Le déménagement des 56 Ursulines devrait être complété aux alentours du 24 juillet prochain. Sur la photo : Lucie Lefebvre, coordonnatrice aux services et au bâtiment pour la communauté des Ursulines de Trois-Rivières.

Jour de déménagement chez les Ursulines

TROIS-RIVIÈRES — Fortes de plus de 320 ans d’existence à leur monastère de la rue des Ursulines à Trois-Rivières, les 56 sœurs actives de la communauté des Ursulines procéderont, dans les prochains jours, au tout premier déménagement de l’histoire de la communauté. Le domicile des Ursulines sera maintenant la résidence pour personnes âgées du groupe Lokia située sur l’avenue des Draveurs.

Cela fait maintenant deux ans que les sœurs s’affairent à préparer ce déménagement d’envergure qui marquera en quelque sorte la fin de leurs activités sur la rue des Ursulines, devenue mythique en raison de l’œuvre de cette communauté religieuse. C’est un mouvement qui a nécessité énormément d’organisation de la part des différents comités mis sur pied.

«Nous avons réalisé le changement en plusieurs étapes. En premier lieu, nous avons dû faire le tri des différents objets présents dans le monastère. Les sœurs ont pu choisir ce qu’elles souhaitaient garder et ce dont elles voulaient se départir. Plusieurs dons ont été faits à des organismes de la région durant cette étape. Nous avons ensuite procédé à l’organisation du déménagement de façon individuelle avec chaque Ursuline de façon à ce qu’elles soient toutes soutenues et guidées durant le processus. Nous considérons donc que ce changement est une réussite en raison de l’organisation qui en était la clé», mentionne la coordonnatrice aux services et au bâtiment, Lucie Lefebvre.

Elle s’est affairée à préparer toute la documentation requise par les sœurs en vue du grand départ. Sa mission était également de prendre chacune des religieuses en charge pour que le déplacement soit facilité le plus possible.

Ainsi, au cours des prochaines semaines, les Ursulines verront leur nouveau domicile être meublé par les déménageurs selon les différents souhaits qu’elles ont exprimés à Mme Lefebvre.

Des îlots individuels contenant les objets de chaque religieuse ont été regroupés dans le sous-sol du monastère des Ursulines pour faciliter le déplacement vers l’avenue des Draveurs.
Sur la photo : Lucie Lefebvre, coordonnatrice aux services et au bâtiment pour la communauté des Ursulines de Trois-Rivières.

UN DEUIL INÉVITABLE

C’est un changement qui a été relativement difficile à digérer pour les 56 religieuses qui, après avoir passé tout ce temps au même endroit, sont extrêmement attachées à leur monastère. «Quitter un lieu riche de 320 ans d’histoire, c’est nécessairement synonyme de deuil pour nous toutes. Cependant, les sœurs demeurent sereines et démontrent une grande résilience face à la situation», mentionne la présidente du conseil de gestion du déménagement, sœur Yvette Isabelle. Un climat de crainte du changement a également pris naissance au monastère. «Certaines des sœurs qui devront déménager dans les prochains jours sont dans leur chambre au monastère depuis 30 à 40 ans. Elles ont donc beaucoup de difficulté à se projeter ailleurs dans l’avenir et digèrent difficilement cette décision», a fait savoir Mme Lefebvre.

Par ailleurs, pour la totalité des sœurs, le travail colossal mené par la coordonnatrice aux services et au bâtiment a été essentiel au bien-être de la communauté pendant le processus.

«Nous sentir brusquées aurait certainement augmenté notre niveau de stress et notre réticence à quitter le monastère. Lucie a géré le tout avec brio pour faire en sorte que nous continuions à nous sentir bien dans tout ça», mentionne une des Ursulines impliquées activement dans le déménagement, sœur Hélène Doucet. Le soutien psychologique, quant à lui, était assuré par les religieuses elles-mêmes qui s’épaulaient dans cette épreuve.

VOLONTÉ DE SE TOURNER VERS L’AVENIR

Les Ursulines ont d’ailleurs choisi de procéder à ce mouvement puisqu’elles ressentaient un besoin de penser à l’avenir de leur communauté qui se fait de plus en plus vieillissante.

«La moyenne d’âge au sein de notre communauté étant de 86 ans, nous n’avons pas le choix de penser à notre activité dans les années à venir. Il devient de plus en plus complexe pour nous de s’occuper nous-mêmes de l’administration du monastère. À la résidence, nous bénéficierons d’un lieu tranquille nous offrant un certain répit en ce qui a trait à la gérance. Nous prenons donc une décision logique qui nous facilitera grandement la vie», explique sœur Isabelle.

Bien qu’elles ne seront plus situées au même endroit, les Ursulines assurent que leur mission restera la même.

«Toute notre vie, nous demeurerons des Ursulines, et ce, peu importe l’endroit où nous sommes basées», ajoute sœur Isabelle en soulignant l’héritage qui sera laissé dans l’ancien monastère. «Les murs du monastère auront plus de trois siècles d’histoire à raconter aux gens qui œuvreront dans ce bâtiment au cours de prochaines années. Nous laissons l’endroit rempli de nos souvenirs.»