Jean Lamarche

Jean Lamarche: le «gars du peuple» au service de la fierté [VIDÉO]

TROIS-RIVIÈRES — Demandez à Jean Lamarche de se présenter, et il ne vous sortira certainement pas son CV professionnel ni sa feuille de route politique. Ce candidat à la mairie de Trois-Rivières se définit d’abord par ses racines, par son lieu de naissance, le quartier Sainte-Cécile. Par le bas du Cap qu’il habite maintenant. Par son rôle de papa de deux enfants, par son rôle de conjoint.

Jean Lamarche n’est pas un politicien de carrière, et ça ne lui fait ni chaud ni froid. Celui qui a été président du FestiVoix et responsable des communications pour le ministère des Transports dans les dernières années préfère se définir comme le «gars du peuple», qui souhaite miser sur la fierté et la continuité. Si cette définition doit également le positionner comme le successeur du maire démissionnaire Yves Lévesque, il ne rejettera pas cette idée.

«Le maire qui sera élu sera le deuxième maire de l’histoire de la ville de Trois-Rivières unifiée. Oui il y a une pression, mais on le savait avant d’y aller. Si je décide de sauter dans la mêlée, c’est que je pense qu’il y a des actions concrètes qui peuvent être posées à l’intérieur de deux ans et demi», mentionne le candidat, qui souhaite du coup envoyer un signal fort. «La Ville doit continuer. On a une ville à faire fonctionner. Il faut envoyer un signal clair aux investisseurs et aux gens qui sont chez nous qu’on est là, qu’on avance et qu’on ne lâche pas», mentionne-t-il.

Les partenariats, le dialogue et la concertation, voilà comment il souhaite se positionner lorsqu’il est question du développement de la ville. Que ce soit avec les institutions d’enseignement pour établir des mesures de rétention des diplômés et aider à la crise de la main-d’œuvre, ou encore avec l’administration portuaire pour le développement récréotouristique de cette partie de la ville, Jean Lamarche n’aime pas faire cavalier seul et dit souhaiter s’allier aux institutions en place pour faire avancer les dossiers.

«Je ne veux pas travailler avec des moyens, mais des orientations. Je pense qu’il faut donner les grandes orientations et laisser aux bonnes personnes le soin de trouver les moyens. C’est ma façon de voir», indique-t-il, faisant notamment référence au plan directeur très attendu de la refonte des circuits de la STTR, qui devrait être déployé cet été.

Ce qui n’empêche pas le candidat d’avoir ses propres idées sur l’amélioration du réseau de transport, lui qui souhaite voir se développer le réseau de transport actif dans un rayon de 5 kilomètres entourant ce qu’il appelle le Carrefour du savoir, formé des institutions d’enseignement supérieur et du CIUSSS. «Ce secteur-là, ce sont des employeurs importants, mais aussi une grande densité de clientèle susceptible de prendre l’autobus, qui nous permet de réfléchir ce quartier-là en mode transport alternatif», signale-t-il, ajoutant que le développement d’une passerelle sous le pont de chemin de fer enjambant la rivière Saint-Maurice s’inscrirait dans ce réseau, et prônant des incitatifs financiers pour l’acquisition de véhicules à support électrique, notamment des vélos. Des mesures qui, ajoutées aux actions déjà posées, contribueront à réduire l’empreinte écologique, martèle M. Lamarche.

Préoccupé par la revitalisation du bas du Cap, Jean Lamarche avait déjà proposé, plus tôt dans la campagne, sa «stratégie urbaine», visant le développement de ce secteur par un nouveau quartier repensé sur le site de l’ancienne Aleris, le développement de l’île Saint-Quentin et du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, le tout relié par les axes commerciaux de ce secteur. Or, Jean Lamarche est aussi d’avis que des initiatives doivent être prises dans tous les secteurs de la ville.

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«On me parle souvent de l’asphaltage, de la réfection des rues, de l’aqueduc et des égouts. Les gens ne souhaitent pas avoir un colisée ou un amphithéâtre. Les gens veulent avoir l’impression de ne pas être oubliés, de faire partie de l’équation. Pour eux c’est la base. Maintenant, on serait rendu à une étape où chaque secteur pourrait retrouver sa couleur. Il faut profiter des forces de chaque endroit», évoque-t-il, proposant également un meilleur entretien des trottoirs, spécialement aux abords des écoles et des résidences pour personnes âgées.

«C’est un obstacle majeur à la qualité de vie. Il y a des gens, des aînés rencontrés dans des résidences, qui ne sont à peu près pas sortis de l’hiver. On peut compter en pourcentage de trottoirs déneigés, mais je pense qu’il faut aussi regarder en niveau d’entretien», croit-il.

En ce qui concerne le colisée, contrairement à certains de ses adversaires, Jean Lamarche préfère parler d’occupation de l’espace plutôt que de s’afficher tout de suite avec l’identité potentielle d’une équipe qui pourrait y élire domicile. «L’enjeu principal est de savoir comment on l’occupe. Le maximum qu’on va occuper l’infrastructure, le mieux on va le rentabiliser. On peut penser à des événements, combats de boxe, UFC, des salons, des tournois, des championnats. Avec Shawinigan, on a deux grands colisées de près de 5000 places à moins de 40 km de distance. Est-ce qu’on peut penser à des tournois majeurs», questionne-t-il, rappelant qu’IDE Trois-Rivières a déjà mandaté une ressource à l’interne pour développer le tourisme sportif.

Par ailleurs, les projets de développement du côté de l’aéroport lui permettent de croire au développement de divers vols vers des destinations soleil ou d’affaires, mais également aux possibilités visant l’obtention d’un bureau des passeports. «Ce service n’existe pas entre Montréal et Québec. Les investissements qui seront réalisés là nous permettent de croire à de tels projets. C’est là que ça devient intéressant, de pouvoir voir plus loin», croit le candidat.

Dès son entrée à l’hôtel de ville, il s’attaquerait par ailleurs au dossier de la marina de l’île Saint-Quentin, afin de signer le plus rapidement possible un bail avec ces usagers qui vivent dans l’incertitude depuis de nombreux mois, déplore-t-il.

Fort d’un sondage qui l’a placé au second rang des intentions de vote en milieu de campagne, avec un écart relativement serré le positionnant dans une course à deux selon la firme de sondage, Jean Lamarche ne souhaite pas que des élus en place prennent position en sa faveur, comme certains l’ont fait pour son adversaire Jean-François Aubin. Il refuse d’ailleurs de dire si certains conseillers l’ont approché pour lui offrir leur appui.

«Dès le début de la course, je disais souhaiter que les conseillers n’entrent pas dans cette course-là, ne se positionnent pas, parce que ça peut créer des malaises et mettre les gens dans des drôles de situations. Force est d’admettre, et je ne suis pas heureux de le dire, mais je pense que l’histoire est en train de me donner raison», clame-t-il, faisant référence notamment aux réunions du «Groupe des huit» tenues chez le conseiller municipal Pierre Montreuil, et auxquelles prenaient part les trois conseillers qui ont donné leur appui à Jean-François Aubin.

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«Parfois, c’est le doute, la perception, c’est ça qui est dommage. On nous parle de comités secrets, de réunions secrètes. C’est plate parce qu’on s’en va vers ça. C’est toujours le doute qu’on perçoit chez les gens. Quand je serai maire, il ne faut pas que ça change ma relation avec les autres conseillers. Le pain de la vengeance, je ne mange pas de ça. Il va falloir se fier à la bonne volonté de chacun, mais la mienne, elle sera là», convient celui qui entend jouer un rôle important en ce qui concerne le leadership régional.

«C’est certainement le rôle de la ville d’exercer son rôle de leader régional. Le maire en étant le premier magistrat, oui ça devient donc son rôle, certainement. Ce qui manque, c’est un leadership où Trois-Rivières doit prendre une place, mais qui est aussi inclusive pour les autres municipalités. Ça peut se traduire par des actions concrètes. Par exemple l’utilisation des deux colisées, c’est une action concrète», évoque-t-il.