Le projet «J’ai mon appart» a été créé l’an dernier à la suite de l’initiative de Josée St-Pierre, Jean-François Morand, Michèle Lafontaine et Yves Lapointe.

«J’ai mon appart»: une approbation attendue

Shawinigan — Malgré des résolutions adoptées par le conseil municipal de Shawinigan et la Commission scolaire de l’Énergie l’automne dernier, le ministère de l’Éducation tarde à autoriser la vente de l’ancienne école Saint-Jean-Bosco, une étape cruciale pour favoriser la réalisation du projet «J’ai mon appart» sur ce site.

En séance publique le 13 novembre, le conseil des commissaires avait adopté une résolution pour autoriser cette transaction de 127 000 $ à la Ville. Cette dernière doit ensuite céder une partie de la cour arrière à l’organisme sans but lucratif «J’ai mon appart», qui procédera à la construction d’un immeuble de 12 logements supervisés pour des adultes vivant avec une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme (DI-TSA).

Or, quatre mois plus tard, le ministère de l’Éducation n’a toujours pas mis le sceau sur cette vente.

«Tout est attaché», assure Michèle Lafontaine, porte-parole du projet. «La Ville est prête à acheter, la Commission scolaire est prête à vendre, mais c’est rendu au niveau administratif au ministère. Notre députée (Marie-Louise Tardif) travaille le dossier pour obtenir la permission. C’est la seule chose qui accroche présentement, mais tout le monde est là-dessus pour dénouer ce petit noeud.»

Mme Lafontaine croit toujours qu’il ne s’agit que d’une formalité, mais en attendant, impossible d’entreprendre l’étude de sol.

«Nous avons droit à un montant de la Société d’habitation du Québec pour cela et elle est prête à nous l’accorder», relate-t-elle. «Mais la SHQ doit avoir cette autorisation de vente du ministère de l’Éducation. C’est un contretemps, mais qui reste minime par rapport à tout ce qui se passe autour.»

Car parallèlement, le comité de travail poursuit ses démarches pour favoriser l’émergence de ce projet. Une firme d’architectes, Jacques & Gervais, travaille sur l’esquisse de cet immeuble.

«Nous avons des rencontres de travail avec la direction de déficience intellectuelle et du trouble du spectre de l’autisme du CIUSSS pour voir comment on pourra développer les services une fois l’immeuble construit», explique Mme Lafontaine.

«J’ai mon appart» a également établi un partenariat avec La Canopée, une fondation du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec pour la déficience intellectuelle et le trouble du spectre de l’autisme, afin de faciliter la collecte de dons. Mme Lafontaine souligne aussi la collaboration du département de psychoéducation de l’Université du Québec à Trois-Rivières, dont le professeur Martin Caouette.

«Nous aurons toute l’expertise sur les meilleures pratiques pour l’hébergement des personnes DI-TSA», se réjouit-elle. «Il documente toute la démarche pour aider à développer d’autres projets ailleurs au Québec.»

Financement

Selon les dernières estimations, le projet «J’ai mon appart» est évalué à 2,754 millions $. Les activités et les divers partenariats, dont celui avec la Ville de Shawinigan, doivent permettre d’amasser 1,107 million $. Jusqu’ici, Mme Lafontaine affirme que 38 % de ce montant est obtenu, donc un peu plus de 420 000 $.

Dans cet élan, «J’ai mon appart» profite de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle pour organiser un «5 à 7 Bières et saucisses» le 22 mars, à la Maison Francis-Brisson. Une centaine de personnes sont attendues à cette activité, qui se déroulera sous la présidence d’honneur de Guylaine St-Onge, mère d’un fils trisomique et de son conjoint, Pascal Croteau, des magasins Aubainerie de la Mauricie.

La chanteuse Cindy Bédard participera aussi à cet événement, qui mettra en vedette de futurs locataires de ces appartements supervisés. Depuis quelques semaines, ils répètent une chanson qui porte sur leur désir d’autonomie, grâce à la collaboration de l’École de musique les Maestros.

«Ça fait un mois qu’ils se pratiquent!», sourit la porte-parole. «Ils ont hâte, ils seront à l’honneur. À travers toutes nos démarches, on n’oublie pas que c’est pour eux qu’on fait ça.»

Si tout se déroule comme prévu, la construction de ces appartements supervisés devrait débuter l’an prochain.