Jonathan Boivin, Florence Farrier et Benjamin Allard sont trois des quatre instigateurs de la pétition demandant au gouvernement du Québec d’ouvrir les écoles secondaires une journée d’ici la fin de l’année scolaire pour permettre aux élèves et au personnel de se rencontrer une dernière fois.
Jonathan Boivin, Florence Farrier et Benjamin Allard sont trois des quatre instigateurs de la pétition demandant au gouvernement du Québec d’ouvrir les écoles secondaires une journée d’ici la fin de l’année scolaire pour permettre aux élèves et au personnel de se rencontrer une dernière fois.

Juste une journée, demandent les finissants du secondaire en lançant une pétition

Trois-Rivières — Quatre élèves de cinquième secondaire de l’Institut secondaire Keranna demandent au gouvernement Legault de rouvrir, l’instant d’une journée, les écoles secondaires du Québec uniquement pour les finissants afin que ces derniers puissent fermer sur une meilleure note un chapitre de leur vie. 

Et pour parvenir à convaincre le premier ministre d’acquiescer à leur demande, ces élèves ont lancé mardi une pétition sur le site change.org. Jeudi soir, elle comptait plus de 10 000 signatures.

Confinés à la maison depuis le 12 mars, les élèves Florence Farrier, Malory Lacroix, Jonathan Boivin et Benjamin Allard sont les instigateurs de la pétition intitulée «Une seule journée, est-ce trop demander?» Les quatre finissants de cette école privée de Trois-Rivières veulent avoir une dernière occasion de côtoyer leurs amis et leurs enseignants, un rendez-vous qui sera un au revoir pour la plupart d’entre eux, car le gouvernement Legault a annoncé que les élèves du secondaire reprendront le chemin des classes en septembre.

«J’ai écouté le point de presse de M. Legault, lundi, et je trouvais ça plate qu’en mars, ça a été notre dernière journée de classe. Si le gouvernement peut ouvrir les écoles primaires et les garderies, on pourrait certainement avoir une journée pour les finissants du secondaire. On a la maturité et la capacité de comprendre la distanciation sociale et de respecter les consignes de la santé publique», raconte Jonathan Boivin.


« On a la maturité et la capacité de comprendre la distanciation sociale et de respecter les consignes de la santé publique. »
Jonathan Boivin, élève de secondaire 5

Benjamin Allard comprend bien que le gouvernement doit gérer un paquet de dossiers en cette crise du coronavirus. Il croit toutefois que la demande est raisonnable.

«Pour une journée, il y a moyen de s’arranger. Pour moi, c’est symbolique. Je ne peux pas passer à côté de ça. Il y a notre album (de finissants) qui est en train d’être finalisé, on voulait signer les albums en apportant tous notre crayon. C’est important de revoir les gens. Si on n’a pas ça, il va manquer quelque chose.»

Jonathan Boivin est du même avis.

«C’est pour revoir les professeurs et l’équipe de l’école qui nous ont suivis durant cinq ans, en plus de revoir nos amis d’une autre façon que par Facebook. Le secondaire, c’est une étape dans une vie avant de passer au collégial. C’est le passage à l’âge adulte. C’est la dernière année, les derniers moments avec nos amis. On a été abruptement coupé de toutes relations sociales et de contacts avec nos amis et nos profs.»

Les instigateurs ignorent la date à laquelle ils vont remettre la pétition au premier ministre, car leur initiative a été lancée il y a quelques heures à peine. Aucune date n’a été fixée quant à la tenue de cette journée. Ils aimeraient que cela se passe en juin si la situation de la COVID-19 s’y prête, évidemment.

Lors du point de presse quotidien présenté mercredi par le gouvernement du Québec, la vice-première ministre Geneviève Guilbaut a déclaré avoir perçu la déception des finissants de ne pas avoir l’occasion de revoir leurs amis et leurs professeurs ni d’avoir droit à un bal.

«Je veux remercier les finissants pour leur compréhension et leur discipline pendant cette crise. Je veux aussi leur dire qu’avec le ministère de l’Éducation, on travaille présentement à trouver une façon de souligner votre graduation et votre diplomation malgré le contexte actuel.»