Le conseiller du district Pointe-du-Lac, François Bélisle.

Jean-Marc Bergeron ne fera pas long feu comme chef du cabinet du maire, prédit François Bélisle

TROIS-RIVIÈRES — Selon le conseiller du district Pointe-du-Lac, François Bélisle, le séjour de l’actuel directeur des loisirs, de la culture et de la vie communautaire de la Ville, Jean-Marc Bergeron, comme chef du cabinet du maire Yves Lévesque ne durera pas longtemps.

Le conseiller n’a pas mâché ses mots lorsqu’il a été invité à commenter la décision de M. Bergeron de joindre la garde rapprochée du maire. Selon lui, il se prévaudra de son droit de réintégrer ses fonctions actuelles, que lui a conféré le conseil municipal lors de la séance spéciale de jeudi matin, d’ici la prochaine période des Fêtes. 

En vertu d’une résolution adoptée à l’unanimité, la direction des ressources humaines est en effet autorisée à prendre les dispositions nécessaires et à faire les démarches requises afin de lui trouver un remplaçant temporaire à la direction des loisirs, de la culture et de la vie communautaire jusqu’au 31 décembre 2019. Fait à noter, c’est la première fois qu’un fonctionnaire municipal trifluvien est nommé à une telle fonction au sein du cabinet du maire.

«Je suis très triste, car c’est une personne que je considère beaucoup. Je vais être franc, j’ai essayé de le décourager d’aller là. [...] Je pense que c’est un panier de crabes. La soupe est chaude. C’est une ‘‘job’’ qui est actuellement très difficile. Le discours qu’a tenu le maire hier [mercredi] au 106,9 FM, j’appelle ça une déclaration de guerre à son conseil. C’est comme ça que je le reçois», a déclaré le conseiller Bélisle en marge de la séance spéciale de jeudi matin.

Ce dernier va même jusqu’à avancer que personne ne peut encadrer le maire et croit que M. Bergeron fait fausse route en croyant qu’il sera en mesure de le faire.

«Le maire Lévesque est un cheval de course et personne ne peut le brider. C’est triste car ça en ferait une meilleure personne et un meilleur politicien. Mais c’est peine perdue», laisse-t-il tomber.

Selon le plan établi, M. Bergeron entrera en fonction à la mi-août. Présentement en vacances, il n’a pas été possible de s’entretenir avec lui pour obtenir ses commentaires.

Rappelons qu’après le récent départ à la retraite de Roger D. Landry, les anciens conseillers René Goyette et André Noël avaient été embauchés afin de se partager la tâche. Or, quelques jours après son entrée en poste, André Noël a démissionné et a invoqué des changements dans son horaire personnel et professionnel.

René Goyette a donc hérité de la tâche complète, lui qui avait indiqué au maire lors de son embauche qu’il ne voulait pas occuper un emploi à temps complet. Sa nomination avait d’ailleurs fait grimacer quelques conseillers. Plusieurs étaient même allés jusqu’à dire qu’il n’était pas digne de confiance. Les relations entre M. Goyette et certains conseillers d’expérience réélus lors des élections de l’automne dernier s’étaient visiblement envenimées durant la campagne électorale alors que M. Goyette, qui avait choisi de ne pas solliciter de nouveau mandat, aurait travaillé en faveur de quelques candidats qui affrontaient d’anciens collègues.

Interrogé par les journalistes après la séance spéciale de jeudi, M. Goyette a indiqué qu’il était soulagé que le maire ait trouvé quelqu’un prêt à occuper ces fonctions à plein temps.

«Quand André Noël nous a annoncé sa démission, j’ai dit au maire que je lui donnais la possibilité d’évaluer toutes les avenues possibles. [...] Par la suite, je me suis rendu compte qu’après avoir été à la retraite pendant un moment, je n’étais plus rendu là. Aujourd’hui, je suis un gars heureux. Je vais retourner chez moi à la retraite. [...] Avec ma santé, c’était rendu de plus en plus difficile. Appelez chez moi et ma blonde vous dira que je me couche entre 19 h 30 et 20 h. J’arrive à la maison et je suis vidé», a-t-il indiqué avant de préciser qu’il a tout de même grandement apprécié cette expérience de quelques mois.

En ce qui concerne la réticence de certains membres du conseil à travailler avec lui, le principal intéressé n’en fait pas de cas.

«Il n’y aura jamais de directeur de cabinet qui fera l’unanimité et qui sera aimé de tout le monde. Ça fait partie de la politique. Ça ne m’a jamais ébranlé», raconte-t-il.


Jean-Marc Bergeron

La personne toute désignée selon d’autres conseillers

L’arrivée prochaine de Jean-Marc Bergeron dans l’entourage du maire Lévesque est par contre bien accueillie par d’autres conseillers, notamment Michel Cormier et Valérie Renaud-Martin. Selon ces deux membres du conseil municipal, M. Bergeron constitue la personne toute désignée pour ce défi.

«C’est une annonce qui arrive à point. Jean-Marc est un homme intègre. Je le côtoie depuis plusieurs années et j’ai un château de respect pour lui, tout comme les autres élus, les fonctionnaires et les employés. Je suis convaincu qu’il va tirer son épingle du jeu. Il a une belle vision pour sa ville et c’est une personne rassembleuse», a tenu à souligner Michel Cormier.

«Je ne vois que du positif dans cette nomination. [...] On devrait appuyer Jean-Marc et travailler en équipe plutôt que d’essayer de le décourager», a poursuivi Valérie Renaud-Martin.