Le ministre responsable de la Mauricie, Jean Boulet
Le ministre responsable de la Mauricie, Jean Boulet

Jean Boulet annonce près de 20 M$ pour les municipalités de la Mauricie

Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
Mathieu Lamothe
Mathieu Lamothe
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Le ministre responsable de la Mauricie, Jean Boulet, a annoncé mercredi qu’une aide financière de 19 875 343 $, financée à parts égales entre les gouvernements du Québec et du Canada, sera octroyée à 43 municipalités de la région, dont 12,4 millions de dollars à la Ville de Trois-Rivières et plus de trois millions de dollars à la Ville de Shawinigan.

Grâce à cette aide, les administrations municipales pourront couvrir directement leurs dépenses occasionnées par la pandémie, comme les hausses de coûts liées à la sécurité publique, aux adaptations de bâtiments, à l’opération de camps de jour municipaux et aux processus démocratiques dans les municipalités (conseils municipaux, élections partielles et générales). 

Ce soutien vise également à compenser les pertes de revenus des municipalités, comme les revenus de permis, des droits sur les mutations immobilières, des amendes et pénalités et des stationnements.

«Nous avons entendu l’appel des municipalités de la Mauricie. Avec cette aide, nous venons les soutenir pour traverser cette période difficile. Les sommes octroyées pourront servir à compenser les pertes de revenus ainsi que couvrir plusieurs dépenses qui n’étaient pas prévues. Je le vois aussi dans une perspective de maintenir des services de qualité d’une part et d’autre part, que ce soit de l’argent qui contribue activement à la relance économique», a commenté le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

Du même souffle, il précise que «50 % est réparti selon la population de chaque municipalité et 50 % selon les pertes et les coûts». «Et ça, c’est déterminé à partir d’estimations détenues par le MAMH (ministère des Affaires municipales et de l’Habitation), en fonction de données transmises par les partenaires municipaux», ajoute le député de Trois-Rivières.

La confirmation de cette aide est évidemment accueillie très positivement par les maires de Trois-Rivières et de Shawinigan, Jean Lamarche et Michel Angers. M. Lamarche tient d’ailleurs à souligner le travail et l’implication du ministre responsable de la Mauricie dans ce dossier.

«Ça nous aide à se sortir la tête de l’eau. Ça nous permet également de dire que nos efforts étaient à la bonne hauteur», fait-il remarquer.

Impliqué depuis plusieurs années au sein du conseil d’administration de l’Union des municipalités du Québec, Michel Angers indique qu’il était au courant des pourparlers qui ont mené à la récente annonce. Ne bénéficiant pas d’une grande marge de manoeuvre budgétaire – Shawinigan dégage des surplus d’environ un million de dollars annuellement alors que les excédents ont été d’environ 10 millions de dollars à Trois-Rivières en 2019 – il n’est cependant pas question pour lui de délier davantage les cordons de la bourse d’ici à la fin de 2020.

«On va continuer de faire très attention afin de ne pas faire de déficit et pouvoir commencer 2021 de la bonne façon, car les impacts de la deuxième vague continueront», précise-t-il.

En raison de la réalité shawiniganaise, l’administration Angers ne pourra donc vraisemblablement pas se servir des trois millions reçus afin d’offrir un gel de taxes à ses citoyens. À Trois-Rivières, ce scénario, ou à tout de moins une hausse semblable à l’augmentation du coût de la vie, pourrait être envisageable, selon le maire Lamarche.

«Ça nous place dans une situation avantageuse», reconnaît-il.

L’administration municipale trifluvienne a évalué à environ six millions de dollars les dépenses et les pertes attribuables à la COVID jusqu’à maintenant et prévoit que les factures supplémentaires vont fort probablement continuer à s’accumuler d’ici la fin de l’année ainsi qu’en 2021. Du côté de Shawinigan, le manque à gagner découlant de la pandémie est d’environ deux millions de dollars jusqu’à maintenant. Les deux maires sont donc heureux de pouvoir bénéficier d’un surplus, qui servira à palier aux imprévus et à orchestrer une relance économique lorsque la conjoncture le permettra.

Pour sa part, la députée de Champlain, Sonia LeBel, a indiqué que dans son comté, les municipalités de la MRC de Mékinac et de la MRC des Chenaux, ainsi que la Ville de Trois-Rivières, ont fait énormément d’efforts afin de se conformer aux règles dans les derniers mois.

«Les élus et les employés municipaux ont su s’adapter et ils ont travaillé fort dans ce contexte difficile. Il est donc évident que les municipalités avaient besoin d’un coup de pouce financier», a souligné la présidente du Conseil du trésor.

Par ailleurs, le député de Maskinongé, Simon Allaire, rapporte que plusieurs municipalités de sa circonscription l’avaient interpellé en raison des dépenses supplémentaires qu’elles ont dû absorber à cause de la COVID. 

«Cette subvention va leur donner une plus grande marge de manœuvre budgétaire et ainsi, éviter de taxer davantage leurs citoyens, ce qui est également une bonne nouvelle pour les contribuables», fait-il remarquer.

«Nous avons été à l’écoute des municipalités. J’ai gardé un dialogue constant avec leurs dirigeants dans Laviolette–Saint-Maurice afin que nous puissions mieux les aider à répondre aux défis financiers auxquelles elles font face depuis le début de la pandémie. Nous voulons les aider à équilibrer leur budget sans réduire les services aux citoyens», a renchéri la députée Marie-Louise Tardif.