Julie Boulet est étonnée par l’ampleur de la victoire caquiste.

Julie Boulet: «C’est tout un choc»

SHAWINIGAN — Le rouleau-compresseur caquiste n’a épargné aucun libéral en Mauricie lundi soir. Même pas Julie Boulet qui, pour la première fois depuis 2001, suivait le dévoilement des résultats paisiblement devant son écran plutôt qu’en célébrant la victoire avec ses partisans.

Une bien drôle de soirée pour la députée sortante de Laviolette, qui n’avait jamais imaginé vivre le 17e anniversaire de sa première élection avec une pareille déroute.

«C’est tout un choc», relate-t-elle. «On sentait bien qu’une volonté de changement s’exprimait, mais c’est beaucoup plus fort que ce que j’aurais pensé. On voyait aussi que du côté du Québec francophone, ce serait plus difficile.»

«L’Outaouais, Laval, Sherbrooke, les Cantons de l’Est... On ne pensait pas que la CAQ marquerait des points jusque dans ces régions. Il faut les féliciter, c’est une belle victoire pour eux.»

Même si le vent de face n’affichait pas la même ampleur, Mme Boulet avait vécu une situation comparable en 2007, lorsque l’Action démocratique de Mario Dumont avait ébranlé bien des certitudes à travers le Québec. Dans la région, Julie Boulet avait quand même réussi à conserver son siège à ce moment, maintenant une majorité de près de 3300 voix. Avec son expérience et sa notoriété, aurait-elle pu résister à la vague caquiste si elle s’était présentée dans Laviolette - Saint-Maurice, tel que prévu au début de l’année? «Je ne le sais pas», réfléchit-elle. «Il y a une grosse vague et en plus, mon comté changeait. Je ne suis pas capable de donner le pouls d’un comté où il y avait la moitié des électeurs que je n’avais jamais représentés. Si ça avait été mon comté traditionnel, j’aurais été plus en confiance.»

«Je n’ai pas la prétention de croire que j’aurais résisté à la vague», ajoute-t-elle humblement. «Il y a d’excellents candidats, des ministres qui ne sont pas passés à travers. Une vague, c’est une volonté profonde de changement et peu importe qui on est, même si on a fait un excellent travail, un candidat, ça représente 8 % à 10 % du vote. C’est très marginal.»

Ne croyez pas que la soirée électorale a été moins pénible pour elle en raison de la victoire de son frère à Trois-Rivières. «J’ai toujours dit que je demeurais profondément libérale, avec ma loyauté et ma solidarité», rappelle-t-elle. «Oui, c’est mon frère, mais ça demeurait d’abord et avant tout, dans le contexte, un candidat caquiste.»