L’UQTR a refusé d’accorder une levée de cours pour la tenue de cet événement.

Journée de grève: l’UQTR refuse de lever les cours

Trois-Rivières — Les étudiants de l’Université du Québec à Trois-Rivières ont voté à la majorité, lundi en assemblée générale extraordinaire, pour la tenue d’une journée de grève afin de prendre part au vaste mouvement de grève climatique du collectif «La planète s’invite à l’université», le 15 mars.

La direction avait accordé une levée de cours pour la tenue de ce vote, qui a regroupé quelque 200 étudiants, lundi matin, mais elle a refusé par la suite d’accorder une levée de cours pour l’événement de vendredi.

La direction, par voie de communiqué, dit avoir pris acte et respecter la décision des étudiants de vouloir se mobiliser pour l’urgence climatique qui affecte la planète. Sans expliquer les motifs de sa décision, la direction de l’UQTR a indiqué par voie de communiqué qu’elle allait malgré tout maintenir tous les cours, stages et autres activités académiques vendredi.

L’AGEUQTR, de son côté, a confirmé au Nouvelliste que sa décision est maintenue malgré cette décision et que la grève aura quand même lieu, comme l’ont voté à la majorité les étudiants qui ont pris part à l’assemblée.

Le collectif «La planète s’invite à l’université» prévoit une autre journée de grève le 27 septembre organisée dans la foulée du mouvement international «Earth Strike». Vendredi, le collectif prévoit que quelque 63 500 étudiants seront en grève, le 15 mars, au Québec pour demander la justice climatique.

Des jeunes du monde entier ont commencé à se mobiliser pour exiger des gouvernements des mesures concrètes pour lutter contre les changements climatiques lorsqu’une élève de 16 ans, Greta Thunberg, avait amorcé seule une manifestation à l’extérieur du Parlement de la Suède, l’été dernier, pour la justice climatique. Des dizaines de milliers d’élèves et d’étudiants universitaires se sont mobilisés par la suite dans une vingtaine de pays autour de cette intention. La jeune fille avait par la suite été invitée à parler aux Nations Unies lors d’une conférence sur le climat.

«Notre biosphère est sacrifiée pour permettre à des gens riches dans des pays comme le mien de vivre dans le luxe. Notre civilisation est sacrifiée pour le gain d’un très petit nombre de personnes qui continue à faire beaucoup d’argent», avait déclaré l’adolescente dans son élocution. «Vous dites que vous aimez vos enfants plus que tout, et pourtant, vous leur volez leur avenir sous leurs yeux. Vous n’avez plus d’excuses et le temps nous est compté», avait plaidé la jeune Greta.

Le mouvement s’adresse autant aux universités qu’aux collèges.

Dans la région, le président de l’Association générale des étudiants du Cégep de Trois-Rivières, Yury Du Bois De Nevele, indique que «les étudiants du Cégep sont touchés par le mouvement et les valeurs qu’il véhicule sont partagées par notre organisation. Toutefois, nous n’avons pas reçu la demande des étudiants ou du conseil d’administration de tenir une levée de cours, principalement parce que nous sommes en relâche pendant cette journée. Nous avons pris la décision d’inviter nos étudiants à se joindre au mouvement de leur propre initiative», indique-t-il.

Au Collège Shawinigan, la responsable des communications, Karine Lord, indique qu’il n’y aura pas de grève des étudiants le 15 mars. Une page Facebook (la planète s’invite au cégep — Collège Shawinigan) a toutefois été créée par un groupe qui se décrit comme étant «la division Collège Shawinigan du mouvement «La planète s’invite à l’université». «Le but du groupe est d’organiser une mobilisation sur le campus du Collège Shawinigan pour les journées de grève des 15 mars et 27 septembre 2019», peut-on y lire. Au moment d’écrire ces lignes, le groupe comportait 36 membres.

L’AGEUQTR, elle, invite ses membres à participer en grand nombre à cette première grève climatique, vendredi. Le point de départ se fera à 11 h 30 à l’extérieur de la Place Gilles-Boulet, sur le campus. Les étudiants se rendront ensuite au centre-ville pour y rejoindre divers organismes et associations.

La CSN, pour une, a laissé savoir il y a deux jours qu’elle appuie ce mouvement étudiant au Québec.