On voit ici Jonathan Chaussé lors de l’un de ses passages au palais de justice de Trois-Rivières.

12 mois de prison pour Jonathan Chaussé

TROIS-RIVIÈRES — Jonathan Chaussé a décidé de régler ses comptes avec la justice, mercredi, en plaidant coupable à plusieurs infractions dont les menaces qui avaient mené au confinement d’une école secondaire en mars 2017, des attouchements sexuels sur une mineure et l’usage négligent d’une arme à feu.

Au terme d’une conférence de facilitation tenue devant la juge Guylaine Tremblay qui avait présidé son enquête préliminaire, le jeune homme de 18 ans a en effet disposé de ses dossiers, ce qui lui a valu une peine de prison de 12 mois. En tenant compte de la détention préventive, il lui reste cependant 138 jours et demi à purger.

Dans le cadre des discussions ayant mené à la suggestion commune de sentence, les avocats Me Yvan Braun à la défense et Me Julie Forget à la Couronne ont cependant insisté auprès du tribunal sur la réhabilitation et l’importance de l’encadrer compte tenu de sa problématique de toxicomanie, de son manque de maturité, de son déficit d’attention, de son impulsivité et de son trouble de confrontation.

En ce sens, l’individu sera soumis à une probation pendant trois ans dont 18 mois avec suivi. Il aura aussi plusieurs conditions à respecter à sa sortie de prison dont celles de ne pas s’approcher des écoles et de tout autre endroit fréquenté en majorité par des jeunes de 16 ans et moins. Il ne pourra pas non plus communiquer avec des jeunes de 16 ans et moins sauf s’il est accompagné d’un adulte. Il devra se soumettre à toutes les démarches thérapeutiques, suivis médicaux et plans de traitements qui lui seront soumis. Il devra évidemment prendre la médication et ne pas consommer de drogue. On veillera même à encadrer son lieu d’hébergement puisque celui-ci devra être choisi de concert avec son agent de probation.

Et pendant dix ans, il sera inscrit au Registre des délinquants sexuels et ne pourra pas avoir d’armes en sa possession.

Les événements qui lui sont reprochés remontent à décembre 2016. Lors d’une soirée, il avait montré son pistolet à plombs à deux jeunes filles de 14 ans et avait même tiré dans les murs à plusieurs reprises. La procureure de la Couronne a précisé qu’il ne les avait pas visées directement mais que celles-ci avaient trouvé son comportement très bizarre.

En mars 2017, Chaussé a ensuite voulu rencontrer une autre jeune fille sur les réseaux sociaux mais cette dernière a refusé de le faire en suivant les conseils d’une amie qui était justement présente à cette soirée de décembre et qui dénonçait son comportement. Choqué, Jonathan Chaussé avait alors proféré le 2 mars des menaces contre celle-ci en affirmant qu’il allait briser les fenêtres de sa maison et se rendre à son école le lendemain pour régler ça. Comme tout laissait présumer qu’il avait un pistolet, aucune chance n’a été prise. Le 3 mars, les élèves ont été confinés dans l’école et les policiers ont procédé à l’arrestation du suspect. Finalement, la preuve a révélé qu’il s’était débarrassé de son pistolet et qu’il n’avait pas eu l’intention véritable de se rendre à l’école.

La médiatisation de cette affaire a néanmoins entraîné une nouvelle dénonciation concernant des attouchements sexuels commis sur une jeune fille de 13 ans en février 2017. Dans le cadre d’une relation «amoureuse» avec elle, il lui a touché les fesses à quelques reprises.

Or, ses déboires avec la justice se sont poursuivis après son arrestation puisqu’il a commis plusieurs bris de conditions. Il a omis par exemple d’avoir une bonne conduite et de respecter un couvre-feu. Il a été retrouvé avec de la drogue en sa possession, il n’a pas complété sa thérapie à la Maison Carignan et il a importuné sa mère.

Lors de son retour devant le tribunal, il a donc plaidé coupable à des accusations d’usage négligent d’une arme à feu (un chef amendé), de menaces de mort et menaces d’endommages des biens, de contacts sexuels, de possession de cannabis, d’entrave au travail des policiers lors d’une poursuite à pied et, enfin, de neuf bris de conditions. Quant aux autres chefs, il a bénéficié d’un acquittement.

La sentence qui a été entérinée par le tribunal tient compte des facteurs aggravants mais également des éléments positifs comme son âge, son plaidoyer de culpabilité, l’absence d’antécédents judiciaires, le soutien familial dont il bénéficie et son profil particulier.