Le conseiller démissionnaire de Nicolet, Luc Labrecque.

«Je n’ai pas su trouver ma place»

NICOLET — En plein cœur de la période estivale et huit mois seulement après son élection, le conseiller municipal à Nicolet, Luc Labrecque, a remis sa démission au siège numéro 3.

«Cette décision, longuement réfléchie, repose principalement sur le fait que jusqu’à présent, je n’ai pas vraiment su trouver ma place au sein du conseil municipal. Durant mon court mandat comme conseiller, on n’a jamais sollicité mes connaissances du monde municipal ni même su les mettre à contribution pour le développement de la municipalité. Pourtant, j’ai été durant toute ma carrière à la Ville de Nicolet l’instigateur de plusieurs projets innovateurs», explique-t-il.

C’est que ce dernier avait préalablement occupé le poste de directeur des services à la communauté de la Ville de Nicolet durant plus de 28 ans.

Un parcours professionnel qui, de son propre aveu, n’aura pas facilité son intégration au sein de l’administration Dubois.

«Nous savons tous qu’une intégration harmonieuse s’effectue à partir du lien de confiance que l’on doit créer entre les différents membres d’un groupe. Au conseil municipal, ce lien a été difficile à créer, autant pour moi que pour l’ensemble des élus ainsi que de la direction générale. Tout au long de ma carrière, le travail d’équipe a toujours été pour moi une marque de commerce», fait-il valoir dans sa lettre de démission remise aux élus.

Celui-ci dit quitter ses fonctions avec «beaucoup de regrets». «Dorénavant, ma participation au monde municipal se traduira par une implication citoyenne qui souhaite s’associer bénévolement aux différents projets qui seront mis de l’avant par municipalité», a-t-il annoncé.

Du même souffle, M. Labrecque tient à s’excuser auprès des citoyens qui lui avaient accordé leur confiance lors du scrutin de novembre 2017.

Il avait battu un vétéran d’une vingtaine d’années sur la scène municipale, Jean Rousseau.

Appelée à réagir, la mairesse Geneviève Dubois a d’abord rappelé que «ça prend du temps pour se familiariser avec un rôle d’élu». «Luc a été avec nous pendant huit mois, ce qui est très court pour se familiariser avec son rôle et les dossiers», soutient-elle.

De plus, celle-ci parle d’une situation qui était particulière «tant pour lui que pour nous» puisque le nouveau conseiller fut un ancien directeur à la Ville.

«Il fallait aussi s’adapter à ça. Force est d’admettre que ça a été difficile pour Luc. Il ne sentait pas nécessairement qu’il avait la confiance du conseil. On s’est assis souvent ensemble Luc et moi, on s’est réuni à plusieurs reprises pour en parler. Ce n’était pas une surprise parce qu’on en a souvent discuté. On a regardé comment on pourrait travailler ça», décrit Mme Dubois.

Quant aux doléances de M. Labrecque à l’effet que ses compétences n’ont pas été mises au profit de la Ville, la mairesse précise que le principal intéressé aurait souhaité hériter des dossiers des Services à la communauté.

«La première affaire que je lui ai dite quand il a été élu, c’est qu’à court terme, je ne lui donnerais certainement pas ces dossiers-là. Parce que souvent, le départ de quelqu’un qui a été là pendant des années permet l’introduction de nouvelles façons de faire ou de nouvelles orientations qu’on avait mises en place avec la nouvelle direction. De retourner Luc là, c’était comme d’envoyer un drôle de message. Il y a une nouvelle direction et là, tu travailles tes dossiers avec l’ancien directeur. Ça n’avait pas de bon sens», affirme la mairesse de Nicolet.

À son avis, cela n’aurait pas été dans l’intérêt de M. Labrecque de «retourner là, voir ce qui se passait et comment ça se travaillait». «C’est sûr que je lui avais confié quand même des dossiers importants, le développement économique et la MRC. Il n’était pas très bien dans ces rôles-là et je comprends ça», poursuit-elle.

À la séance du mois d’août, le conseil municipal va prendre acte de sa démission. Et pour Geneviève Dubois, l’élection partielle devrait avoir lieu vers la fin du mois de novembre.

«On ne voulait pas arriver en même temps que les élections provinciales. Déjà, ce n’est pas facile de faire sortir les gens pour une partielle quand il y a un poste. Il y a déjà de l’intérêt. Les gens pensent qu’on fait juste des rencontres le lundi. C’est demandant. Il faut que la personne mette 15 heures par semaine. Il faut que tu sois allumé sur plein d’affaires et que tu aies une vision globale. C’est quand même beaucoup de travail», prévient-elle en conclusion.