Journées pédagogiques supplémentaires: «La situation actuelle est critique»

Amélie Houle
Amélie Houle
Le Nouvelliste
Bécancour — Tout comme l’ont fait la veille leurs collègues du côté de Shawinigan et de Saint-Tite, le syndicat de soutien scolaire de la Riveraine affilié à la Fédération du personnel de soutien scolaire a manifesté mercredi à Bécancour, devant les bureaux du député Donald Martel, afin de dénoncer l’ajout de trois journées pédagogiques supplémentaires au calendrier scolaire.

Une trentaine d’éducatrices et de techniciennes en service de garde scolaire étaient donc sur place mercredi afin de faire entendre leur point de vue sur le sujet.

«On conteste l’ajout de trois journées pédagogiques pour nos filles qui sont en service de garde, car ça représente pour elles une surcharge de travail, alors qu’on est en manque de personnel actuellement et que les filles sont déjà au bout du rouleau. [...] Il s’agit de la goutte d’eau qui risque de faire déborder le vase de plusieurs. Pour certaines, prévoir 3 fois 10 h d’animation en période de pandémie, en plus de toutes les heures supplémentaires qu’elles font pour maintenir le service de garde à flot, c’est juste trop. La situation actuelle est critique», a lancé d’emblée la présidente du syndicat, Claire Blondin.

D’ailleurs, alors que cette décision est bien accueillie par les enseignants, la situation semble tout autre pour le personnel en service de garde scolaire qui voit d’un mauvais oeil le fait que ces trois journées pédagogiques supplémentaires soient offertes gratuitement à tous les enfants d’âge préscolaire et primaire qui y sont habituellement inscrits.

Le syndicat du soutien scolaire de la Riveraine a manifesté mercredi, à Bécancour, devant les bureaux du député Donald Martel en lien avec l’ajout de trois journées pédagogiques supplémentaires.

«Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’en service de garde, on a des élèves qui sont réguliers, mais on a aussi des élèves qui sont sporadiques et qui ne viennent pas tous les jours. Mais c’est sûr qu’en mettant ça gratuit, on va se ramasser avec plus d’élèves, alors que les ratios ne sont déjà pas respectés, car on manque de personnel. Donc on se demande comment on va faire, car il va selon nous y avoir un surnombre d’élèves», dénonce Mme Blondin.


« On espère que des compromis soient faits et que le ministre Roberge débarque de son pays de la licorne et qu’il nous trouve du personnel »
Claire Blondin, présidente du syndicat

Bien consciente que le gouvernement ne reculera probablement pas sur cette annonce, la présidente du syndicat de soutien scolaire de la Riveraine souhaite toutefois réussir à avoir un certain dialogue avec le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, par le biais du député Martel afin d’en arriver à obtenir espère-t-elle, un certain compromis dans le dossier.

«On espère que des compromis soient faits et que le ministre Roberge débarque de son pays de la licorne et qu’il nous trouve du personnel, car on ne voit pas comment on va arriver à faire des journées pédagogiques de plus.»

Rappelons que mardi matin, le Syndicat des employés de soutien de la Mauricie affilié à la Fédération du personnel de soutien scolaire a manifesté devant les bureaux des députées Marie-Louise Tardif et Sonia LeBel du côté de Shawinigan et de Saint-Tite pour les mêmes motifs.

Une manifestation des employés en service de garde a eu lieu mardi, à Shawinigan, devant les bureaux de la députée Marie-Louise Tardif.

En mode attente

Interpellé le 18 octobre dernier par deux éducatrices de la Rive-Sud qui dénonçaient le fait que des enfants se retrouvent seuls en raison de la distanciation physique à observer, Andrée Bernet et Valérie Demers sont présentes à la manifestation de mercredi après-midi.

«On n’a eu aucune nouvelle. Rien du tout. Même pas un accusé réception. On attend encore», se désole Mme Bernet.

Elles espèrent maintenant que le député Martel demandera à son collègue de l’Éducation d’accélérer le processus.

Avec la collaboration de Marc-André Pelletier