Daniel Martel est accompagné des ambulanciers Maude Hélie et Micaël Audet qui lui ont sauvé la vie il y a deux ans.

«Je suis un miraculé»

LA TUQUE — Pour la majorité de la population, le 24 juin rime avec les festivités de la fête nationale, mais il en est tout autrement pour Daniel Martel. À cette date il y a deux ans, le Latuquois a subi un puissant arrêt cardiaque. L’intervention rapide des paramédics de La Tuque lui a sauvé la vie. Il a rencontré Maude Hélie et Micaël Audet récemment pour les remercier et boucler la boucle. Il souhaite maintenant appuyer les ambulanciers dans leur combat pour obtenir un horaire à l’heure à La Tuque.

«Je suis un miraculé. Toutes les choses étaient en place pour moi cette journée-là. Que les ambulanciers soient à la caserne lors de l’appel est un des éléments pour lequel je suis ici aujourd’hui. Ils m’ont ramené à la vie. Le délai d’intervention a été le point marquant de cette aventure. Je n’ai pas passé proche de mourir… ils m’ont ramené. S’ils n’avaient pas été là, je serais mort. […] Je vais toujours avoir une place particulière pour eux dans mon cœur. Ce sont des gens qui m’ont ramené à la vie et je ne serai jamais assez reconnaissant pour ça», témoigne Daniel Martel.

Ce jour-là, le délai d’intervention a été extrêmement rapide en raison de circonstances hasardeuses. Les deux ambulanciers étaient réunis à la caserne. Cette situation a fait en sorte qu’ils ont sauvé près d’une dizaine de minutes de délai, qui ont fait la différence dans le cas de Daniel Martel.

«Tous les jours, on va faire la vérification du véhicule. Il faut environ une quinzaine de minutes. C’est dans cette période-là qu’il a été chanceux d’avoir les deux partenaires directement à la caserne. C’est ce qui ressemble à un chiffre à l’heure», explique l’ambulancière Maude Hélie.

«Il était conscient à notre arrivée. Il a fait la crise cardiaque dans l’ambulance. […] Avoir été chacun chez nous, il aurait fallu à peu près 15 minutes pour qu’on arrive sur les lieux… je pense qu’il serait mort», ajoute-t-elle.

Il faut rappeler qu’en Haute-Mauricie, les paramédics travaillent toujours avec un horaire de faction, aussi appelé 7/14. Ils sont sur donc sur appel à partir de la maison. Lorsqu’il y a un appel, ils doivent se rendre à la caserne, beau temps, mauvais temps, en quelques minutes et partir avec l’ambulance.

Cet horaire, les paramédics le qualifient de désuet depuis une bonne dizaine d’années. Ils militent activement depuis plusieurs mois pour l’abolition de ce type d’horaire et l’implantation d’un horaire à l’heure. «C’est l’exemple parfait qu’un horaire à l’heure ça peut changer quelque chose», note l’ambulancier Micaël Audet .

Si Daniel Martel estime qu’il a été extrêmement chanceux quant au délai, il s’est donné comme mission, pour tous les autres, qu’il ne s’agisse plus jamais d’un hasard, mais d’une normalité.

«Les circonstances de la vie ont fait que moi j’ai été chanceux. Ça ne devrait pas être une chance, ça devrait être normal. […] Je veux les appuyer dans leurs démarches de changement d’horaire», assure-t-il.

«S’il faut aller camper dans un bureau de ministre pour les aider, je vais le faire. Je suis prêt à me rendre à la personne qui autorise les horaires à l’heure et je ne lâcherai pas», insiste Daniel Martel.

C’est le message qu’il a lancé aux deux ambulanciers qui lui ont sauvé la vie lors de la rencontre qu’il a organisée avec eux, une rencontre émotive.

«J’étais contente de le revoir! J’étais contente de voir qu’il va bien aujourd’hui ! Ça lui a permis de recoller tous les petits morceaux de casse-tête. […] Il y a eu aussi de petits moments cocasses!», note Maude Hélie.

«Il y avait beaucoup d’émotion c’est certain, mais ça s’est très bien passé. C’était très intéressant de voir tout le cheminement qu’il a parcouru», a ajouté Micaël Audet .

Rappelons que les deux ambulanciers ont reçu une épinglette réanimation réussie pour souligner l’heureux événement.

Deux ans après

La vie n’a pas toujours été facile après l’événement, mais deux ans après, Daniel Martel affirme qu’il a une paix intérieure qu’il n’avait pas avant.

«Il y a des affaires graves qui ne sont plus si graves. […] Ça donne une autre perspective de la vie», a-t-il conclu.