15 mois de prison pour avoir leurré sa belle-fille sur les réseaux sociaux

TROIS-RIVIÈRES — Un homme de 60 ans a été condamné à 15 mois de prison pour avoir incité sa belle-fille âgée de 14 ans à lui fournir une photo de ses seins en utilisant une fausse identité sur les réseaux sociaux.

Cet individu de Notre-Dame-du-Mont-Carmel (dont on doit taire l’identité pour protéger celle de la victime ) s’est en effet fait passer pour un jeune de 17 ans, Cédric, afin d’entrer en contact avec l’adolescente. Il a ensuite eu avec elle des conversations très explicites sexuellement. Tel que cela a été relaté devant le tribunal, il l’a manipulée et l’a complimentée à tel point que la jeune fille est même tombée en amour avec le faux Cédric. Il a surtout insisté fortement pour obtenir des photographies de ses seins même si elle ne voulait pas au départ jusqu’au moment où elle a fini par céder en lui envoyant la photo demandée.

Elle a par la suite appris que c’était son beau-père qui se cachait derrière le profil de Cédric et a donc immédiatement porté une plainte contre lui.

Le prévenu a certes plaidé coupable à des accusations de leurre informatique et d’avoir accédé à de la pornographie juvénile mais non sans tenter de se justifier. Selon sa version des faits, il a créé ce faux profil sur les réseaux sociaux avec l’accord de sa conjointe et mère de l’adolescente afin de démontrer les dangers reliés à un comportement jugé trop provocateur. Toujours selon lui, l’adolescente consultait beaucoup de matériel pornographique et parlait beaucoup de sexualité. «Nous lui disions à quel point Internet est dangereux. Elle était prête à aller rejoindre un gars à Montréal. J’ai eu peur qu’elle se fasse tuer. J’ai donc voulu prouver à sa mère comment elle était rendue grave», a-t-il mentionné. Il a cependant fini par admettre qu’il s’y était mal pris et a dit regretter avoir agi de la sorte.

Dans le cadre de leurs discussions, la procureure de la Couronne, Me Catherine Lacoursière, et l’avocate de la défense, Me Valérie Thiffeault-Duchemin, en sont venues à une proposition conjointe de sentence qui a été soumise à la juge Dominique Slater, soit les 15 mois de prison. Cette suggestion tient compte entre autres du plaidoyer de culpabilité à des accusations portées par voie de procédure sommaire et à son absence d’antécédents judiciaires en semblable matière.

Au niveau de la probation par contre, Me Lacoursière a réclamé une période de trois ans assortie d’une évaluation sur une possible problématique sexuelle alors que Me Thiffeault-Duchemin a plutôt suggéré deux ans.

D’entrée de jeu, la juge a rappelé au sexagénaire qu’il n’avait pas à agir de la sorte et à abuser de la confiance de l’adolescente. Celle-ci doit maintenant vivre avec un sentiment de trahison. Elle a conclu cependant que la suggestion était raisonnable dans les circonstances et l’a entérinée. Elle lui a ensuite imposé une probation de trois ans avec un suivi d’une année. L’homme devra suivre les recommandations de son agent en lien avec toute évaluation de nature sexuelle. Il lui sera par ailleurs interdit de communiquer et d’approcher la victime. Il ne pourra pas non plus communiquer avec des mineurs sur les réseaux sociaux et il sera inscrit au Registre des délinquants sexuels à perpétuité.

Depuis cet événement, l’adolescente a été placée dans une famille d’accueil. Tel que l’a précisé Me Lacoursière devant le tribunal, sa mère aurait reconnu être allée trop loin dans cette affaire mais aurait aussi focusé sur certains propos tenus contre elle par sa fille. Elle est d’ailleurs toujours en couple avec l’accusé.