Mathieu Vallée-Baillargeon

14 mois de prison pour Mathieu Vallée-Baillargeon

Trois-Rivières — Mathieu Vallée-Baillargeon a été condamné à une peine de 14 mois de prison pour des fraudes commises contre le magazine Mag 2000 et ses employés.

Au terme d’une conférence de facilitation, cet ex-représentant publicitaire du magazine a en effet accepté de plaider coupable, jeudi après-midi, à la majorité des accusations portées contre lui. Il a admis avoir floué son ex-employeur pour une somme estimée à 15 000 $, de lui avoir volé un ordinateur et un téléphone cellulaire et d’en avoir fait le trafic. Il a aussi reconnu avoir fraudé deux employés pour un total de 1800 $.

Les délits sont survenus entre octobre et décembre 2017. Comme l’a expliqué la procureure de la Couronne, Me Julie Forget, Mathieu Vallée-Baillargeon a été engagé comme vendeur publicitaire pour le magazine en septembre 2017. Dès le départ, il a cependant omis de dire la vérité aux propriétaires de Mag 2000 puisque son curriculum vitae était truffé de faussetés. Il prétendait avoir des diplômes de haut niveau, dont un en marketing, alors que dans les faits, il n’a qu’un secondaire IV.

Il a ensuite conclu des ententes avec des clients qui n’ont pas été respectées. Il a notamment promis des gratuités sans avoir l’autorisation du magazine. Il n’a pas respecté non plus des ententes de mise en page. Il lui est même arrivé d’utiliser des photos qui n’étaient pas représentatives des produits vendus par le commerce comme dans le cas du restaurant Le Cuisto. Son objectif était toujours de faire le plus de ventes possible pour avoir une commission plus élevée. Il s’est même permis de tirer des bénéfices personnels de ses ventes publicitaires en recevant par exemple des massages ou des soins du visage gratuitement.

Toujours au cours de cette même période, il a aussi commencé à coucher dans les locaux du magazine, sous prétexte d’une séparation conjugale. Il a également emprunté de l’argent à deux collègues de travail pour un total de 1800 $ sans jamais les rembourser: ils ont eu droit à des chèques sans provision. Enfin, il a volé un cellulaire et un ordinateur portable appartenant au magazine afin de les revendre chez un prêteur sur gages.

Au bout de quelques semaines, les appels de clients mécontents ont commencé à entrer au Mag 2000. Sentant la soupe chaude, Mathieu Vallée-Baillargeon a quitté son emploi sans préavis en décembre. Une plainte a ensuite été portée contre lui par les responsables du magazine.

La preuve a révélé qu’il a manipulé une quinzaine de clients en plus de son employeur sous prétexte qu’il était dépendant à la cocaïne. Les pertes ont été considérables pour le magazine. Les responsables ont non seulement perdu de l’argent, plusieurs clients et une réputation. Le lien de confiance a été brisé. «Cette histoire a affecté notre compagnie et sa crédibilité. Et surtout la confiance que nous avions. Nous sommes une petite équipe et cet homme a fait preuve de manipulation. Cela n’arrivera plus», ont promis les propriétaires Alexandra Abran et Christian Laflamme, de même qu’Audrey Toupin, directrice générale, et Claudie Perreault, directrice des ventes.

Ces derniers avaient pris soin de se rendre au palais de justice pour assister au plaidoyer de culpabilité de Mathieu Vallée-Baillargeon. Certes, ils sont contents de pouvoir clore le dossier sans devoir témoigner dans le cadre d’un procès mais ils sont néanmoins blessés. Des recours civils sont envisagés. Ils ne croient pas non plus aux excuses formulées par Mathieu Vallée-Baillargeon.

Ce dernier a en effet déclaré dans le box des accusés et par le biais d’une lettre lue par son avocate Me Mélanie Bédard, que son passage en prison lui avait permis de réfléchir. «J’ai abusé de votre confiance et de votre amitié et je m’en excuse sincèrement», a-t-il mentionné.

La sentence de 14 mois de prison qui a été imposée par le juge Jacques Trudel est issue d’une suggestion commune de Me Forget et Me Bédard. Elle tient compte de la gravité de l’infraction et de ses antécédents judiciaires. En effet, il n’en est pas à ses premières fraudes. Et lorsqu’il a floué Mag 2000, il avait même des causes pendantes en semblable matière qui lui ont valu une peine de six mois de prison. D’un autre côté, son plaidoyer de culpabilité, ses problèmes de consommation de stupéfiants et son cheminement en prison ont aussi été pris en considération.

Puisqu’il est détenu de façon préventive depuis l’équivalent de huit mois et demi, il lui reste donc cinq mois et demi à faire derrière les barreaux. Il sera ensuite soumis à une probation de deux ans avec un suivi pendant 10 mois.