Près de 400 personnes ont manifesté pour les conditions des responsables des services de garde en milieu familial au centre-ville de Trois-Rivières, lundi matin.

Journée de grève dans les garderies en milieu familial

Plus de 400 personnes, responsables de services de garde, parents et enfants ont déambulé bruyamment lundi matin avec tambours et trompettes au centre-ville de Trois-Rivières avant de s'arrêter devant le bureau du député libéral Jean-Denis Girard.
Représentant les quelque 1100 garderies en milieu familial du Centre-du-Québec et de la Mauricie, la foule revendiquait un avancement plus rapide des négociations pour la deuxième entente collective, échue depuis novembre dernier, afin que celle-ci soit conclue avant la fin de l'été.
En réponse à la ministre de la Famille qui associe cette journée de grève à une «prise d'otages» pour les parents et les familles, Lucie Lefebvre, présidente de l'Alliance des intervenantes en milieu familial (ADIM) Mauricie atteste que c'était plutôt elle qui les prenait en otage en refusant de leur donner des réponses.
«Quand on est obligé de faire une manifestation pour se faire entendre, c'est qu'il n'y a pas d'écoute de l'autre côté. Nous avons fait notre dépôt initial en juin l'an passé, on a commencé les négociations en octobre. On a réglé certaines petites choses au normatif, mais c'est bloqué complètement depuis le changement de ministère. C'est une fermeture totale et on nous dit qu'ils ne sont pas ouverts à parler de ce qu'il reste à parler».
«Le Québec aime ses enfants, on en prend soin quotidiennement», a scandé la foule pendant la manifestation qui a duré près d'une heure devant le bureau du député libéral, alors que plusieurs autres se déroulaient un peu partout à travers le Québec simultanément.
Les responsables en service de garde réclament notamment une reconnaissance des 50 heures travaillées par semaine quand on prend en considération la préparation des repas ou la désinfection par exemple, alors qu'elles ne sont payées que pour 35 heures.
Parmi les demandes, on note aussi la création un comité de relations de travail local, davantage d'autonomie entre autres dans l'application d'un programme éducatif et dans l'aménagement des locaux et la considération des enfants des responsables comme faisant partie de leur quota.
Selon Phébée Paquette Brodeur, maman de deux enfants, les parents ne leur en veulent pas pour cette journée de grève. «En tant que parent, ça ne me dérange aucunement que les services de garde soient fermés aujourd'hui. Ce sont des femmes extraordinaires qui s'occupent de nos enfants pendant que nous sommes au travail.
Nous ne sommes pas pris en otage. Je suis ici pour appuyer la responsable en service de garde de mon enfant, mais surtout parce que je n'ai pas envie que les milieux familiaux deviennent des CPE. J'ai choisi un milieu familial pour que ça ressemble à une maison, à une famille, pas à une institution avec beaucoup de règlements où tout est calculé et ordonné, ce n'est pas de ça que j'ai envie.»
Importante journée
«On a une table de négociation mardi (aujourd'hui), donc on va voir ce que la journée de lundi (hier) va donner», a informé France Lafond, présidente de l'ADIM Centre-du-Québec, qui annonce aussi que le résultat d'un vote national sera connu mardi.
D'autres négociations sont à prévoir au début août. «Si on ne se fait pas entendre, on est prêts à plus encore», annonce Guylaine Légaré, responsable d'un service de garde en milieu familial de la Mauricie.
La FIPEQ-CSQ représente 13 600 des 15 000 éducatrices en milieu familial du Québec. Tous les services de garde en milieu familial accrédités de la région étaient en grève pour la journée lundi. Les parents avaient été avertis deux semaines à l'avance pour leur permettre de trouver une alternative. Au Québec, ce sont environ 92 000 enfants de 0 à 5 ans qui fréquentent les garderies en milieu familial. Dans la région, cette grève a touché 580 garderies en Mauricie et environ 540 au Centre-du-Québec.