avait continué à le harceler. En décembre 2015, il l’avait en effet appelé de la prison pour lui dire : « Salut mon p’tit criss de trou de cul. J’en ai la moitié de faite.»

Le boxeur Mikael Zewski s’est fait très discret lors de son passage au palais de justice de Trois-Rivières mardi. Il était surtout content que cette histoire soit terminée afin de pouvoir se concentrer sur sa carrière.

Lorsque son procès avait commencé en octobre 2017, les propos de Denis Zewski devant le tribunal avaient d’ailleurs été à ce point discordants que la juge Guylaine Tremblay avait été obligée de suspendre les procédures pour l’envoyer subir une évaluation psychiatrique. Le prévenu avait finalement été jugé apte à subir un procès.

À la reprise des audiences mardi, Denis Zewski a donc disposé de ses dossiers tout en fournissant de longues explications. Il a en effet raconté une partie de sa vie en insistant sur ses problèmes personnels et familiaux afin de justifier ses délits. On sait qu’il compte plusieurs antécédents judiciaires. Il a notamment déjà écopé dans le passé d’une peine de 33 mois de prison pour des menaces et de la violence conjugale. Actuellement, il purge une peine de 12 mois de prison pour avoir refusé un engagement l’obligeant à ne pas troubler l’ordre public.

Toutefois, Denis Zewski a avoué avoir travaillé sur lui-même en prison, plus précisément sur la gestion de sa colère. La juge lui a d’ailleurs fait remarquer qu’il semblait moins intransigeant et tranchant que lors de son dernier passage devant elle. Du même coup, elle a accepté les excuses qu’il lui a faites. Elle a aussi noté qu’il était de toute évidence capable d’être un actif pour la société compte tenu de ses cartes de compétence en construction.

Elle a donc entériné la suggestion commune de sentence de 15 mois de prison. Ainsi, en tenant compte des deux mois de détention préventive, il lui restera 13 mois à faire. Cette peine sera cependant consécutive à celle de 12 mois qu’il purge déjà et qui pourrait prendre fin en août 2018 s’il est éligible à une libération conditionnelle.

Zewski devra ensuite se soumettre à une probation pendant trois ans dont deux ans avec suivi. La Couronne a d’ailleurs insisté grandement sur l’importance de cet encadrement compte tenu de son profil de violence. D’ici à la fin de sa probation et même en prison, il ne pourra en aucune façon communiquer avec Mikaël Zewski, sa conjointe et les membres de leur famille immédiate. Il lui sera également interdit de se rendre à leur résidence et lieu de travail. Il ne pourra pas non plus avoir des armes en sa possession. Enfin, il devra suivre les recommandations de son agent de probation quant à toute thérapie jugée nécessaire.

À sa sortie du palais de justice, Mikaël Zewski s’est dit satisfait de la peine prononcée contre son oncle. Visiblement mal à l’aise d’être interrogé par Le Nouvelliste dans un contexte pareil, il était surtout content que cette histoire soit terminée afin de pouvoir passer à autre chose.