Le groupe de 48 jeunes et 6 accompagnateurs a quitté la région le 26 février et sera de retour vendredi le 6 mars.

«J’étais inquiète de le laisser partir»: des jeunes de l’école Val-Mauricie en voyage en Italie

TROIS-RIVIÈRES — Alors que la Commission scolaire Beauce-Etchemin a décidé de rapatrier 37 élèves et trois accompagnateurs d’une polyvalente de la Beauce partis en Italie depuis quelques jours, en lien avec les risques de propagation du coronavirus, 48 jeunes de l’école secondaire Val-Mauricie se trouvent justement en voyage scolaire dans ce coin du monde depuis la semaine dernière. S’ils sont rendus en Grèce depuis mardi, ils sont passés par plusieurs régions de l’Italie au cours des derniers jours. La Commission scolaire assure suivre le dossier de très près, tout comme plusieurs parents.

Le fils de Manon Landry fait partie du groupe de voyageurs. Cette dernière ne cache pas son inquiétude, surtout que l’Italie a décidé de fermer toutes ses écoles et universités jusqu’au 15 mars. Le gouvernement du Canada recommande d’ailleurs d’éviter tout voyage non essentiel en Italie du Nord.

Toutefois, c’est plutôt le sud de l’Italie que le groupe a visité depuis son départ mercredi dernier, le 26 février.

«Moi, j’étais inquiète de le laisser partir, mais l’agence de voyages semblait dire que dans le sud de l’Italie, il n’y avait pas de problème et qu’ils ne mettraient jamais la vie des jeunes en danger. J’ai donc laissé aller mon garçon, mais oui, je suis inquiète», confie Mme Landry.

Alain Boucher, un papa dont la fille fait aussi partie du voyage, était de plus en plus inquiet à mesure que le voyage approchait. Il indique toutefois avoir été vite rassuré. «Quand le virus est arrivé, on posait des questions, les jeunes aussi. Ce voyage, ça fait plus d’un an qu’ils le préparent et ils ont travaillé très fort. Les six accompagnateurs suivaient tout ce qui se passait au sujet du coronavirus et nous donnaient l’information par une page Facebook privée», raconte-t-il.

Cette communication n’a pas cessé une fois le voyage débuté. Tous les jours, les parents reçoivent des photos et des nouvelles des jeunes. «C’est presque en temps réel. On voit les paysages. Les jeunes sont heureux. Personne ne porte de masque, c’est rassurant», laisse-t-il savoir.

Ce qui rassure ces deux parents, c’est également de savoir où en sont rendus les élèves dans leur voyage. S’ils sont passés par Rome, Capri, Sorrento et Pompei, en Italie, ils sont maintenant en Grèce pour la fin de leur périple, un endroit beaucoup moins à risque.

Alain Boucher indique que tout se passe normalement selon ce qu’il en perçoit et que le retour devrait se faire comme prévu vendredi alors que les jeunes atterriront en après-midi à l’aéroport de Montréal.

Manon Landry a bien hâte de serrer son fils dans ses bras, mais elle devra patienter 14 autres journées. Aucune mesure particulière n’est pour l’instant prévue au retour des voyageurs, mais Mme Landry ne doit prendre aucun risque. «Ma mère est à l’hôpital, elle a la bactérie mangeuse de chair. Donc quand mon garçon va arriver, il va devoir rester chez son père durant 14 jours. Je ne peux pas le voir durant deux semaines. Et après les 14 jours, on va le faire tester pour s’assurer qu’il n’a pas le coronavirus. Si ma mère, qui a 78 ans, attrape ça, c’est fini. Elle va en mourir c’est sûr.»

Pas d’inquiétude à la Commission scolaire

Du côté de la Commission scolaire de l’Énergie, on assure n’avoir rien pris à la légère dans ce dossier. «Avant le départ, c’est sûr qu’il y a de l’information qui a été validée avec la compagnie mondiale avec qui on fait affaire pour les voyages scolaires, l’agence EF, et il y a de l’information qui a été partagée aux parents. Les parents ont été rassurés de tout ça. Il y a aussi des communications quotidiennes qui se font durant tout le voyage entre nos adultes accompagnateurs et le bureau mère à Toronto pour faire un état de la situation. Le voyage s’est déroulé comme sur des roulettes jusqu’à présent», souligne la coordonnatrice aux communications pour la Commission scolaire de l’Énergie, Amélie Germain-Bergeron.

Aucune mesure particulière n’attend les jeunes à leur retour selon Mme Germain-Bergeron. «Je tiens à rappeler que les élèves n’ont pas visité des régions à risque.»

Clément Pratte fait partie des six accompagnateurs. Il se fait également très rassurant. «Nous sommes en Grèce après un séjour en Italie. Nous repartons dans deux jours et tout va très bien. Nous n’avons pas visité les régions touchées par le virus. Notre itinéraire se poursuit comme prévu. L’agence EF a des bureaux dans tous les pays et plusieurs villes d’Europe. Elle est reconnue mondialement et les agents agissent de manière très responsable. Ils nous informent ainsi que notre guide chevronné. Tout va merveilleusement bien. Aussi cette compagnie possède d’énormes ressources et elle avait déjà prévu un plan B selon l’évolution de la situation», fait-il savoir.