Pour le député réélu de la CAQ dans Nicolet-Bécancour, Donald Martel, c’est la continuité, mais au pouvoir.

«Je ne veux pas penser à ça»

SAINT-LÉONARD-D'ASTON — «Je ne veux pas penser à ça. Je ne me suis pas fait élire en disant: élisez un ministre dans le comté. Vous allez avoir un bon député, je pense que j’ai été un bon député pour les six premières années».

Voilà comment le député caquiste de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, réagit au fait que plusieurs intervenants souhaitent son accession au conseil des ministres du gouvernement Legault.

Déjà, il a l’impression de changer de travail. «On était dans l’opposition, ma job, c’était d’être critique à l’égard du gouvernement. Là, les Québécois nous ont donné une responsabilité. C’est comme si je me sentais responsable envers les Québécois. Plutôt que de critiquer les décisions, maintenant, il va falloir que je les justifie, que je les explique. C’est différent, mais en même temps, c’est pour ça qu’on fait ça. On n’a pas créé la CAQ pour être éternellement à l’opposition. On voulait être au gouvernement et changer le Québec et on a une opportunité incroyable», a-t-il confié en ce jour 1 au pouvoir.

Alors que son bureau est déjà fonctionnel, il entend donner un coup de main à ses collègues de la Mauricie. «Ça va être extrêmement important qu’on ait une belle cohésion, un bel esprit d’équipe avec les députés. Quant aux responsabilités que M. Legault va me confier au sein du gouvernement, tout le monde parle de ministre, mais il n’y a pas juste ministre. Il y a des commissions parlementaires et tu peux être whip», explique M. Martel.

Mais le président de la Fondation médicale Jean-Pierre Despins, René Bérubé, espère ouvertement que «M. Legault ait une bonne place pour lui». «C’est un gars qui est vraiment capable d’occuper plus qu’un poste de député, que ce soit au niveau whip ou ministre, je pense que ce serait une bonne chose pour nous autres», a-t-il fait savoir.

Celui-ci ne cache pas sa satisfaction de voir la CAQ former le gouvernement. «C’est M. Legault qui est venu inaugurer le GMF à Saint-Léonard-d’Aston, le premier GMF en milieu rural, quand il était ministre de la Santé. On n’est pas des inconnus pour lui. C’est une bonne chose. Et on demande qu’ils forcent les médecins à aller plus en région», poursuit celui qui est en pleine période de recrutement pour trois postes.

Selon lui, à défaut de réaliser complètement le doublement de l’autoroute 55, «il serait urgent de faire au moins deux viaducs». Et ce dossier de sécurité routière tient à cœur à la Chambre de commerce et d’industrie du Cœur-du-Québec. «Le doublement fait partie de ses priorités», fait remarquer la nouvelle présidente,

À son avis, Donald Martel peut jouer un rôle très important en étant député, «mais c’est certain que s’il nous représente davantage, ça peut être très bon pour la région et on va être bien fier d’avoir quelqu’un plus haut placé dans notre région».

Pour l’un de ses prédécesseurs, Jean-Guy Doucet, «ce serait souhaitable et probable» que le député de Nicolet-Bécancour soit ministre. «C’est M. Legault qui décide. C’est un ouvrier de la première heure. Par contre, il y a des nouveaux députés qui ont beaucoup de calibre. Évidemment, on souhaite avoir un député ministre dans notre comté, on l’appuie. C’est évident que ça peut nous aider. Mais comme député, il peut faire une très bonne job aussi. On sait très bien que c’est délicat. Le premier ministre va avoir l’embarras du choix. Mais M. Martel était proche de M. Legault, il a de l’expérience parlementaire, il est très proche de sa population, et il a gagné avec une très forte majorité. Ce sont des atouts pour lui qu’on va faire valoir», plaide-t-il.

Avec ses homologues de la région, le maire de Saint-Léonard-d’Aston admet que «ça fait longtemps qu’on n’est pas au pouvoir dans la région et qu’on n’a pas eu un député qui peut agir directement au gouvernement. On se retrouve que c’est le cas. On a un député qui a de l’expérience et qui va pouvoir travailler ouvertement avec le gouvernement et dans le gouvernement probablement pour nous aider à développer les dossiers de la région».

Le préfet de la MRC de Bécancour, Mario Lyonnais, souhaite également «avoir un ministre dans notre milieu». Mais déjà, dit-il, «on a quelqu’un du gouvernement qui est à côté de chez nous, on ne peut pas demander mieux. Je ne vois ça que d’un bon œil. Le reste appartient à son chef», indique le maire de Sainte-Françoise.

Finalement, le président de la section locale 9700 du Syndicat des Métallos, Clément Masse, est davantage préoccupé par l’engagement de François Legault de s’impliquer dans le conflit de l’ABI que par une éventuelle nomination ministérielle pour Donald Martel.

«On va lui rappeler ses promesses. Il nous a dit que s’il était élu, ce serait un dossier prioritaire sur son bureau», a-t-il conclu.