Jean-Guy Dubois
Jean-Guy Dubois

Jean-Guy Dubois vit son choc du futur

Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
Bécancour — «Il y a plein de conséquences que j’essaie d’analyser. Je suis revenu à mes lectures qui ont marqué ma vie dont celle de Toffler en 1970. Je suis en plein choc du futur.»

Voilà comment se sent le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, alors que sa Ville n’est pas épargnée par les effets économiques de la pandémie. Et voilà que la perspective d’inondations s’ajoute au décor et que la fameuse fibre optique de la MRC, qui l’a fait sortir de ses gonds plus d’une fois, est loin de se déployer à haute vitesse...

Selon lui, il ne faudrait pas grand-chose pour que l’inquiétude relative au danger de contagion de la COVID-19 ne se transforme en panique.

«Je préfère ne pas l’imaginer et me soumets scrupuleusement aux directives. Nos efforts conjugués avec la MRC, le CLD et la SADC et j’ajouterais les groupes communautaires nous permettent de considérer qu’on traite avec respect et énergie celles et ceux qui souffrent davantage de cette pandémie: nos commerçants et gens d’affaires qui se retrouvent en arrêt forcé, celles et ceux qui ont subi une mise à pied, qu’on souhaite très temporaire, les travailleurs autonomes qui se retrouvent sans revenu, les plus démunis qui se sentent encore plus démunis et les personnes seules», énumère-t-il.

Au lieu de parler de développement durable, le premier magistrat préfère parler de «retour à la normale durable». «Il faut commencer à penser aux après, qu’est-ce qui va se passer dans les prochains mois, ça va être majeur. Surtout pour les petites entreprises qui ne sont pas nécessairement essentielles. Il y a un ménage qui va se faire. D’après moi, on va perdre le tiers de nos commerces», craint-il.

D’où les impacts qu’il appréhende pour la municipalité. «On a un rôle d’évaluation qui va arriver l’année prochaine. Le prochain rôle va être basé sur les valeurs de juillet 2020. Il va falloir vivre avec des réalités assez nouvelles tant dans les municipalités que dans les petites entreprises et les gouvernements supérieurs», poursuit M. Dubois.

À son avis, la relance de l’économie passera moins par «la course aux immigrants». «Ça va être une nouvelle réalité. Et dans les municipalités, pour revenir à la normale, il faudra aller de l’avant avec les projets, les travaux, les réparations qui ont été mis en suspens», fait-il remarquer.

Or, au coronavirus vient maintenant s’ajouter une deuxième inquiétude: la crue des eaux printanière «imprévisible, parfois dévastatrice».

«Heureusement, l’équipe des mesures d’urgence est bien en place et les citoyens ont reçu, par la poste, les consignes d’usage. La Sécurité civile, la Sûreté du Québec, nos pompiers: tous sont fin prêts. Merci de pouvoir s’y fier», lance-t-il.

Quant à son autre préoccupation, elle est en lien avec la fibre optique. «Jamais un dossier ne m’aura provoqué autant de montées de lait. Le 31 mars était le jour J pour la traversée de la rivière Bécancour, à l’aide d’un drone, ce qui devrait permettre enfin de relier Précieux-Sang et quelques autres rangs, une fois la fusion maîtresse complétée et les tests finaux terminés. Je ne mets pas de date, mais on y est presque. Merci à celles et ceux qui se sont montrés patients et respectueux, malgré tout», tient à mentionner le maire Dubois.

Car, pour l’instant, à peine le tiers du territoire de la Ville est couvert par la fibre optique. Il reste la partie sud de Bécancour et de Saint-Grégoire ainsi que le secteur de Précieux-Sang et une partie du secteur de Gentilly.

«Techniquement, c’est pas mal réglé. Les éléments de permis sont très avancés. On voit un peu la lumière au bout du tunnel, mais c’est la grosseur de la lumière qui est difficile à établir actuellement», avoue-t-il.

Finalement, ce dernier se plaît à imaginer un mois de mai où «la pandémie est presque complètement maîtrisée, la crue terminée, les chaises longues sur le patio, le premier grondement de la tondeuse à gazon et toute la partie sud de la ville branchée sur la fibre optique».

«Et si on garde le moral, si on ajuste nos distances, si on s’efforce d’acheter local, si on conjugue notre respect et notre compassion, nous sommes convaincus, le conseil municipal et moi, que ça va bien aller», a-t-il conclu.