La nouvelle présidente de la CAQ, Sarah Beaumier.
La nouvelle présidente de la CAQ, Sarah Beaumier.

«Je n’ai que des bons souvenirs»: la nouvelle présidente de la CAQ a vécu sa jeunesse à Trois-Rivières

Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — «Marcher la rue des Forges, ça me rend heureuse. J’aime marcher sur le bord du fleuve. C’est merveilleux comment le port est organisé. Il n’y a pas un commerce que je n’ai pas ultra fréquenté. J’ai toujours adoré aller prendre un verre au Trèfle. Je n’ai que des bons souvenirs de Trois-Rivières».

Même si est elle née à Loretteville, «à un jet de pierre de Wendake et Max Gros-Louis», la toute nouvelle présidente de la CAQ depuis le 7 novembre dernier, Sarah Beaumier, a vécu sa jeunesse à Trois-Rivières, travaillant comme serveuse chez Angéline, à son ouverture, ainsi qu’à La Cage aux Sports.

«À l’âge de sept ans, je suis arrivée dans la région. Au primaire, je suis allée à l’école Notre-Dame et Beau-Soleil, à Pointe-du-Lac. Au secondaire, j’ai fait Chavigny pendant deux ans et après, nous sommes déménagés sur le bord du Saint-Maurice, boulevard des Chenaux, et j’ai fini mon secondaire à Sainte-Ursule. Après, j’ai fait mon cégep au Cégep de Trois-Rivières en sciences politiques», confie celle qui, entre autres, aura joué au basket avec Christine Beaulieu, «l’autre fierté trifluvienne».

D’ailleurs, quand cette ancienne candidate caquiste dans Hochelaga-Maisonneuve en 2018 se fait demander d’où vient son intérêt pour la politique, elle admet s’être inscrite en sciences politiques par intérêt général, «mais ça a été beaucoup consolidé parce que Lucien Bouchard était venu parler au Cégep à Trois-Rivières, dans la salle d’auditorium».

«Ça m’avait soufflée, le charisme, l’assurance. Et en même temps, ça m’a beaucoup ramenée à qui j’étais. Je me suis dit que ça va me prendre beaucoup d’expérience et de connaissance pour pouvoir un jour vouloir représenter des gens et être comme lui. Si je veux un jour me faire élire par des gens et dire: écoutez, je vais prendre votre argent, vos impôts, je vais vous dépenser ça en biens et services selon mon système de valeurs, je suis mieux d’être prête à être capable de défendre ça», soutient Mme Beaumier.

Or, après ses études collégiales trifluviennes, elle aura pris «une petite sabbatique» pour se rendre en Nouvelle-Zélande et en Australie. «Après, je ne suis pas revenue à Trois-Rivières, je suis allée direct à l’université York à Toronto pour y commencer mon bacc en sciences politiques», raconte-t-elle.

Mais constatant que cette formation avait «un angle mort et c’était l’économie», celle-ci décide de faire un baccalauréat en commerce à l’Université Concordia, suivie d’une maîtrise en marketing à l’école des Hautes études commerciales de l’Université de Montréal.

«Je me disais que ça allait faire de moi une meilleure gestionnaire, politicienne, si un jour c’est là que je veux m’en aller», explique Mme Beaumier.

C’est enceinte de son troisième enfant qu’elle aura mené sa campagne électorale en 2018. Et depuis le début de la pandémie, elle donnait un coup de main au parti au niveau des communications.

«Mon but comme présidente, c’est que les gens qui sont déjà membres aient vraiment une vie démocratique dynamique, qu’ils y trouvent leur compte, qu’ils puissent donner leur avis, avoir l’impression qu’ils ont toutes les opportunités possibles de venir à la table, et d’inviter les gens qui seraient intéressés à contribuer à venir avec nous», partage-t-elle comme intention.

Cette dernière dit lancer l’invitation à non seulement ceux dont les parents sont en politique, mais à tous les passionnés d’enjeux, qui veulent savoir ce qui se passe dans leurs hôpitaux ou leurs écoles. «Ça ne prend pas des ambitions de politicien pour s’impliquer en politique, ça prend de l’intérêt pour ce qui se passe autour de nous», fait remarquer la mère de famille.

Selon elle, il faut avoir cette conversation avec les gens en général et dire «là, arrêtez d’aller sur Twitter et sur Facebook chialer et venez vous impliquer et si vous voulez que les leaders changent, prenez le micro et commencez à parler dedans».

«C’est ça que je veux faire à la CAQ en tant que présidente, c’est vraiment inviter les gens à la table, peu importe s’ils sont d’accord ou pas. Nous, ce qu’on veut, c’est être une coalition et essayer de trouver la meilleure solution possible à l’intérieur d’une diversité d’avis», précise-t-elle.

Va-t-elle à nouveau tenter sa chance comme candidate lors des prochaines élections provinciales? «Ce n’est pas impossible. Je n’ai pas pris la décision encore. J’ai une jeune famille, mon mandat de deux ans de présidente me satisfait énormément. C’est exactement ce que je veux faire et je suis super contente de faire ça», conclut celle qui revient toujours à Trois-Rivières pour y voir sa mère et ses beaux-parents.