Quand Julie Boulet a su que le spectacle prévu l’été prochain à la Cité de l’énergie était un cirque, elle a demandé à ses fonctionnaires de refaire le tour du dossier de manière pointue et d’analyser la pertinence touristique d’avoir deux cirques dans la même région.

Julie Boulet jongle avec les cirques

Shawinigan — À l’aube de la nouvelle année, Julie Boulet se sent comme une funambule alors qu’elle doit rechercher un équilibre entre le financement de la Cité de l’énergie pour le Cirque Éloize à Shawinigan et les attentes de l’Amphithéâtre Cogeco pour le Cirque du Soleil à Trois-Rivières.

Quand elle a su que le spectacle prévu l’été prochain à la Cité de l’énergie était un cirque, la ministre du Tourisme a demandé à ses fonctionnaires de refaire le tour du dossier de manière pointue et d’analyser la pertinence touristique d’avoir deux cirques dans la même région.

«Robert Trudel avait des lettres d’appui de tout ce qui bouge. Et c’est considéré comme un attrait touristique parce qu’il y a la tour, le centre de sciences, les expositions, les tours de visite dans la ville, et son site multimédias, sa salle de spectacle. Dans ce sens-là, il est admissible à mon programme à moi. Ça vient renouveler son affaire. On ne donne pas de l’argent à tous les ans, mais quand on renouvelle le spectacle et que ça assure la pérennité, le spectacle est là après pour trois, quatre, cinq ans. Alors, normalement, ça remplit les critères», souligne Mme Boulet.

En ce qui concerne l’Amphithéâtre Cogeco, celle-ci fait remarquer «qu’ils ne peuvent pas me dire qu’ils n’ont pas d’aide, ils n’ont jamais déposé de projets».

«Mais ils ne seraient pas admissibles parce qu’ils sont considérés pour le tourisme ici comme une salle de spectacle, un lieu de diffusion culturel. Il y a à peu près 500 salles de lieu de diffusion culturel au Québec, et ils ne relèvent pas de moi, ils relèvent tous de la Culture. Et aucune des salles équivalentes à l’Amphithéâtre n’est financée par nous», précise la députée de Laviolette.

Et alors que le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, a évoqué l’idée de considérer Boréalis dans l’équation, Julie Boulet rappelle que ce musée reçoit annuellement 140 000 dollars pour son fonctionnement en plus de bénéficier cette année d’une aide additionnelle de 85 000 dollars pour un projet déposé à la Culture. «Ça, il ne le dit pas, mais il a déjà 220 000 dollars du gouvernement pour son Boréalis», tient-elle à rapporter.

Par ailleurs, cette dernière indique que 80 % des gens qui vont à la Cité de l’énergie viennent de l’extérieur de la région et 12 %, de l’extérieur du Québec alors que la moyenne des attractions au Québec, «c’est 7 % qui viennent hors Québec». 

«J’attends des chiffres de l’Amphithéâtre, c’est quoi son achalandage. La Cité de l’énergie demande tous les trois, quatre ans pour refaire un spectacle alors qu’à l’Amphithéâtre, c’est à toutes les années qu’il renouvelle les spectacles. Ça ne peut pas être ça, dans mes critères à moi, il y a aussi la pérennité d’un spectacle», ajoute Mme Boulet.

Une rencontre est toutefois prévue entre les parties au début du mois de janvier. «On va regarder ce que l’on peut faire pour eux, on va les aider à trouver une solution ou une avenue», a-t-elle laissé savoir. 

Navigabilité de la rivière Saint-Maurice

Alors que la Ville de La Tuque vient de retirer ses billes pour le balisage de la rivière Saint-Maurice, la ministre du Tourisme est d’avis qu’il faille développer une offre d’infrastructure d’accueil tout le long du cours d’eau pour que le projet de navigabilité puisse réussir un jour à être optimal.

«Dans un premier temps, Michel Angers veut parler au maire de La Tuque. Le maire de Shawinigan avait proposé de présenter ça au Fonds d’appui au rayonnement des régions (FARR), mais après trois ans, on ne peut plus donner. Il y a ce défi-là. Est-ce qu’on y va sur trois ans et dire, après, on verra?», se questionne-t-elle tout en annonçant que le sujet sera traité lors de la prochaine rencontre du FARR au début janvier. En vertu de ce programme, la région bénéficie d’une enveloppe de 21 millions de dollars sur cinq ans.

Celle-ci croit «qu’il faut avoir des petites marinas avec des terrasses, des postes d’accueil, des toilettes, un comptoir-lunch, tout le long de la Saint-Maurice». 

«À des places, ça peut être plus petit, à des places, ça peut être plus structuré. Il faudrait qu’il y en ait quatre, cinq tout le long, à des endroits où il y a une vue intéressante, une plage intéressante. Comment peut-on structurer l’offre pour que les gens se déplacent un peu plus loin que Saint-Roch-de-Mékinac? Je serais d’accord avec une telle analyse. Est-ce qu’on peut développer un projet plus global de sites d’accueil touristique tout le long de cette rivière? Est-ce qu’on a encore besoin vraiment de mettre des bouées? Est-ce que ça coûte toujours 200 000 dollars par année ou peut-on le faire à moindre coût? Il y en a qui me disait que les bouées ne sont plus nécessaires. Il faut revoir l’ensemble de l’œuvre. S’il n’y a pas d’infrastructures d’accueil, je suis convaincue que ça ne peut pas fonctionner», affirme-t-elle. 

Une superclinique à Grand-Mère?

Après Trois-Rivières, une superclinique pourrait bien voir le jour dans le secteur Grand-Mère. Mais selon Julie Boulet, il manque deux choses qui sont du côté de l’imagerie médicale et des médecins sans rendez-vous.

«Il faut qu’ils s’entendent avec les radiologistes de Trois-Rivières pour qu’ils viennent faire la lecture des radiographies. Le ministre est là-dessus, il les a rencontrés la semaine passée, les radiologistes pensent qu’ils vont même rencontrer la clinique prochainement. La clinique demandait d’avoir un peu plus de médecins pour être capable d’offrir 84 heures par semaine. Elle a proposé au ministre 72 heures et le ministre a dit que ça prend 84 heures. Ils sont en recrutement. Ils en ont quatre nouveaux qui arrivent cette année et ils en attendent deux autres de plus», apporte-t-elle comme précision.

Prête pour les élections

Avec un taux de chômage régional qui a chuté de quatre points pour atteindre un plancher historique de 5,3 %, la création de 6400 emplois depuis 2014 et un médecin de famille pour 26 000 nouveaux patients depuis mai 2014, Julie Boulet dit que son gouvernement s’en va en campagne avec des projets porteurs d’avenir et des projets de société pour améliorer la qualité de vie et faciliter la vie des familles. 

«J’aime encore beaucoup ça. Je suis très terrain. Quand je vois les gens, j’y trouve toujours mon profit et je trouve ça stimulant», conclut celle qui parle du ministère du Tourisme comme d’un cadeau.