La collecte des feuilles mortes accuse un retard dans certains secteurs de la ville, en raison de la résiliation par le conseil municipal du contrat d’un entrepreneur.

«Jamais je n’aurais privé les citoyens du service»

Trois-Rivières — L’entreprise G.S.D.M. de Trois-Rivières, qui était jusqu’à tout récemment en charge de la collecte des déchets dans certaines zones de la ville, n’apprécie pas la façon dont la Ville de Trois-Rivières communique aux citoyens les motifs ayant mené à un changement d’entrepreneur dans ces zones. Désirant rétablir les faits, son propriétaire David Morin martèle plutôt que c’est la Ville qui a résilié son contrat, alors qu’il était toujours en attente de rencontres pour discuter d’aménagements possibles afin d’améliorer certaines clauses qu’il soutenait ne plus pouvoir maintenir.

On se souviendra qu’il y a quelques jours, les citoyens situés dans les zones 3, 4 et 11 ont vécu un changement de journée de collecte des ordures ménagères. La Ville indiquait alors que la cause était un changement imprévu d’entrepreneur. Ce changement a également eu un impact sur la collecte de feuilles mortes, qui devait se dérouler au cours de la semaine dernière.

Documents à l’appui, David Morin précise avoir avisé la Ville de Trois-Rivières le 12 avril dernier de son intention de mettre fin au contrat qui devait se terminer dans un an, étant donné que certaines demandes de sa part, notamment au sujet de l’aménagement des zones ou des horaires de collectes, n’avaient pas été acceptées. Or, M. Morin dit alors avoir eu des discussions de vive voix, permettant de croire qu’il y avait de l’ouverture pour des aménagements possibles.

Le 7 mai, il a reçu une mise en demeure de la Ville, lui reprochant de laisser planer le risque d’interruption de service si la Ville ne consentait pas à ses demandes. La journée même, il a alors répondu par courriel qu’il n’avait pas l’intention de résilier unilatéralement le contrat, et était dans l’attente de réponses sur ses demandes tel que discuté au préalable. Il termine en disant qu’il n’a pas l’intention de cesser les collectes.

Toutefois, le 13 mai, en séance extraordinaire, le conseil municipal a résilié le contrat de l’entrepreneur, octroyant du coup le contrat à Récupération Tersol, qui assume la collecte depuis. Dans le procès-verbal de cette séance extraordinaire, on peut lire que le conseil considère que les exigences de M. Morin étaient abusives et qu’il mettait ainsi la population trifluvienne en position captive.

«Qu’on me comprenne bien, je ne suis pas fâché qu’on ait résilié mon contrat, c’était dans mon intention de ne plus travailler avec la Ville de Trois-Rivières, parce qu’il n’y a jamais de place à la discussion ou à la collaboration au niveau de la gestion des déchets. Mais je n’accepte pas qu’on laisse entendre que j’ai voulu prendre la population en otage, alors que j’ai répété à maintes et maintes reprises que je n’abandonnerais pas le contrat tant qu’ils n’auraient pas trouvé une solution de rechange. Jamais je n’aurais privé les citoyens du service. C’est la Ville qui a choisi de résilier le contrat de la sorte», soutient l’entrepreneur.

Ce dernier est d’autant plus estomaqué de constater que le changement désormais apporté à la collecte dans ces zones correspondait en partie à certaines demandes qu’il présentait à la Ville pour faciliter le travail de ses équipes, mais que sous sa gouverne, ces accommodements n’ont jamais été possibles, soutient-il.

David Morin précise en outre n’avoir rien à voir avec l’amende imposée récemment à un entrepreneur pour l’enfouissement de feuilles mortes, ce qui a valu à son compétiteur une amende de 600 $. Il ajoute qu’en raison de la résiliation de son contrat par la Ville, il ne peut être tenu responsable de la non-collecte de feuilles mortes sur le territoire la semaine dernière, étant donné que le contrat appartenait à Tersol depuis le 13 mai.

Bris de confiance

À la Ville de Trois-Rivières, on indique avoir eu plusieurs communications et rencontres avec l’entrepreneur entre le mois d’avril et la résiliation du contrat, mais que la Ville s’est retrouvée devant un bris de confiance évident avec l’entrepreneur. «L’entrepreneur demandait plusieurs conditions. Il y a eu plusieurs rencontres, des échanges de courriels, nous avons investi beaucoup d’efforts. Mais au bout du compte, nous n’avions jamais la garantie, la certitude qu’il allait honorer son contrat. Il y a eu bris de confiance et pour nous, on a craint une interruption du service de collecte, qui est un service essentiel. La collecte des déchets, ça ne peut pas se remanier d’un jour à l’autre, alors c’est pourquoi nous avons choisi de procéder de la sorte», indique la porte-parole de la Ville Cynthia Simard, qui précise n’avoir volontairement jamais identifié l’entrepreneur en question dans les communications à la population.