Jean-Guy Sauriol a rencontré une trentaine de résidents de la Place Belvédère à Trois-Rivières pour parler de sa traversée de l'océan Atlantique en solitaire.

Jean-Guy Sauriol, l'actuaire navigateur

«Lorsque tu arrives à la fin, tu comprends pourquoi tu as fait ça, pour la satisfaction d'avoir fait quelque chose de difficile. Au-delà de toutes les images et vidéos que j'ai ramenées de mon voyage, mon souvenir le plus précieux c'est que je l'ai fait», a avoué lundi Jean-Guy Sauriol, un actuaire qui vient de traverser l'océan Atlantique seul à la rame, alors qu'il était de passage à Trois-Rivières pour présenter une conférence sur son long voyage.
Le 24 novembre 2013, Jean-Guy Sauriol, un actuaire de Toronto alors âgé de 59 ans, entreprend la traversée en solitaire de l'océan Atlantique à la rame, des îles Canaries jusqu'aux Caraïbes. Un voyage qui a pris quatre ans de préparation. Pendant 74 jours et trois heures, l'homme a navigué seul dans l'infini de l'océan à bord du Maple, son bateau de 21 pieds. Seul en mer, Jean-Guy Sauriol a même célébré son 60e anniversaire de naissance.
Le 6 février dernier, l'aventurier a pu descendre pour la première fois de son bateau pour embrasser son épouse après plus de deux mois passés en mer.
Jean-Guy Sauriol était d'ailleurs accompagné dimanche de sa conjointe Lucie Cossette, une dame originaire de la région, afin de présenter son récit de voyage à une trentaine de résidents très intéressés de la Place Belvédère de Trois-Rivières, endroit où habitent ses beaux-parents.
«Ce qui me rendait le plus émotif tout au long de la traversée c'est quand je pensais que je finirais mon voyage, que je me rendrais l'autre bord. Quelque chose qui semble impossible à faire, je l'ai réussi», a-t-il souligné après sa conférence.
«Quand j'étais loin de toute terre ferme et que je ne voyais que de l'eau, je me suis dit que c'était impossible à faire. Ça avait l'air complètement impossible.»
Le navigateur avoue s'être senti infiniment petit devant la majesté de l'océan, mais aussi de ses «habitants». «On se sent tellement petit, mais aussi privilégié d'être là. Lorsqu'on voit une baleine à cinquante pieds, tu comprends que tu n'es pas chez vous. La baleine te fait un cadeau de ne pas t'importuner», a confié le navigateur.
À l'exception de trois chavirements et d'une période de quinze jours sans pouvoir avancer, le navigateur n'a pas eu de graves problèmes. L'actuaire croyait qu'il pouvait réaliser la traversée en 75 jours, et il l'a fait en 74.
Certains éléments du quotidien de la vie du Torontois n'ont pas du tout manqué à Jean-Guy Sauriol. Pendant 74 jours, il a pu éviter les nouvelles sur les frasques de son maire, Rob Ford. «Sur le bateau, on a une vie simple. Ce qui ne m'a pas du tout manqué, c'est la corruption et l'aspect fatigant de notre système politique et social. Je ne me suis pas ennuyé de ça du tout. Et, en plus, notre maire a fait encore plus de folies. Il en a profité pendant que je n'étais pas là», a ajouté en riant Jean-Guy Sauriol.
La traversée de l'Atlantique à la rame a permis à Jean-Guy Sauriol d'amasser de l'argent pour la Fondation actuarielle du Canada, un organisme qui aide les jeunes à comprendre les concepts mathématiques, mais aussi pour le Club des petits-déjeuners du Canada, une oeuvre qui donne près de 20 millions de repas par année à des enfants dans le besoin. Jusqu'à présent, Jean-Guy Sauriol a récolté 12 000 $ pour le Club.
Depuis la semaine dernière, le navigateur donne des conférences sur son dernier défi. Et Jean-Guy Sauriol carbure à ces défis. En plus d'avoir couru plusieurs fois le marathon de Montréal, l'actuaire a complété le triathlon Ironman d'Hawaii ainsi que la course de canoë-kayak du Yukon River Ouest.