Éric Hinse
Éric Hinse

12 ans d’attente pour les héritiers légitimes du sympathisant des Hells Éric Hinse

Trois-Rivières — Les héritiers légitimes d’Éric Hinse, ce sympathisant des Hells Angels décédé dans un accident de la route en 2008 à Yamachiche, ont dû patienter plus de 12 ans avant de se voir remettre les 7000 $ qui avaient été saisis dans le véhicule conduit par ce dernier.

L’enquête par les policiers n’a pas permis d’établir que la possession de cette somme d’argent (330 billets de 20 $ et 4 billets de 100 $), était illégitime au moment de la saisie. À partir de 2019, des démarches ont donc été entreprises par la procureure générale du Québec en vue de remettre l’argent aux propriétaires légitimes étant donné que la période de détention à l’égard de ce bien saisi était terminée et qu’aucune procédure légale pour laquelle elle aurait pu être requise n’avait été engagée.

La particularité du dossier est que plusieurs personnes ont revendiqué la possession légitime des 7000 $ en raison de la double vie présumée d’Éric Hinse, ce qui a nécessité une intervention du tribunal plus tôt cette semaine au palais de justice de Trois-Rivières.

Rappelons d’emblée qu’Éric Hinse, 42 ans, est mort à la suite d’une collision frontale qui s’est produite sur la route 138 à Yamachiche le 3 février 2008. Bien qu’il ait moins défrayé les manchettes que ses deux frères Marc-André et François Hinse, des membres en règle des Hells Angels, il était lui-même associé au milieu criminalisé et considéré comme un homme à tout faire de l’organisation. En 2001, il avait d’ailleurs écopé d’une sentence de cinq ans pour gangstérisme.

Lors de son décès, il conduisait une Pontiac Sunfire appartenant à une femme que nous prénommerons Josée afin de protéger son identité et d’alléger le texte. Dans le coffre arrière, les policiers avaient saisi un sac de sport contenant des vêtements, divers items de soins corporels, deux lettres à un tiers et la somme de 7000 $.

Les policiers ont annoncé le décès d’Éric Hinse aux personnes présentes à l’hôpital pour la victime, soit sa conjointe (que nous nommerons Marie pour les raisons mentionnées précédemment) et son père. Lors de l’annonce du décès, ni l’un ni l’autre ne savaient à qui appartenait le véhicule. Qui plus est, Marie aurait déclaré aux policiers qu’elle n’avait pas vu Éric Hinse depuis une semaine et qu’elle le croyait en voyage d’affaires. Le 4 février 2008, Josée a également été rencontrée par la SQ. Elle a affirmé être la conjointe d’Éric Hinse et la propriétaire légitime de la Pontiac Sunfire. Au cours de la soirée du 3 février 2008, il était d’ailleurs avec elle. Il serait parti vers 20 h 30 avec un homme pour se rendre à sa résidence de Trois-Rivières et ensuite aller rencontrer le propriétaire d’un bar à Yamachiche. Elle lui a parlé pour la dernière fois à 22 h 30, soit quelques minutes avant l’accident fatal dont la cause serait un épais brouillard.

Sans même que la police ne lui parle de l’existence du sac de sport et de l’argent qu’il contenait, elle a dit posséder des effets personnels dans le véhicule dont la somme de 7000 $ en coupures de 20 $, prévue pour l’achat d’un véhicule. Elle a plus tard transmis une demande pour prendre possession de cet argent, via les services d’un avocat.

En décembre 2019, une enquête a été entreprise pour déterminer qui était le propriétaire légitime, et ce, afin de lui remettre l’argent. Il appert, selon le père d’Éric Hinse, que ce dernier n’avait pas de testament, que sa conjointe était Marie et qu’il était le père de deux enfants, dont un qui est mineur et dont la mère est Marie. L’autre enfant, majeur, est issu d’une précédente union d’Éric Hinse.

Dans le cadre des audiences sur la requête en disposition des biens saisis, le procureur de la Couronne, Me Julien Beauchamp-Laliberté, a expliqué que la possession légitime de l’argent avait été revendiquée par Josée, à titre de propriétaire du véhicule, et par la succession légale d’Éric Hinse, ce qui inclut ses deux enfants, tout comme Josée et Marie qui se déclarent toutes deux comme les conjointes survivantes.

Toutes ces personnes ont reçu un avis les invitant à se présenter en cour à ce sujet, ce qu’elles ont fait, sauf Josée. En son absence, la juge Guylaine Tremblay a finalement conclu que les 7000 $ devaient être versés à parts égales aux deux enfants d’Éric Hinse puisque ce dernier n’était pas marié ou uni civilement avec Marie, pas plus qu’avec Josée.